Une baisse des prix à surveiller
La viande bovine n'était plus habituée à ça depuis un petit moment : un récent fléchissement des cours est observé.
Plusieurs dizaines de centimes perdus rapidement sur chaque kilogramme de viande : que se passe-t-il dans la filière bovine, qui nous avait habitués à beaucoup mieux depuis plusieurs mois et même plusieurs années ? Pour nous éclairer sur la question, plusieurs interlocuteurs s'offraient à nous en Côte-d'Or. C'est finalement vers Josselin Laligant, éleveur à Gissey-sous-Flavigny, que nous nous dirigeons. Pour l'anecdote, celui-ci n'avait connu que des hausses depuis son élection à la présidence de Feder Élevage il y a presque deux ans. « Les raisons de cette baisse, qui touche principalement les vaches et même le maigre, sont multifactorielles », annonce Josselin Laligant avant de poursuivre : « les indices de consommation ne semblent pourtant pas si mauvais, mais un fléchissement de la demande en viande rouge se ferait tout de même ressentir dans certains secteurs comme celui de la restauration rapide. Autre point : il y a bien sûr les effets de la guerre au Moyen-Orient avec des hausses de charges pour tout le monde. Des opérateurs avaient rempli leurs stocks à des prix élevés et ont tendance à vouloir passer des baisses en prévision d'un futur manque à gagner. Et peut-être le point le plus important : des importations sèment un peu la zizanie. Je sais par exemple que l'Angleterre achète moins de viande à l'Irlande et s'approvisionne un peu plus hors UE. L'Irlande, dans le même temps, exporte davantage en France… Les accords de libre-échange ont peut-être déjà un impact indirect en France. Il y a aussi un évènement peu favorable qui vient d'arriver dans la restauration rapide : un grand groupe vient de casser son contrat avec le haché français pour aller s’approvisionner en Allemagne… Cela fait baisser le haché français qui représente tout de même entre 60 et 65 % des volumes de carcasses. Oui, c'est bien le haché qui portait les cours de la viande jusqu'à présent ». Josselin Laligant, d'un naturel optimiste, ne veut pas noircir le tableau : « il faut rester vigilant sur cette baisse de prix mais pour l'instant, il n'y a rien de catastrophique. Si nous pouvions connaître une période durable de stabilité des marchés, ce serait une très bonne chose pour notre filière. Et malgré la tendance actuelle, notre coopérative a tout de même réussi à signer de nouvelles contractualisations avec Bigard - Charal - Socopa sans la moindre baisse. Il faut y voir un signe très positif ».