Une envie de défendre le métier
La manifestation du 20 mai à Dijon a été l'occasion d'échanger avec Marie-Pierre Rougieux, agricultrice à Saint-Nicolas-lès-Cîteaux.
Nous la croisons à toutes les sorties syndicales depuis des mois. La semaine dernière encore, elle faisait encore partie de la délégation présente devant les locaux de la DDT pour dénoncer les normes et contraintes à répétition. Nous avons profité de l'occasion pour faire connaissance. Marie-Pierre Rougieux est à la tête d'une exploitation de polyculture-élevage à Saint-Nicolas-les-Cîteaux avec son mari Grégory, lui aussi présent à Dijon le 20 mai. « J'ai toujours été syndiquée, mais il est vrai que je m'implique davantage depuis un petit moment. Mes enfants sont plus grands, ce qui me laisse un peu plus de temps », indique la mère de famille de 44 ans. L'envie de se mettre à disposition de la profession l'anime : « faire partie d'un collectif qui défend nos intérêts est important à ses yeux. Les enjeux de l'agriculture deviennent critiques, les agriculteurs sont de plus en plus malmenés et nous sommes de moins en moins nombreux dans nos campagnes, alors il faut s'engager ».
À la MSA et Groupama
Marie-Pierre Rougieux, qui a rejoint le conseil d’administration de la FDSEA21, préside l'échelon local MSA de Nuits-Saint-Georges et a été récemment élue vice-présidente de la caisse Groupama de ce même canton : « c'est un tout, c'est un réseau agricole, tout est lié pour défendre tous ensemble notre profession ! Je le dis souvent mais quand on s'engage, on ne le fait pas pour soi, mais pour tout le monde… ». Seule féminine présente à l'action syndicale de la semaine dernière, Marie-Pierre Rougieux n'a pas hésité à participer elle aussi aux échanges avec les représentants de l’administration : « bon, c'est vrai, je suis parfois la seule femme du groupe, alors si des copines pouvaient me rejoindre ! (rires) Non, plus sérieusement, j'estime être à ma place ici, comme tout le monde. Je suis née dans l'agriculture, j'ai ma propre ferme et j'ai aussi mon mot à dire. Mercredi dernier, lorsque l'administration nous expliquait qu'elle se devait de contrôler 5 % des agriculteurs pour s'assurer qu'il y a bien des exploitants devant chaque aide Pac, je n'ai pas pu me retenir. J'ai relayé une information que je venais d'avoir. Les Émirats arabes unis touchent eux aussi des aides européennes de la politique agricole commune ! Une famille multimilliardaire, propriétaire de terres en Italie, en Roumanie et dans je ne sais plus quel autre pays, perçoit ainsi plus de 70 millions d’euros de subventions, est-ce bien normal ? ».