Sous l'autoroute, du biogaz !
Raccorder au réseau de distribution les unités de production de biogaz réclame parfois la mise en place de chantiers hors normes. Ce fut le cas pour GRDF en Côte-d'Or, qui a fait passer une canalisation sous une autoroute, et sans interrompre la circulation…
Les chantiers atypiques, GRDF commence à bien connaître en Côte-d'Or. En juin dernier (Voir Terres de Bourgogne n° 1890) nous avions consacré un reportage à la pose de 3 km de réseau reliant une unité de méthanisation à Hauteville, près de Dijon, au réseau de distribution, en ayant recours à une technologie innovante et plus respectueuse de l'environnement. Le 8 septembre, c'est à un autre défi que s'est confronté le spécialiste des réseaux de gaz : faire passer une canalisation de biogaz sous l'autoroute A31, sans ouvrir la chaussée ni perturber la circulation, et qui va permettre de raccorder une unité de production de biométhane. Cette prouesse technique s'inscrivait dans le cadre d'un chantier de plus de 25 kilomètres de réseau entre Noiron-sur-Bèze et Varois-et-Chaignot. Les équipes ont eu recours à une technique dite du forage dirigé, opérée sur la commune d'Orgeux. Le forage dirigé est une méthode qui débute par la réalisation d’un tir pilote : une foreuse équipée d’une sonde guide le forage selon la trajectoire définie. Sur une distance de 120 mètres, le forage a atteint une profondeur maximale de 3,50 mètres sous l’autoroute. Après le tir pilote, le passage est ensuite progressivement élargi avant que la canalisation ne soit tirée sous l'autoroute. L'opération a été réalisée par la société Sobecamat.
Un chantier qui limite les transports
Pour raccorder l'unité de production de biométhane, une première portion de 6 640 mètres, a été réalisée entre Noiron-sur-Bèze et Mirebeau-sur-Bèze. Le chantier se poursuit à présent entre Mirebeau-sur-Bèze et Varois-et-Chaignot avec 18 716 mètres de réseau supplémentaires. Dans sa totalité, ce chantier, qui a recours à la même technologie que celle décrite en juin sur le raccordement d'Hauteville, limite aussi les besoins en matériaux et en transport. Cette technologie utilise une canalisation en polyéthylène pré enrubanné. Protégée par une gaine géotextile hautement résistante, elle peut être enfouie directement dans le sol, sans apport de sable dans la tranchée. Cela favorise la réutilisation des déblais directement sur place, tout en réduisant les besoins en matériaux et les transports liés à leur approvisionnement et à leur évacuation. La canalisation intègre également un fil traceur qui facilite le géoréférencement du réseau. Les travaux, d'un montant total d'un peu plus de 3,4 millions d'euros doivent durer jusqu'à la fin février 2027.