Ça va sans doute bouger
L'actuelle sécheresse est l'occasion, pour le monde agricole, de revenir à la charge concernant ses demandes de réhabilitation des anciens captages communaux. Une réunion organisée vendredi dernier va probablement porter ses fruits dans le secteur de Liernais.
Dans les communes autour de Liernais, tout le monde est relié à l'eau de Chamboux. Certains captages communaux ne sont plus utilisés, ce que regrettent les éleveurs. Il y a quelques années, le monde agricole avait déjà exprimé son souhait de pouvoir utiliser cette eau pour l'abreuvement du bétail en cas de sécheresse. Pour de multiples raisons, la démarche n'avait pas été 100 % concluante, loin de là. « Nous rééditons notre demande aujourd'hui face aux nombreuses difficultés rencontrées cet été », présentent Sylvain Fleury et Florent Guyomard, à l'initiative d'une réunion organisée le 7 août à Sussey. Les maires de plusieurs communes, les représentants de la Chambre d'agriculture, du syndicat mixte du barrage de Chamboux, du Conseil départemental et de l'administration étaient présents, tout comme une vingtaine d'agriculteurs. Chacun a pu exprimer ses attentes, ses contraintes et ses points de vue. À l'évidence, il y a « une volonté commune d'avancer ensemble ».
On y va
Alors que les discussions commençaient à se disperser (faisabilités, coûts financiers, autres problématiques comme l’affouragement…), Jacques de Loisy, président de la Chambre d'agriculture, a pris les choses en main : « Les éleveurs doivent pouvoir utiliser les captages dès maintenant, la situation est urgente et l'impose. On ne peut pas laisser les bêtes sans eau. Des arrêtés préfectoraux avaient déjà été obtenus il y a quelques années pour ces anciens captages. L'État s'opposerait-il à ce qu'il y ait des prélèvements sans plus attendre, pour au moins finir cette campagne ? Quelqu'un viendrait-il verbaliser les éleveurs ? Oui ou non ? Nous ne pouvons pas attendre le 1er novembre pour avoir une réponse, c'est maintenant ! ». Les représentants de la DDT ont demandé que ces captages fassent l'objet d'une courte demande écrite avec une estimation des futurs prélèvements. Ce document devait, en toute logique, arriver dans la foulée, en ce début de semaine, dans les services administratifs, pour une application immédiate des prélèvements. Pierre Poillot, président du syndicat mixte du barrage de Chamboux a indiqué, pour sa part, que les quantités d'eau en question étaient infimes.
Réactions
Florent Guyomard réagissait à ce rendez-vous. « Il y avait beaucoup de monde à cette réunion, le sujet de l'eau est important et même prioritaire dans nos campagnes ! Les échanges que nous avons eus ont été constructifs. Les maires veulent avancer et proposer des choses pour l'abreuvement des animaux, c'est une très bonne chose, cela va bien sûr dans notre sens. Maintenant, l'essai doit être définitivement transformé avec l’administration, qu'elle lâche enfin du lest… Contrairement à l'autre fois ! ». Sylvain Fleury résumait la situation : « il y a deux objectifs derrière cette réunion : des mesures de court terme et des réalisations de plus long terme. L'urgence, c'est donc de prélever sans plus attendre, c'est donc en bonne voie. Ensuite, nous voulons une véritable remise en état des captages et des équipements pour pouvoir pomper plus facilement, cela mettra forcément plus de temps. Des contraintes financières et des questions environnementales ont été relevées ce jour : il faut y faire face, y répondre et aller chercher des financements. Il serait bien qu'il y ait au moins une réalisation dans chacune des huit communes qui étaient représentées aujourd'hui ». L'éleveur de Saint-Martin-de-la-Mer poursuit : « deux solutions nous ont été proposées. Dans la première, le syndicat de Chamboux garde les compétences de l'eau et il y aura des contributions financières des deux côtés. Dans la seconde hypothèse, les éleveurs se réunissent en une société coopérative et participative avec des cotisations annuelles pour financer les projets. C'est à réfléchir tous ensemble, sachant que nous avons le soutien du Département ».