Après l'échange, l'action
Samedi 18 avril, la Fédération départementale des chasseurs de l'Yonne a tenu son assemblée générale à Appoigny. L'occasion de faire le point sur le schéma départemental de gestion cynégétique.
« Après des mois d'élaboration et de réunions, le schéma de gestion cynégétique de l'Yonne a vu le jour en ce début d'année », précise Olivier Lecas, président de la fédération départementale des chasseurs de l'Yonne (FDCY) devant son assemblée. « Après plusieurs allers-retours à la préfecture, l'agrainage de dissuasion est autorisé dans certaines conditions dont on discutera plus tard », poursuit-il. Pour autant, Olivier Lecas revient sur le fait que « l'État comme les territoires doivent désormais prendre leur part. Il s'agit de répondre à un enjeu national qui touche les agriculteurs qui ne seront plus indemnisés, car si une modification de la loi n'est pas réalisée, les fédérations de chasse n'auront plus les moyens de payer ». En se tournant vers Manuella Ines, directrice de la DDT, Olivier Lecas, annonce également que « de nouveaux cas de la maladie d'Aujeszki viennent d'être confirmés par les services vétérinaires de l'État ». Cette maladie virale et contagieuse touche principalement les porcs et les sangliers. Les signes cliniques sont des modifications soudaines du comportement : vomissements, tremblements, convulsions, agressivité. Malheureusement, les chiens de chasse peuvent être exposés lorsqu'ils sont en contact avec les sangliers. On constate souvent « une démangeaison très intense localisée préférentiellement au niveau de la tête et allant malheureusement jusqu'à l'auto mutilation. La mort survient généralement en moins de 48 heures ». À l’heure actuelle, « aucun vaccin fiable à 100 % n'existe pour les chiens », alors le président revient sur les « bonnes pratiques ». « Dans la mesure du possible, il faut éviter au maximum de laisser le chien mordre dans le sanglier et ne pas lui faire manger les viscères ni de la viande », conseille-t-il aux chasseurs présents dans la salle.
Pour le petit et grand gibier
Le président laisse ensuite la parole à Régis Depeige, trésorier et responsable de la chasse au petit gibier à la FDCY. En listant quelques espèces chassables sur les plaines, il s'attarde sur le lapin de garenne, un animal très peu observé cette année, avec près de 450 pièces sur le tableau de chasse (2024-2025). « Rendez-vous compte, ça fait un lapin par commune à peu près. Et rappelons-nous qu'en 1995-1996, plus de 14 000 lapins ont été prélevés. L'impact des différentes maladies et de la prédation pèse sur cette espèce qui a pourtant fait les belles heures de la chasse française », analyse-t-il. Du côté des perdrix, c'est la même situation : « avec des stocks reproducteurs peu élevés, la perdrix ne comptabilise toujours pas de reproduction digne de ce nom depuis plus de 10 ans. Pour cet été 2026, 4 500 perdrix grises et rouges confondues seront donc réintroduites dans 80 territoires de chasse. Le tableau de chasse 2025-2026 pour ces deux espèces représente 5 300 carrées grises et 3 700 carrées rouges », signale-t-il. À ses côtés Thomas Fréchot, responsable de la chasse au gros gibier, revient donc sur le sanglier. Au cours de la campagne de chasse (2024-2025), 15 973 animaux ont été prélevés (taux de réalisation de 70 %) et au cours de celle en cours (2025-2026), 18 978 sangliers ont été prélevés, à ce jour, (taux de réalisation 81 %). Cependant, face à des chiffres « jugés satisfaisants », le nombre de sangliers présents « est encore important et on peut légitimement craindre des dégâts à la hausse ». Il rappelle également que la chasse de cet animal « est désormais autorisée toute l'année, du 1er juin au 31 mars et en avril-mai pour la protection des cultures agricoles ». En regardant le président du coin de l'œil, Thomas Fréchot, revient sur le nouveau schéma départemental de gestion cynégétique et notamment sur l'agrainage de dissuasion du sanglier ayant donné lieu à de nombreuses discussions lors de l'élaboration du SDGC. Autorisé avec convention signée par la Fédération, cet agrainage est permis (16 février au 30 novembre) dans tout le département, sauf pour les territoires « point noir », à l'exception d'une dérogation motivée par les Comités Techniques Locaux (CTL) tenus au début du mois d'avril.