Changement climatique
Une nécessité de s’adapter
Le changement climatique et ses impacts sur la ressource en eau ont fait l’objet d’une réunion, dernièrement, à Dijon.
Le projet de recherche-action Hyccare Bourgogne (Hydrologie, changement climatique, adaptation, ressource en eau) met à disposition des décideurs locaux des outils qui leur permettront de mieux prendre en compte le risque lié aux impacts du changement climatique sur la ressource en eau. Réunis à la Maison des sciences de l’homme sur le campus universitaire dijonnais, les différents acteurs de l’eau ont échangé sur une problématique bien réelle.
En Bourgogne, comme partout en France, la température moyenne annuelle a augmenté d’au moins 1°C depuis les années 1960-1970. Le cumul des précipitations reste pratiquement à l’identique mais les débits moyens des cours d’eau bourguignons sont presque partout en baisse. L’étiage est plus précoce et plus marqué. La hausse des températures favorise l’évapotranspiration et explique la baisse des débits sans une évolution nette des précipitations. Pour un bassin versant, à précipitations égales, le réchauffement climatique pourrait ainsi induire une augmentation de la part de l’eau évapotranspirée et donc une baisse des niveaux des nappes et des débits des cours d’eau. Les simulations de l’évolution des températures en Bourgogne, à l’horizon 2100, montrent un réchauffement «inéluctable». Son ampleur, surtout à partir de la seconde moitié du siècle, dépendra de la quantité de gaz à effet de serre émise. L’évolution de ce réchauffement se fera par paliers et son accélération dépendra des émissions de gaz à effet de serre. Les travaux hydrologiques du projet Hyccare prévoient des débits d’eau toujours en baisse, une étude nationale montre même une diminution systématique, atteignant parfois 50%, des débits en août à l’horizon 2045-2065. Il n’y aura pas de stabilisation du climat : il faudra donc s’adapter en continu. Les chercheurs ont présenté les résultats de leurs travaux devant 130 participants lors de ce séminaire final d’Hyccare. Les acteurs de la gestion de l’eau sont également intervenus pour réagir à ces résultats et ont témoigné de leur implication dans les ateliers du climat. L’ensemble des documents relatifs au projet sont disponibles sur le site d’Alterre Bourgogne : http://www.alterre-bourgogne.org/r/127/projet-de-recherche-hyccare/
Co-financé par le ministère de l’Environnement, l’Ademe Bourgogne et les Agences de l’eau Loire-Bretagne, Rhône Méditerranée Corse et Seine-Normandie, le projet Hyccare implique un collectif multidisciplinaire de chercheurs, dont l’Université de Bourgogne, le CNRS, AgroSup Dijon, l’Inra, le BRGM, l’Université de Tours, et est coordonné par Alterre Bourgogne.
En Bourgogne, comme partout en France, la température moyenne annuelle a augmenté d’au moins 1°C depuis les années 1960-1970. Le cumul des précipitations reste pratiquement à l’identique mais les débits moyens des cours d’eau bourguignons sont presque partout en baisse. L’étiage est plus précoce et plus marqué. La hausse des températures favorise l’évapotranspiration et explique la baisse des débits sans une évolution nette des précipitations. Pour un bassin versant, à précipitations égales, le réchauffement climatique pourrait ainsi induire une augmentation de la part de l’eau évapotranspirée et donc une baisse des niveaux des nappes et des débits des cours d’eau. Les simulations de l’évolution des températures en Bourgogne, à l’horizon 2100, montrent un réchauffement «inéluctable». Son ampleur, surtout à partir de la seconde moitié du siècle, dépendra de la quantité de gaz à effet de serre émise. L’évolution de ce réchauffement se fera par paliers et son accélération dépendra des émissions de gaz à effet de serre. Les travaux hydrologiques du projet Hyccare prévoient des débits d’eau toujours en baisse, une étude nationale montre même une diminution systématique, atteignant parfois 50%, des débits en août à l’horizon 2045-2065. Il n’y aura pas de stabilisation du climat : il faudra donc s’adapter en continu. Les chercheurs ont présenté les résultats de leurs travaux devant 130 participants lors de ce séminaire final d’Hyccare. Les acteurs de la gestion de l’eau sont également intervenus pour réagir à ces résultats et ont témoigné de leur implication dans les ateliers du climat. L’ensemble des documents relatifs au projet sont disponibles sur le site d’Alterre Bourgogne : http://www.alterre-bourgogne.org/r/127/projet-de-recherche-hyccare/
Co-financé par le ministère de l’Environnement, l’Ademe Bourgogne et les Agences de l’eau Loire-Bretagne, Rhône Méditerranée Corse et Seine-Normandie, le projet Hyccare implique un collectif multidisciplinaire de chercheurs, dont l’Université de Bourgogne, le CNRS, AgroSup Dijon, l’Inra, le BRGM, l’Université de Tours, et est coordonné par Alterre Bourgogne.
Témoignage
Benoît Collardot, membre du syndicat des irrigants de Côte d’Or, est intervenu lors de cette réunion. Le jeune agriculteur est revenu sur sa participation à différents ateliers de travail relatifs au projet Hyccare : «Il est important pour nous, agriculteurs, d’avoir des connaissances sur le réchauffement climatique sur notre territoire, en Bourgogne. Sur nos fermes, nous ne pouvons dresser que des constats empiriques : une année nous fauchons plus précocement, une autre il n’y a pas de gel hivernal... Il était intéressant de rencontrer les chercheurs et d’échanger sur nos propres appréciations et relevés, tout en écoutant leur analyse. Les agriculteurs font partie des acteurs du territoire et sachez que nous nous intéressons à l’eau. Nous irriguons : c’est quelque chose de très important pour nous. Nous sommes responsables. Ces ateliers, dans lesquels nous nous sommes sentis très écoutés, a été aussi l’occasion de partager nos difficultés. Les irrigants de Côte d’Or revoient actuellement leur façon d’irriguer, nous mettons à plat notre schéma départemental d’irrigation. Ces ateliers vont nous permettre d’imaginer l’irrigation de demain sur notre territoire. La pluviométrie, nous avons l’impression qu’elle diminue. Ce n’est visiblement pas le cas, elle est simplement de plus en plus mal repartie sur l’année. C’est sans doute ici qu’il y a des pistes à creuser : l’eau arrive sur le territoire et elle repart, elle n’est pas là quand nous on en a besoin... Il faudra être innovant sur ces sujets».