Paille : pas de quoi s’affoler
Alors que les mauvais rendements et la flambée des prix en andains alimentent les inquiétudes des éleveurs, Denis Masson appelle à relativiser la situation. Des volumes existent encore dans plusieurs régions et la baisse probable des exportations pourrait contribuer à détendre le marché.
Nous l'avons croisé lors d'une réunion agricole à Bretenière. Son point de vue sur le contexte paille nous est apparu pertinent, alors le voici, dans ce court article. Denis Masson, en EARL avec son frère Jean-Pierre à Normier, reconnaît que la situation est tendue en ce qui concerne les fourrages et particulièrement la paille. « Dans certains secteurs, les récoltes ont effectivement été très mauvaises et les éleveurs concernés doivent en trouver. Mais dans d'autres secteurs, il y a quand même eu un certain nombre de volumes récoltés, il y a donc des disponibilités », observe notre interlocuteur. Même au sein d'une même exploitation, les rendements vont parfois du simple au triple, « avec moins de 2 t/ha, jusqu'à plus de 4,5 t/ha… Le potentiel des terres a joué un rôle encore plus important cette année ». Denis Masson fait remarquer « qu'une certaine panique a fait monter les prix en andains assez rapidement ». « Il y a eu sans doute la peur de manquer ou de ne rien avoir… Le marché a été quelque peu perturbé ». Or, de la paille, « il s'en est tout de même récolté ». Le Côte-d'orien cite notamment les départements de l'Aube, de la Marne et de la majorité du nord de la France. Les disponibilités « existent », répète l'homme de 64 ans, d'autant que les exportations devraient être moindres que lors des précédentes campagnes. « Si les prix élevés persistent, les Pays-Bas, qui ont l'habitude de venir s'approvisionner chez nous, devraient certainement moins le faire cette année. Je pense qu'ils vont davantage se tourner vers l'Allemagne. Je ne sais pas comment vont évoluer les prix ces prochains mois mais si les départements préalablement cités se retrouvent avec des montagnes de paille, forcément, il y aura un impact sur les prix. Ce n'est que mon point de vue, je ne suis pas devin. Mieux vaut être patient, je pense, et ne pas s'affoler. La plus grosse problématique restera, à mon avis, le coût des transports ».