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La Bourgogne Franche-Comté au SIA

Une région qui affirme fortement sa nouvelle identité

Pour la première fois la Région Bourgogne-Franche-Comté était présente sur deux espaces bien distincts du Salon international de l’agriculture, mais dont l’objectif partagé était bien la valorisation des territoires et de l’agriculture.
Par Anne-Marie Klein
Une région qui affirme fortement sa nouvelle identité
La présidente de région a insisté sur la nécessité «que l’agriculture devienne une grande cause régionale»
Dans le Hall 1, un premier espace Bourgogne-Franche-Comté partagé avec les OS et organismes raciaux de la race charolaise et de la race montbéliarde s’est positionné au plus près des races et des éleveurs en concours. La présence de quelques moutons charollais rappelle aussi le travail des éleveurs ovins pour maintenir cette production longtemps menacée. Côté filière la boucherie a été à l’honneur, comme l’an passé et cette année, elle a côtoyé les fromages francs-comtois et autre productions emblématiques portées par les organisations régionales. Dans le Hall 3, sur un espace accueillant chaque jour un département, place aux produits du terroir  et aux dégustations, entre deux animations.
Il y avait foule le jour de la Bourgogne-France-Comté dans le hall 1 et cette inauguration des espaces régionaux a permis comme de coutume de passer quelques messages politiques tout en réaffirmant les lignes directrices des partenaires en présence, Région et Chambre régionale d’agriculture. Sur l’espace régional du hall 1, où l’on tentait de résister à l’asphyxie, tant la foule était dense sur cet espace restreint, Marie-Guite Dufay, présidente de la région BFC, a d’abord voulu répondre aux inquiétudes des agriculteurs quant aux effets induits de la nouvelle répartition des compétences entre les départements et la Région.  La présidente refuse «que les agriculteurs  pâtissent de la Loi NOTre» et la région BFC s’engage «à reprendre intégralement ce qui était assuré par les départements». Il n’est pas question non plus «de baisser la garde sur l’installation et le foncier agricole» dans la ligne de la Charte signée l’an passée avec les JA. En diversification et circuits courts «un acheteur professionnel vient d’être recruté afin de faire aboutir ce dossier en 2017, mais en attendant des opérations coup de poing seront organisées ponctuellement dans les établissements concernés». Avec «un budget à la hauteur des enjeux». Rappelant le travail mené en commun avec la Chambre régionale d’agriculture, la présidente de région a insisté sur la nécessité «que l’agriculture devienne une grande cause régionale» soutenue par une communication efficace vis-à-vis des consommateurs.
Saluant de son côté l’union symbolique de «deux grandes races à vision internationale», Christian Decerle, président de la Chambre régionale d’agriculture a d’abord tenu à contrer un discours scissionniste trompeur qui amènerait à sortir de l’Europe. Le président de la Chambre régionale  combat «l’idée que l’Europe serait responsable de tout», et rappelle que la réussite de l’agriculture pendant les cinquante glorieuses est bien à mettre au crédit, pour une bonne part, «de la politique agricole commune et d’une politique volontariste de la France en matière de développement agricole». Ce qui manque aujourd’hui «c’est à la fois une ambition européenne partagée sur la Pac et une ambition nationale forte sur la politique agricole». Ce qui manque aussi, a insisté Christian Decerle, c’est une vision claire des coûts de production et de leur impact sur le revenu. «Il faut un revenu minimum aux agriculteurs pour garder la confiance et redonner de la compétitivité aux structures, un revenu pour ne pas décourager les jeunes agriculteurs de s’installer et de produire, un revenu assuré par le prix en premier lieu, revenu et prix restant la ligne directrice de notre action». L’accompagnement par les audits, même si ces derniers restent peu populaires, représente «un moyen indispensable et efficace pour l’exploitant de se réapproprier le périmètre économique de son exploitation».
Quant aux audits de filières, ils sont tout aussi indispensables, pour «identifier les forces et les faiblesses et permettent d’améliorer l’efficacité collective». Évoquant l’ouverture prochaine à Agronov d’une formation «ambitieuse» pour les futurs dirigeants agricoles ou les agriculteurs qui voudront s’engager activement, le président de la Chambre régionale a rendu un hommage appuyé à Xavier Beulin, récemment disparu, «un autodidacte qui n’a jamais négligé d’enrichir ses connaissances et de confronter ses idées à la réalité».