Pommes de terre : des tours d'eau salvateurs
Samuel Goguely récoltait ses pommes de terre il y a quelques jours à Fénay. Il nous livre ses impressions sur cette récolte, clairement sauvée grâce à l'irrigation.
« D'ordinaire, nous arrosons en moyenne entre 2 et 4 fois. Cette année, nous étions entre 7 et 8 tours d'eau, ce n'était jamais arrivé », nous informe Samuel Goguely, dès notre arrivée dans son tracteur. À l'évidence, l'irrigation a clairement permis de sauver la récolte. « Sans cette eau, compte tenu de la météo que nous connaissons, ce sont des cochonnets qui auraient été récoltés ». Les pommes de terre arrachées ce 11 août ressemblaient davantage (pour rester dans la métaphore) à des boules de pétanque. « Il y a moins de tubercules par pieds, je dirais 6 au lieu de 10, mais ces pommes de terre sont un peu plus grosses que d'habitude. Cela ne comblera pas la baisse de production globale, mais celle-ci sera relativement limitée. Je m'attendais à pire. Il est peut-être trop tôt pour le dire car je commence seulement aujourd'hui, mais je pense que cette diminution sera aux alentours de 25 % ».
Tout à domicile
Samuel Goguely cultive trois variétés de pommes de terre (Élodie, Gourmandine et Pomroll) sur une surface de quatre hectares. La production est très majoritairement vendue dans son magasin à la ferme ouvert le mercredi matin, le vendredi après-midi et le samedi en matinée. Un distributeur de légumes est également à disposition à proximité de son exploitation et permet de satisfaire tout besoin de la clientèle, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Le Côte-d'Orien cultive bien d'autres produits maraîchers au sud de Dijon. Les légumes de saison vont bon train entre les tomates, les haricots, les aubergines, les poivrons, les carottes, les oignons, les betteraves rouges, les courgettes, les concombres, les cornichons, ou encore les melons et les pastèques ! Le grand « jardin » de la ferme Le Breuil s'étend sur 3,5 hectares et nécessite lui aussi beaucoup d'eau pour répondre aux besoins des plantes : « dans ces temps-là, il n'y a en effet pas de pause pour l'irrigation… Nous devons sans cesse vérifier que le sol est bien humide. C'est une attention de tous les instants. Avec cette eau, les adventices se plaisent tout autant, voire encore plus que les légumes, alors leur élimination est tout aussi prenante au niveau de la main-d’œuvre ».
Pas si mal
L'agriculteur a réussi, tant bien que mal, à limiter les pertes dans son potager, tout comme dans ses pommes de terre. « Le plus difficile a concerné les choux, les courges et les courgettes lors de la plantation, un certain nombre d'entre eux ont été perdus, brûlés par le soleil. C'est une parade de circonstance : j'ai mis plusieurs fois des cagettes en bois pour leur faire de l'ombrage, cela a marché à 100 % pour les melons. Il y a eu aussi quelques dégâts d'altises sur les choux mais hormis cela, il n'y a pas eu trop de casse jusqu'à présent ». La plus belle surprise de Samuel Goguely vient sans doute de ses tomates. « Elles ont bien résisté, malgré ces fortes chaleurs. Pourtant, à partir de 35 degrés, elles se bloquent et ne travaillent plus… D'autres produits du potager ont bien donné mais ça, je m'y attendais avec le soleil que nous avons : il s'agit notamment des melons, qui sont très bons cette année ».