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Maraîchage

Désherbage mécanique : une solution pour gagner du temps ?

La structure Bio Bourgogne Franche Comté a organisé une matinée dédiée au désherbage mécanique en maraîchage bio à Charny-Orée-de-Puisaye.

Par Charlotte Sauvignac
Maraîchage
Jean Lalès, maraîcher bio aux Frémeaux, accueillait, le 7 septembre dernier, une matinée sur le désherbage mécanique en maraîchage.

C'est dans le hameau des Frémeaux à Charny Orée de Puisaye que nous avons retrouvé le 7 septembre dernier, Hubert Huyghe, conseiller en grandes cultures et Célia Dousson, responsable maraîchage à Bio BFC pour une visite technique sur la démonstration de herse étrille maraîchère et réglages de l'outil pour améliorer la gestion du désherbage. Jean Lalès, maraîcher aux Frémeaux a eu la chance d'irriguer cette année, grâce « à une retenue collinaire de 18 000 m3. J'ai fait le choix de favoriser l'irrigation des tomates, des fraises, du chou et des aubergines, par rapport au prix de vente au détriment du céleri et de la salade ». Maraîcher en vente directe de quatre hectares dont 3,5 hectares plein champ, Jean Lalès affirmait, ce jour-là, que « mon chiffre d'affaires avait augmenté de 10 % », une annonce « surprenante pour les conseillers de Bio BFC ». « Je sais par avance, que l'augmentation actuelle va fortement diminuer à l'automne avec un manque de marchandises, une hausse des coûts liées à l'eau et à l'électricité. Par exemple, je sais que la quantité de haricots verts va être limitée », commentait Jean Lalès. À ce jour, le maraîcher travaille en vente directe avec des restaurants, avec les Amap de Joigny et d'Auxerre et à la ferme. « Les habitudes de consommation ont changé, nous le remarquons. Les Amap proposent des paniers complets de légumes sans que le client ait le choix et cela peut poser un problème. À cela s'ajoute l'arrivée d'internet qui crée une forte concurrence », exprimait-il. À ses côtés, Gregory, maraîcher de la structure « aux légumes Puifondins de Christelle & Greg », possède 7 000 m2 de maraîchage diversifiée depuis 2020 avec Christelle et ils se sont tournés vers la restauration collective en travaillant avec des cantines scolaires, comme celle de Saint-Valérien et celle d'Egriselles-le-Bocage. Jean-Baptiste Hubert, présent également lors de la visite, est maraîcher des Jardins de la Linotte à Villefargeau. Il possède 85 hectares de grandes cultures et 1 500 m2 de maraîchage sous serre, où il travaille en vente directe avec les Amap.

Tester de nouvelles cultures d'avenir

Pour débuter la matinée, la société Felcrop est venue avec une herse étrille dédiée au maraîchage pour faire une démonstration d'usage. « La machine hydraulique est globalement simple à l'utilisation, et aujourd'hui, nous allons l'utiliser sur plantation de radis noir et de chou. La herse étrille est censée être complémentaire à la bineuse pour le désherbage », annonçait Hubert Huygue. De son côté Jean Lalès faisait appel à l'un de ses salariés pour conduire la machine. « Il faut que la culture ait tout de même de l'avance sur les adventices présentes sur les champs. Aujourd'hui, on passe beaucoup de temps à la main et on souhaiterait rendre une partie du travail mécanique pour gagner du temps sur nos journées de travail », avouait le maraîcher des Frémeaux. En passant dans une partie de ses champs, Jean Lalès manifestait la difficulté de cultiver des carottes cet été. « J'ai tenté les semi de carottes, mais elles ont cramé directement, même avec l'irrigation, ça n'a pas marché », décriait-il. En parlant d'irrigation, les participants ont fait un tour à côté de sa retenue collinaire, qui, le 7 septembre dernier, avait un débit d'eau minime. « J’ai créé cette retenue, en 2006-2007. À ce stade, avec les aléas climatiques connus cet été, nous avons pour projet d'augmenter la retenue collinaire pour stocker davantage d'eau. Nous savons que dans les années à venir, étant donné les prévisions météorologiques, les cultures maraîchères auront besoin de plus d'eau », annonçait-il. Il observait également « une absence de pollinisateurs, lors de fortes chaleurs. Le pollen était tout sec, notamment pour les tomates rondes, c'était impressionnant ». Pour autant, il était satisfait de la production de melons et de pastèques. « Grâce à l'irrigation, c'est une super année pour ces deux cultures maraîchères, on est très satisfaits. La patate douce par contre, on attend de savoir si on va arriver à avoir le taux de sucre nécessaire pour qu'elles aient un bon goût », concluait-il, satisfait du passage de la herse étrille sur ses cultures.

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