Ouvrir le champ des possibles
La Maison Familiale Rurale de Gron a accueilli l'assemblée générale des Jardins de la Croisière. L'opportunité de faire le point sur le marché du maraîchage bio, sur l'insertion professionnelle et les chantiers verts.
Dans sa production de légumes bio, l'association les Jardins de la Croisière a été impactée par deux causes externes, en 2025 : le climat et la crise du marché du bio. Pour ce qui est du climat, « nous avons connu un mois de juin très sec qui a retardé l'arrivée de la production de tomates. Les récoltes n'ont commencé que début juillet, au lieu de mi-juin. Nous avons également eu des difficultés à récolter régulièrement des salades. Or ces deux légumes sont les les plus rémunérateurs ». Du côté du marché du bio, « nos clients ont fortement négocié pour diminuer les prix d'achat par rapport aux années précédentes ». Les chiffres ne mentent pas : en 2024, « nous constatons une baisse de 6,5 % de vente en brut, c'est-à-dire en prenant en compte le total des ventes de légumes au travers des quatre circuits de distribution ». Pour ce qui est de la vente nette (chiffres de vente moins les achats de revente qui viennent compléter les productions), « on constate une baisse de 5,6 % de vente ». En prenant du recul sur l'année écoulée, Éric Polrot, directeur des Jardins de la Croisière, avoue « qu'un travail a été réalisé pour « lisser » la saison estivale et en contrepartie, développer les productions d'automne et le stockage des légumes d'hiver ». Avec une pointe d'optimisme, le représentant, accompagnés par d'autres représentants de l'association, constate que « malgré un contexte économique tendu pour les filières bio et un climat difficile, nous avons réussi à maintenir la production et les ventes de légumes à un bon niveau ». Avant de passer à la thématique phare de l'association, « l'insertion professionnelle », il ajoute un petit mot sur les chantiers verts. « Le coordinateur maîtrise bien les différentes étapes clefs de réussite : prise de rendez-vous, visite du prospect, établissement de devis, réalisation du chantier et facturation. Les Chantiers Verts sont un excellent support d'insertion. Une réserve malgré tout : peu de femmes se positionnent sur cette activité ».
Accompagner vers l'emploi : un objectif phare pour l'association
C'est à travers une collaboration faites avec les quatre communautés de communes du bassin d'emploi du nord du département que l'association accompagne différents profils au retour à l'emploi. Le recrutement est fait dans une « logique de mixité des publics jeunes, plus âgés, français ou non, urbain rural, femmes, hommes, de tous projets professionnels, etc. ». En 2025, les Jardins de la Croisière ont pu accompagner près de soixante-dix personnes, malgré « la difficulté de recruter des femmes ». Pour les accompagner, c'est Claudie Ménard, accompagnatrice socioprofessionnelle qui réalise un travail important sur la résolution des freins à l'insertion. L'objectif est que « les salariés gagnent en autonomie dans la mise en œuvre de leurs démarches sociales ». Parmi ces freins sociaux, nous retrouvons le manque de logement, le manque d'accès à la santé, la lutte contre les addictions, le frein à la mobilité, les dettes, le manque d'accès à la garde d'enfants ou encore les liens avec la justice. Au cours de l'année passée, l'association recense « 225 mesures sociales dont 141 pour des bénéficiaires du RSA ». En parallèle, la structure met en place différents outils pour accompagner les salariés : journées d'accueil, entretiens réguliers avec l'ASP, entretiens tripartites avec des référents extérieurs, entretiens avec encadrants techniques associés aux démarches vers l'emploi. L'année dernière, la structure a d'ailleurs mis en place un nouvel outil : des ateliers d'intention professionnelle. Organisés en petits groupes, les ateliers ont pour objectif d'aider le salarié « à réfléchir sur son projet et d'engager des démarches concrètes, de faire mieux comprendre aux accompagnateurs la situation du salarié et d'entretenir une approche conviviale des démarches emploi et de s'encourager les uns et les autres ». Ces accompagnements paient car ils ont permis « dix sorties dans l'emploi durable » (28 %) l'année dernière, dont Anthony qui a été embauché en CDI à la Manufacture d'Éphémère, Florian en CDI à la blanchisserie Élis, Yann en CDI chez Kep Technologie, et bien d'autres qui ont pu construire un parcours professionnel stable en intégrant des postes en CDI, CDD ou créant eux-mêmes leur entreprise.