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Semis de colza

Après 50 mm de pluie, le colza démarre bien

C'était la grosse problématique du mois d'août : nous vous proposons un nouveau témoignage sur les semis de colza. Direction le secteur de Sombernon où plusieurs agriculteurs ont eu la chance d'avoir 50 millimètres de pluie en deux fois.

Par AG
Après 50 mm de pluie, le colza démarre bien
Les trois associés du Gaec de Pargy : Lilian Fretel, Loïc Verpeaux et Vincent Fretel, le 10 septembre sur une parcelle à Saint-Anthot.

« Oublie que t'as aucune chance, vas-y fonce ! » cette célèbre citation des Bronzés n'a pas été d'actualité au Gaec de Pargy, à Saint-Anthot. « C'était archi-sec et nous ne voulions pas prendre de risques. Nous avons attendu qu'il pleuve pour pouvoir semer », indique Vincent Fretel, l'un des trois associés sur l'exploitation avec son frère Lilian et Loïc Verpeaux. Autour du 20 août, il est enfin tombé des millimètres sur leur commune, 30 en l'occurrence, et le monograine a été aussitôt sorti. « Par chance, et il en faut toujours un peu en agriculture, nous avons eu à nouveau 20 millimètres dans la foulée. Soit un total de 50, presque inespéré, qui a permis à la culture de lever assez rapidement. Et plutôt bien, de façon homogène », ajoute le Côte-d'orien. Un petit tour sur l'une des parcelles des trois compères a permis d'apprécier la bonne tenue du colza, présent sur une centaine d'hectares de la ferme. « Pour l'instant, nous ne voyons pas d'insectes, pourvu que ça dure… », observe Loïc Verpeaux, « à cause de cette problématique altises, nous avions divisé par quatre nos surfaces de colza il y a 5 ans, avant de remonter progressivement à notre niveau initial ». L'exploitant nous informe que depuis plusieurs jours, des attaques de punaises sont à déplorer sur de jeunes colzas dans d'autres secteurs, notamment en Haute-Marne.

Objectif 20 quintaux

Si le cycle cultural « part plutôt bien », les terres superficielles autour de Sombernon n'offrent jamais d'« énormes » perspectives en colza, la moyenne historique du Gaec de Pargy ne dépassant que très peu la barre des 20 q/ha. « Cette année, il a même été difficile d'atteindre ce niveau », indique pour sa part Lilian Fretel, « en effet, du gel a fait quelques dégâts et une parcelle a même décroché à 9 q/ha à cause d'un problème spécifique au ray-grass que nous n'arrivons pas à résoudre ». Pour améliorer la rentabilité de la culture dans de telles conditions, les agriculteurs minimisent les interventions et les charges : « nous mettons le moins d'azote possible. Nous avons fait cartographier nos parcelles : nous ne dépassons jamais les 100 unités là où il y a le plus de cailloux. Les fongicides ? Nous n'en faisons pas ». Le colza est également la seule production végétale du Gaec qui n'est pas vendue au prix moyen : « à ce titre, nous guettions les prix depuis un petit moment. Nous avons vendu hier le gros de la récolte qui nous restait, à 550 euros/t. La dernière fois que les cours avaient atteint ce tarif, nous n'avions pas pris de décision et ils avaient baissé dès le lendemain… Depuis pas mal de temps, les cours variaient entre 500 et 530 euros. Nous avons sauté sur l’occasion cette fois. Bon, maintenant, il ne faut plus regarder l'évolution, l'ordinateur restera éteint pour ne pas regretter d'avoir vendu, au cas où les cours venaient à remonter ! ».

Les céréales arrivent

Le Gaec de Pargy a désormais ses céréales en ligne de mire. « Nous ne sommes toutefois pas pressés de semer, nous reculons toujours un peu plus les dates pour faire des faux semis et limiter cette même problématique liée au ray-grass », souligne Loïc Verpeaux. Les premières sorties avec le semoir ne devraient pas intervenir avant la fin octobre. Près de 300 ha de blé et d'orge d'hiver seront alors semés, sans le moindre changement par rapport à l'an passé : « les deux tiers seront consacrés au blé, nous repartons avec une majorité d'Absalon, variété qui a tendance à faire du poids et de la protéine. Nous avons aussi un peu de Sphère et de Luxea, un blé barbu. En orge, c'est également le statu quo aussi avec Comtesse et Carrousel ». La seule nouveauté de la campagne qui débute est à mettre à l'actif de la luzerne bio, qui fera son apparition sur une cinquantaine d'hectares : « nous en faisons déjà sur 20 ha, mais en conventionnel. Nous allons la mettre dans des parcelles où le ray-grass résiste et où il n'y a plus de solutions en termes de produits phytosanitaires. Cela est censé nettoyer les champs concernés. La luzerne, comme jusqu'à présent, nous la donnerons à nos vaches. S'il y en a trop avec cette augmentation de surfaces, il y aura toujours des voisins qui seront preneurs ».