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Session du Conseil régional Bourgogne Franche-Comté

Une région «en marche»

Session tendue au Conseil régional où la Présidente de région, Marie-Guite Dufay, a donné le cap de la mandature. Sophie Fonquernie, vice-présidente en charge de l’agriculture a détaillé le plan d’urgence régional dans son volet agricole. Ces mesures conjoncturelles sont accompagnées d’un volet plus structurel destinés à assurer le développement du secteur dans les années à venir.
Par Anne-Marie Klein
Une région «en marche»
La présidente de Région s’attendait à une session chahutée, elle n’a pas été déçue...
«La Région est en marche», c’est sur ce ton volontariste que Marie-Guite Dufay a introduit la session du Conseil régional Bourgogne Franche-Comté qui s’est tenue à Dijon le 18 mars. Ce premier débat d’orientation budgétaire préfigure les grandes lignes de l’action de la Région pour les années à venir. Le futur budget, forcément «intermédiaire» comme le qualifie la présidente fera l’objet d’une session spécifique le 29 avril prochain. Le plan d’orientation du mandat qui s’est dessiné lors de cette première réelle session de travail particulièrement chahutée, devrait être «réalisé d’ici l’été».

Répondre à l’urgence mais pas seulement
Avant de rentrer dans le vif du débat d’orientation budgétaire, place à l’urgence avec la présentation de deux plans : le plan d’urgence pour l’emploi, doté de 12000 formations supplémentaires et le plan d’action régional pour l’agriculture qui débloque des moyens complémentaires aux budgets existants et aux actions définies au plan gouvernemental.
Ces actions mises en oeuvre par la Région découlent d’une concertation menée en lien avec les représentants de la profession agricole et la préfète de Région depuis le mois de février. Marie-Guite Dufay annonce aussi avoir travaillé directement avec Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, afin que le fonds d’allègement des charges ne soit pas amputé et reste au niveau des 4,6 M€ prévus. Le Conseil régional entend également intervenir auprès des instances européennes pour réclamer une simplification des normes européennes et auprès de l’Etat français afin d’obtenir la levée des freins au développement des énergies renouvelables, afin d’augmenter les productions d’énergies propres en Bourgogne Franche-Comté. Tous des «potes», telle est l’objectif pour les Bourguignons et Francs-Comtois appelés à devenir des «pionniers ordinaires de la transition énergétique».
Dans un premier temps l’urgence prime, mais la présidente de Région voit dans ce plan d’urgence des réponses de court terme qui devront être accompagnées d’un travail à plus long terme sur la valeur ajoutée, la diversification et l’export. Le plan d’actions régional pour l’agriculture va intégrer les orientations proposées par les jeunes agriculteurs dans les trois chartes que la présidente de région a signées lors du dernier salon de l’agriculture. La Région envisage également la mise en place d’une fonction «acheteur» afin de centraliser les achats et de favoriser les groupements d’achats. En ligne de mire, une meilleure adéquation de l’offre et de la demande dans la restauration collective et notamment, dans cantines des établissements d’enseignement.
En tant qu’autorité de gestion, la région va travailler aussi au rapprochement des deux programmes de développement ruraux (PDR Bourgogne et PDR Franche-Comté) pour les mettre en cohérence et renforcer leur efficacité, sous l’angle notamment des délais de paiement et des avances de trésorerie. Un constat s’impose «les aides au titre des fonds européens arrivent beaucoup trop lentement», pour éviter que les porteurs de projets ne pâtissent des retards accumulés, la Région va ouvrir un fonds d’aide à la trésorerie.
Au titre de mesures plus structurelles qui doivent accompagner l’évolution de l’agriculture régionale et son adaptation aux nouveaux enjeux agricoles, dès 2016, un schéma régional pluriannuel va être défini afin d’accompagner les agriculteurs vers plus de qualité, de compétitivité et de différenciation des produits. Ce qui suppose :
- une meilleure valorisation des produits par la qualité, la différenciation et le développement des circuits de qualité.
- L’accompagnement de la commercialisation des produits sur le marché européen et, au-delà, fondé sur le développement de la qualité et des volumes.
- La diversification des productions.

Les priorités pour répondre à l’urgence dans l’agriculture

- Soutien à l’investissement et mobilisation de moyens pour soulager l’endettement des exploitations en rupture économique. La mise en place de cellules de veille et de conventions avec les départements est prévue pour assurer la continuité des aides économiques.
- Amélioration de la compétitivité, nomment grâce à des contrats de filières.
- Incitation à la production et à la consommation locale , ce qui suppose de développer les circuits de proximité et surtout d’inciter la restauration collective (notamment les lycées) à privilégier l’approvisionnement local, avec pour objectif : 50% de produits locaux et/ou bio dans les lycées d’ici la fin du mandat régional.
- Accompagnement des agriculteurs qui s’installent, accompagnement aussi des structures avec des audits d’exploitation, développement d’aides à la reconversion professionnelle et de contrats d’objectifs de productions agricoles.
- Accompagnement des agriculteurs qui souhaitent se reconvertir dans un autre domaine d’activité, avec des formations adaptées.