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Élevages bovins

Un été galère en perspective

Rencontre avec un éleveur de la commune de Saulieu, que nous avons suivi avec sa tonne à eau et questionné à l'entrée de l'un de ses prés.


 

Par AG
Un été galère en perspective
Gilles Bureau n'avait jamais transporté de l'eau si tôt, dès la mi-juin.

À force de côtoyer des éleveurs, nous sommes sûrs de ce que nous affirmons : charrier de l'eau et de la nourriture l'été est, pour rester polis, l'une des tâches les moins appréciées de l'année ! Ce travail demande beaucoup d'énergie, de temps et d'argent, comme le rappelait d'ailleurs un Côte-d'orien dans notre dernière édition. Gilles Bureau, que nous avons rencontré il y a quelques jours dans cet exercice, n'allait certainement pas dire le contraire : « Et ce qui est marquant, c'est la précocité de la chose ! Je suis agriculteur depuis presque 30 ans et cela ne m'était jamais arrivé de transporter de l'eau en juin. J'ai même commencé vers le 15 du mois. Je n'ai jamais vu nos prés manquer d'eau aussi rapidement. Comme cela est parti, je redoute de renouveler l'opération tous les jours ou presque jusqu'en octobre ! ». En Gaec avec Michel, son frère, Gilles Bureau consacre plus de 3 h 30 quotidiennement à cette tâche : « nous avons 450 bovins dehors et il leur faut 20 000 litres quand il fait chaud. Une vache, quand les températures sont élevées, c'est 100 litres par jour ! Notre tonne fait 5 000 litres, j'effectue donc quatre voyages. Cela est à cumuler avec les moissons et les restrictions horaires de travail, pour ne pas mettre le feu. Ces journées sont éprouvantes, les nuits sont très courtes actuellement ! Les bêtes souffrent aussi, cela va sans dire. Au moment où je vous parle (29 juin), je n'affourage toujours pas mais ce n'est plus qu'une question de jours, car les prés commencent à être grillés ».

Moins de fourrages

Cette situation inédite inquiète l'homme de 55 ans : « c'est vraiment de pire en pire. Il faudrait que nos politiques s'emparent une fois pour toutes de ce sujet de l'eau, pour que le monde agricole puisse beaucoup plus facilement constituer des réserves. Les autorisations sont beaucoup trop difficiles à obtenir. Dans le cas de notre ferme, nous avions bien tenté quelque chose, c'était en 2011, mais un projet n'avait pas pu voir le jour car il y avait une variété bien précise de salamandre sur le lieu en question. Aujourd'hui, c'est toujours en tourbière ! ». Gilles Bureau a la chance de pouvoir « pomper » dans un étang d'un collègue agriculteur : « c'est appréciable, heureusement que nous avons cette opportunité. Et grâce à cette même personne, nous avons pu trouver de la paille au nord du département. Car oui, les fourrages sont une autre problématique de 2026, il y en a beaucoup moins. D'ordinaire, il nous en faut juste un peu et nous en trouvons pas trop loin. Là, il faudra aller presser de la paille à 130 km. Sans l'aide de cet agriculteur, il aurait fallu en acheter dans l'Aube ». Membre très actif du comice agricole de Saulieu, Gilles Bureau s'inquiète également de la prochaine édition de la fête du Charolais et des difficultés des éleveurs à préparer des animaux : « j'espère que tout rentrera à peu près dans l'ordre pour assister, de nouveau, à une belle édition de notre rendez-vous annuel à l'espace Jean-Bertin. Ce sera du vendredi 21 au dimanche 23 août ».