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Syndicalisme

Élevage : les prairies impactées par les aléas climatiques

Le 29 juillet dernier, la FDSEA de l'Yonne est allée à la rencontre des éleveurs de l'Avallonnais, pour faire un point sur l'état des prairies et dresser un bilan des moissons.

Par Charlotte Sauvignac
Syndicalisme
Le 29 juillet, Damien Commaille a accueilli la réunion "moisson" dans l'Avallonnais, organisée par la FDSEA de l'Yonne.

Plus d'une cinquantaine d'éleveurs étaient présents, le mercredi 29 juillet, à Annéot, au sein de l'exploitation agricole de Damien Commaille, éleveur de bovins allaitants. Côté fourrages, les éleveurs font état d'une « demi-récolte par rapport à une année normale », même si certains avouent que cette récolte est moins « catastrophique qu'en 2024 ». Arnaud Guyard, éleveur de bovins et ovins allaitants, remontait l'idée « de rachat de quintaux ». « Ce serait comme les VCI en viticulture, l'idée serait de sécuriser et lisser les récoltes sur des années sans pour autant affecter les assurances. Cette situation de sécheresse et de canicule risque de se reproduire dans les années à venir », imaginait-il. Manon Da Costa, directrice de la FDSEA prenait note aux côtés de Charles Baracco, son président. D'après l'indice de pousse des prairies (IPP Airbus), « une belle avancée de la pousse » a été observée sur les mois de février, mars et avril, « sauf qu'elle ne correspond pas aux dates de sortie des animaux ». Par la suite, cette période a été stoppée par les épisodes caniculaires. « La FDSEA de l'Yonne demande donc une évaluation des pertes par des fermes de référence et pas seulement par le satellite pour que cela soit plus conforme à la réalité. La FRSEA a demandé des aides pour financer le transport fourrage/paille. En fonction du taux de perte, les éleveurs pourront toucher des aides via le dispositif Prairies ISN », informait la directrice. Pour les éleveurs assurés : « soyez vigilants parce que la fin des collectes de données s'opère jusqu'au mois d'octobre. Globalement, les assureurs vont payer, enfin les interlocuteurs uniques payeront sur le laps de temps novembre janvier. Donc sur cette période-là, il faudra que vous soyez bien vigilants dans vos mails ou même que directement vous appeliez ».

Une filière qui souhaite se faire entendre

Après cette discussion, Charles Baracco a essayé de prendre la température suite aux arrêtés publiés au cours de l'été, notamment celui concernant l'interdiction de moissonner l'après-midi. « On ne pouvait pas faire autrement, c'est une question de bon sens paysan. On n'avait besoin d'un tel arrêté pour stopper les chantiers », ont manifesté plusieurs éleveurs. « Pour poser le contexte, le préfet a consulté la profession suite à des difficultés rencontrées par le SDIS. Les pompiers ont été dans le jus très rapidement. Dès la première réunion, le SDIS souhaitait qu'on recommence à travailler vers 20 heures alors que le préfet a souhaité que l'arrêté soit levé à 18 heures », précisait le président de la FDSEA. À long terme, « l'objectif serait de créer un arrêté en accord avec les besoins de la profession agricole, du SDIS et de l'État qui ne bougerait pas et qui serait publié dès lors que nous nous retrouverions dans des années similaires ».

Plus récemment, nombre d'entre eux revenaient de la manifestation lancée par la Fédération nationale bovine à Venarey-les-Laumes en Côte d'Or, devant l'abattoir Bigard. Un sentiment de frustration se faisait sentir car « aucun représentant de l'abattoir ne s'est déplacé. Aucune discussion n'a été engagée ». Quelques participants ont d'ailleurs pointé du doigt le fait que « même si Bigard porte 45 % du marché français et reste donc le groupe majoritaire des abattoirs en France, d'autres groupes ont également leur part de responsabilité sur la baisse des prix ». Manon Da Costa et Oana Poisson ont souhaité revenir sur les nombreuses intox qui gravitent autour du prix de la viande bovine. Des faits retrouvés sur internet qui ne relatent pas la réalité : « la consommation s'effondre, trop d'animaux en ferme, plus aucun abattage, l'arrêt de l'export ou encore la baisse des charges ».