Le premier fruit de la saison
Petit tour à la Ferme du Prinçon, à Tart-le-Haut dans la plaine Dijonnaise, où des fraises sont cultivées depuis une dizaine d'années.
Nous avions une envie de fraises mardi dernier, nous sommes allés en déguster à la Ferme du Prinçon ! Geoffrey Pautet en a fait sa spécialité depuis 2014. De 300 m2 de serres à ses débuts, la surface de production a décuplé pour désormais approcher les 3 000 m2. L'agriculteur de 40 ans compte un peu plus de 20 000 pieds pour une production annuelle d'environ 12 tonnes. Ses fraises sont majoritairement vendues aux halles de Dijon les mardis, vendredis et samedis : « en termes de volumes, il y a ensuite Magapomme à Bretenière puis le petit magasin dans notre propre ferme, ouvert chaque samedi de 9 heures à midi. Nous avons également d'autres points de vente comme des épiceries à Beaune et Dijon. Nous faisons aussi partie du drive fermier de Côte-d'Or. Des marchés ? Oui quelques-uns, mais cela est assez rare ». Les prix varient de 10 à 13 euros le kilogramme.
Du monde
Pour s'occuper et prendre soin de tous ces fraisiers, Geoffrey Pautet est entouré de quatre saisonniers, d'un apprenti et d'un salarié : « pour ce dernier, son travail est presque intégralement dédié à la commercialisation. Sinon, oui, il y a beaucoup de travail et d'entretien sur chaque plante avec notamment de la taille, le suivi de l'irrigation et de la fertilisation sans oublier la cueillette. Idéalement, nous visons les 700 grammes de production sur chaque pied ». Installé hors-cadre familial en 2012 en grandes cultures et en maraîchage, le chef d'exploitation s'était vite aperçu qu'il n'y avait guère de producteurs de fraises dans le secteur : « c'était l'occasion de se lancer. Et même aujourd'hui, nous ne sommes pas très nombreux. En fraisiers suspendus comme ici, nous devons être trois dans le département avec Philippe Marande de Messigny-et-Vantoux et Olivier Père à Chevigny-Saint-Sauveur. Une culture suspendue, pour information, facilite énormément le travail et permet de viser une plus grande qualité, les fraises n'étant pas au sol ». Le producteur partage avec nous quelques facettes de son activité : « il y a tout d'abord la fraise de saison, qui ne donne qu'une seule fois. En ce moment, c'est d'ailleurs son pic de production, 200 kg de fraises peuvent être récoltés chaque matin. Il y aura ensuite les remontantes, que nous taillons trois ou quatre fois et qui donneront des fraises à quatre reprises, jusqu'à fin octobre ». Geoffrey Pautet cultive sept variétés différentes pour échelonner le plus possible les récoltes et donc, les ventes.
C'est vrai, c'est faux
Les botanistes auront remarqué une erreur dans cet article, dès le titre : pour être précis, la fraise n'est pas un fruit. Il s'agit d'un faux-fruit. Par définition, un fruit est l'organe végétal qui résulte de la transformation de la fleur et qui contient des graines. La fraise, elle, naît du gonflement du réceptacle floral après fécondation. Les « vrais » fruits du fraisier sont en réalité les akènes, ces minuscules graines disséminées sur toute la robe rouge de la fraise.