Vers une agriculture stockeuse de carbone
Les membres du Groupement d'intérêt économique et environnemental Bio Logic 58 ont tenu leur assemblée générale annuelle. L'année aura notamment été marquée par de nombreux essais menés avec la Chambre d'agriculture. Le GIEE réfléchit aussi à la nécessité de s'impliquer sur les questions de stockage de carbone.
Le Groupement d'intérêt économique et environnemental (GIEE) nivernais Bio Logic 58, créé en 2023, s'est réuni récemment à l'occasion de son assemblée générale, à la Sicagemac de Corbigny. Cet événement fournissait l’occasion, pour les conseillers de la Chambre d’agriculture de la Nièvre François Bonal, Noémie Sansoit et Benoît Giroud, de présenter les résultats des essais menés cette année puis d’aborder la démarche carbone et les diagnostics associés. Les essais menés par les agriculteurs du GIEE et la Chambre d’agriculture ont montré de nombreux intérêts : Précocifier les semis et associer les colzas avec des plantes compagnes. Emblaver des variétés de blés sélectionnées spécifiquement pour l’agriculture biologique afin de produire durablement des blés panifiables, des blés types conventionnels pour produire des blés fourragers et enfin des variétés anciennes de pays pour une plus-value agronomique dans certains contextes. Pour désherber les céréales, la combinaison de la bineuse en premier passage suivi d’un passage de herse étrille semble être l’itinéraire le plus efficace pour lutter contre les graminées adventices. Concernant les dérobées fourragères : moha, millet, sorgho peuvent former une alternative au maïs en terrain séchant. La discussion s’est poursuivie autour des associations de cultures et les possibilités de couvert semi-permanent de légumineuses fourragères.
Le stockage carbone, un nouveau sujet
Les échanges auront aussi porté sur les questions liées au stockage du carbone. Le diagnostic carbone Cap2ER permet aux agriculteurs de s’évaluer par rapport à leur statut de stockeur et/ou d’émetteur de CO2. Ce diagnostic est basé sur un audit qui agrège un certain nombre de critères comme le travail du sol, le nombre d’UGB, la quantité de viande produite, l’assolement… En pratique il est difficile d’obtenir des financements de type crédit carbone, néanmoins Jean-Michel Morlé, le président du GIEE insiste : « Par la suite, le diagnostic carbone sera certainement une nécessité pour obtenir des aides, des financements ou encore l’accès à des marchés, nous devons profiter du GIEE pour progresser sur ce sujet. » Une série de tours de plaine est envisagée pour poursuivre l’élan de l’assemblée générale.