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Équins

Une terre de championnes

La jument Trait Auxois lauréate à Paris vient encore une fois d'Huilly, le hameau d'Allerey près d'Arnay-le-Duc.

Par AG
Une terre de championnes
Florian et Léane Bizouard, de retour du Salon avec Korida.

La victoire de Korida d'Huilly à Paris méritait bien un petit détour chez ses propriétaires. C'est chose faite depuis la semaine dernière. Pour la cinquième année d'affilée, la grande championne Trait Auxois du concours général agricole est née à Huilly ! Avant Korida, c'est Kalia (vendue au Girondin Éric Seuve) qui s'était imposée en 2025. En 2024, la mise avait été remportée par Kiffa de la Fontaine, appartenant à Éric Domin. Un an plus tôt, c'est Dolly (Édouard Beurton) qui brillait à Paris. En 2022, Ficka d'Huilly (Florian et Léane Bizouard) était montée sur la plus haute marche du podium. En 2021, personne n'avait gagné, le salon ayant été annulé pour cause de Covid.

Elle a tout gagné

Korida d'Huilly, championne du Sia 2026, s'était préalablement imposée au concours de Liernais et avait terminé à la première place du National de Semur en septembre. Cette jument aujourd'hui âgée de six ans a donc tout gagné ces derniers mois, elle qui n'avait pas encore la moindre victoire à son compteur : « elle avait été bien placée dans les concours de pouliches d'un an, deux ans et trois ans sans toutefois gagner. À quatre ans, elle n'avait pas concouru car elle avait avorté. Ce n'est pas une précoce mais elle a su attendre son heure, à l'image de sa mère, Radieuse, elle aussi lauréate à Paris, qui n'avait rien gagné ou presque avant ses 7 ou 8 ans », retrace Florian Bizouard. Korida d'Huilly faisait logiquement partie des favorites après son sacre à Semur, mais rien n'était toutefois gagné d'avance. Les raisons ? La qualité des autres chevaux en lice mais aussi les éventuels « pépins » pouvant survenir lors de la préparation. « Et cela n'a pas raté cette année, avec un gros coup de stress courant janvier », informe Florian Bizouard, « en effet, la jument a été malade et n'a rien mangé pendant une semaine entière. Elle avait eu 41 de fièvre pendant trois jours. Je soupçonne fortement le nouveau vaccin que l'on nous a imposé cette année pour Paris, contre la rhinopneumonie équine. Un autre éleveur à qui j'ai parlé au salon avait les mêmes doutes que moi, l'un de ses chevaux avait rencontré la même mésaventure. Heureusement, tout était reparti dans l'ordre après une intervention vétérinaire ».

 

Particulier, ce salon

Particulier, ce salon
Florian Bizouard évoque aussi une difficile conjoncture du cheval.

Nous avons parlé de l'ambiance générale du Sia avec Florian Bizouard. Celui-ci a largement perçu la baisse de fréquentation de 28 % annoncée par les organisateurs : « Il y avait beaucoup moins de monde dans les allées, c'est clair. Dans ce domaine, je pense que c'est l'édition la plus triste que nous avons connue. D'après les commerçants, les visiteurs ne consommaient pas. Cette édition, je pense, n'était pas forcément bien placée. En fin de mois, les gens ont moins d'argent. Pas mal de Parisiens étaient aussi partis en vacances. Et surtout : il n'y avait pas les vaches cette année, c'est moins attractif. Les paysans ne se sont pas déplacés comme d’habitude. D'ordinaire, 20, 30 ou 40 bus arrivent chaque jour au salon, la différence s'est vue ! ». Solidaires envers leurs homologues bovins, les éleveurs équins avaient néanmoins à cœur d'être présents : « nous n'avions pas de raisons sanitaires pour ne pas y aller. Et la difficile conjoncture du cheval nous imposait d'être là, de nous montrer et de communiquer ». Le Côte-d'orien nous en dit davantage sur ce dernier point : « les cours de la viande sont redescendus, nous sommes actuellement sur des poulains à tout juste 2 euros/kg. Ces cours étaient à 2,50 voire 3 euros/kg il y a encore un an et demi ou deux ans. Il y a moins de moins de demandes, tout simplement… L'effet Japon tend à s'estomper, ce n'est pas rassurant. Par rapport aux débouchés viandes, la coopérative que nous avons dans le Jura tend à privilégier les Comtois. Les autres marchés, en lien avec l'élevage et le loisir, se tiennent à peu près, mais cela ne fait pas tout ».