Les petites moyennes
Les cultures donnent de très faibles rendements du côté de Baigneux-les-Juifs, comme redouté depuis plusieurs semaines.
Le plateau de Baigneux n'est pas « chouette » cette année, et c'est peu de le dire. Pour l'illustrer, nous avons échangé avec Arnaud Babouillard, en Gaec avec sa sœur Laura à Meursauges. L'orge d'hiver, en variétés Comtesse et Faro, termine à 40 q/ha, avec des champs allant de 32 à 45 q/ha. « Aucun endroit ne dépasse les 50 q/ha. Ce résultat était prévu car tout a grillé ou presque avec ces aléas climatiques. Les canicules n'ont fait que finir le travail… », lance l'agriculteur de 41 ans. D'ordinaire, Arnaud Babouillard conserve 35 tonnes tous les ans pour ses vaches brunes mais pour assurer l'autonomie alimentaire de son troupeau, dans cette campagne difficile en tout, le double de volumes restera chez lui : « ce sera des ventes en moins, mais vu les prix actuels, il vaut mieux que cette production se destine aux bovins ».
C'est maigre
Le Côte-d'orien a ensuite moissonné son colza, avec un score encore plus « light » de 18 q/ha sur 34 ha : « d'habitude, nous tombons aussi bas sur seulement une ou deux parcelles, mais rarement sur toute la production. C'est clair, ça ne fait pas beaucoup… En colza, il y avait déjà eu une énorme problématique insectes à l'automne, qui semble avoir été générale dans tout le Châtillonnais. La dernière canicule n'a rien arrangé et nous a fait perdre, à mon avis, au moins 5 q/ha. Les grains sont très petits, le PMG est très faible ». La moisson de blé, qui a débuté le 2 juillet, s'est vraisemblablement terminée en début de semaine pour Arnaud Babouillard. Les premières parcelles ne laissaient pas de place à davantage d'optimisme : « j'ai fait une parcelle à 46 q/ha et une autre à 56. Si je termine à 50 q/ha de moyenne, ce sera très bien. Mais je ne suis pas certain du tout de le faire, à l'image de ce qui se récolte dans le secteur. Mes variétés ? Arcachon, Sphère, Absalon et Goncourt, mais ce n'est pas l'effet variétal qui fait la différence cette année, c'est bien la profondeur et le potentiel des terres. Les parcelles sont très hétérogènes ici, nous passons rapidement du simple au double en instantané ». La dernière moisson sera celle de son orge de printemps, qui était mal embarquée elle aussi : « elle n'a pas beaucoup tallé au printemps. Ces dernières semaines, elle a échaudé et blanchi. Elle ne fera pas plus que le blé ».
Et maintenant ?
L'agriculteur a également du maïs et du tournesol : « une partie de ce dernier a eu la chance de prendre 20 mm lors d'un orage très localisé fin juin, cela va lui faire du bien. En revanche, j'ai du maïs du côté d'Étormay où il n'est strictement rien tombé. Celui-ci est en mauvaise posture ». Nous avons questionné notre interlocuteur sur la campagne à venir. Arnaud Babouillard envisage d’augmenter ses surfaces en herbe et en tournesol, culture peu gourmande en azote. Le colza sera diminué au moins d'un tiers par rapport aux charges engendrées.
Le mot du président
Jacques de Loisy, président de la Chambre d'agriculture de Côte-d'Or, partageait son point de vue sur les moissons, la semaine dernière, à mi-étape : « Nous avons un temps exécrable qui carbonise les cultures quelles qu'elles soient. Les rendements sont très hétérogènes et généralement en retrait par rapport aux moyennes des dernières années. Les effets sont très significatifs sur les terres les plus superficielles où les rendements descendent parfois à 30 q/ha en blé et même en dessous de 20 q/ha en colza . Il faudra attendre la fin de la moisson pour dresser un bilan complet ». Jacques de Loisy rappelle également les nombreuses perturbations dans l'organisation des chantiers de récolte, à cause de restriction horaires. Pour ne rien arranger, les départs de feu, pas toujours d'origines agricoles, ont été tout aussi nombreux. « Je souhaite bon courage à tout le monde, dans ce contexte rempli de stress. Que l'État prenne aussi et surtout les bonnes décisions pour permettre l'irrigation et l'abreuvement du bétail dans les meilleures conditions », ajoute le président.