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Syndicalisme

Fermages : la section des fermiers réagit

En août dernier, l'État a annoncé une augmentation de 3,23 % de l'indice national des fermages. Pierre Bonin, président de la section des fermiers à la FDSEA de l'Yonne a souhaité réagir.

Par Charlotte Sauvignac
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Pierre Bonin, président de la section des fermiers de la FDSEA de l'Yonne réagit sur l'augmentation de l'indice national du fermage.

Pour rappel : l'indice repose sur un calcul mathématique incluant pour 40 % l'évolution annuelle du prix du PIB et pour 60 % l'évolution du revenu brut d'entreprise agricole (RBEA) par hectare pondéré, lissé en moyenne sur cinq ans. Éleveur de bovins allaitants dans l'Avallonnais, Pierre Bonin, président de la section des fermiers à la FDSEA de l'Yonne, témoignait à Terres de Bourgogne, le 10 septembre dernier, du caractère systémique de l'augmentation de l'indice national du fermage. « Sur les cinq dernières années, on constate une augmentation de 15 % à 20 %. Ce n'est pas négligeable. S’il n'y avait que les fermages qui augmentaient, ça irait, le problème c'est que tout le reste augmente », manifestait-il. Dans un contexte où les trésoreries des exploitations sont en tension, Pierre Bonin expliquait la difficulté pour certaines exploitations de devoir faire face à toutes les charges. « Ce qui pose problème cette année, c'est que les céréaliers accumulent les mauvaises années, la troisième année. En élevage, on le ressent moins cette année, parce qu'on a un peu mieux vendu nos bêtes en début d'année, même si à ce stade, on ressent une baisse. Les années précédentes, on était mal, après de nombreuses années en berne », exprimait-il. Pendant que les trésoreries des exploitations se tendent, l'éleveur expliquait que, a contrario, « on ne voit pas l'indice national du fermage diminuer depuis quelques années ». Cette situation s'inscrit dans un cadre international instable, avec des « charges en hausse, comme le pétrole, les engrais, etc. Les marges à l'hectares pour de nombreuses exploitations sont réduites, aujourd'hui, et cet indice est un supplément », décriait-il. Toutefois, même si les éleveurs ont mieux vendu en ce début d'année, les aléas climatiques de cet été « impacteront les trésoreries, et cela a déjà commencé ».

Rester en contact avec son bailleur

La FDSEA de l'Yonne a porté une demande « d'un dégrèvement exceptionnel de 50 % de la Taxe sur le Foncier Non Bâti sur l'ensemble du département pour les terres arables, prairies et vignes » auprès du Préfet et de la DDFIP. C'est en attente de résultat. Pierre Bonin espérait une réponse positive et de ne pas réitérer cela l'année prochaine, car « on préfère avoir une parcelle qui produit que d'avoir un dégrèvement pour des pertes de récolte ». En tant que président de la section des fermiers, il appelait tous les fermiers « s’ils ont des difficultés de paiement à aller voir leur propriétaire et lui expliquer les difficultés rencontrées sur l'année pour essayer de trouver des compromis. Il ne faut pas faire l'autruche. C'est important de dialoguer et discuter avec les bailleurs pour arriver à trouver une entente ». Étant donné la situation, Pierre Bonin réaffirmait l'importance de payer en priorité les bailleurs, parce que « les terres, c'est ce qui nous permet de travailler, c'est notre outil de travail. Le matériel est secondaire dans ce genre de situation. Quand tu es paysan, tu as des priorités, et ta priorité c'est de payer ton propriétaire ». Le dialogue peut être une solution surtout par le fait que de nombreux bailleurs sont d'anciens agriculteurs, donc « ils peuvent comprendre que s’il y a besoin de délais, notamment pour attendre le versement des aides Pac, ils peuvent faire des compromis ».