L'impact du climat sur la mise à l'herbe
Arnaud Guyard, éleveur de bovins et ovins allaitants, fait le point sur sa mise à l'herbe.
Mardi 5 mai, en fin de journée, Arnaud Guyard et son fils sont en train de nettoyer et de faire les dernières révisions avant l'été. « Dès la sortie des animaux dans le pré, on range les bâtiments, on nettoie le matériel et on fait les derniers ajustements pour que la période estivale se passe au mieux », confie l'éleveur de Magny. Situé dans le petit hameau de Marrault, Arnaud Guyard regarde ses vaches brouter l'herbe et observe ses génisses sorties en début d'année. « Les génisses mises à la reproduction, celles ayant entre 24 à 26 mois sont sorties le 20 février dernier, a contrario des plus jeunes génisses sevrées de 14 à 15 mois, qui sortent un mois après. Pour les génisses, ce qui joue en priorité ce sont les échographies. En avril, on considère qu'au 15 du mois, elles sont toutes sorties », commente-t-il. Tandis que les vaches sortent plus tard, au 20 avril, le temps que toutes les échographies aient pu être réalisées. Malheureusement, et ceci Arnaud Guyard en a bien conscience, la mise au pré des vaches se fait également en fonction du climat. « Les petites gelées matinales que nous avons connues en mars dernier peuvent impacter les jeunes gestations, c'est pour cette raison que nous avons attendu les premières chaleurs pour éviter d'avoir des impacts sur les mises à la reproduction », analyse l'éleveur avallonnais.
Continuer de s'acclimater au temps
À cela s'ajoute la pluie, « qui peut être un facteur aggravant. Lorsque l'herbe est sèche, nous sommes rassurés, mais avec les prévisions météo qui annonçaient de la pluie, le mois dernier, on restait vigilant quant à l'arrivée de maladies ». Après quelques échographies réalisées, il assure que « quelques veaux sont malades mais que cela reste très minoritaire sur l'élevage ». Pour faire au mieux, il a choisi de « nourrir ses bêtes au foin et à l'ensilage le matin et à l'herbe, à partir de midi ». Toutefois, il relativise et constate « qu'une mise à l'herbe réussie dès le 1er mois se fait ressentir dans les échographies et les résultats ». Chef d'exploitation en polyculture élevage, avec 100 hectares de cultures, il commente même que « la pluie des derniers jours se faisait attendre. On aimerait bien en avoir plus », sourit-il, car les récoltes « doivent être bonnes pour l'alimentation des vaches et la vente ». En quittant son bureau, l'éleveur rejoint son fils et associé de l'exploitation pour poursuivre le rangement du matériel dans les bâtiments d'élevage.