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Pâturage tournant

Optimiser la pousse de l'herbe avec le pâturage tournant

Le mardi 11 août, Pascal Baron, éleveur de vaches allaitantes à Sainte-Magnance faisait le point sur son élevage, et ses techniques pour améliorer la pousse de l'herbe.

Par Charlotte Sauvignac
Elevage
Retour d'expériences sur la pratique du pâturage tournant au sein de l'exploitation de Pascal Baron à Sainte Magnance.

Depuis une dizaine d'années, Pascal Baron, éleveur de vaches allaitantes à Sainte-Magnance, a souhaité s'orienter vers le pâturage tournant. Un avantage pour lui : « on a toujours entre quinze jours à trois semaines d'herbes en plus que les autres ». Pour donner plus de sens à cette pratique, elle a été conceptualisée en 1957, dans l'ouvrage d'André Voisin intitulé Productivité de l'herbe. L'objectif est simple : « proposer un système de rotation qui permet d'améliorer la productivité de l'herbe. Le pâturage tournant cherche à optimiser la croissance et l'utilisation de l'herbe en déplaçant les animaux de parcelle en parcelle », informe le site Osaé. Après avoir réalisé de nombreuses recherches dans les années quatre-vingt-dix, André Voisin, agriculteur et agronome breton a émis un principe fondateur sur cette technique : partir de la connaissance de la pousse de l’herbe afin d’adapter la pratique du pâturage, en tenant compte des besoins et des comportements des animaux. Pour revenir dans l'Yonne, Pascal Baron s'est initié à cette pratique après une rencontre avec un éleveur du Cantal, lors d'une formation il y a une dizaine d'années. « En en discutant avec lui, ça m'a convaincu. Alors lorsque je suis rentré de la formation, j'ai viré toutes mes clôtures et j'ai posé tous les paddocks la même année. Aujourd'hui, j'ai donc deux bandes de vaches principalement en pâturage tournant qui ont cinq paddocks chacune. Selon la pousse de l'herbe, tu choisis dans quel paddock tu fais de l'ensilage ou de l'enrubannage », précise-t-il. Malheureusement, cette année, la pratique a montré ses limites. « Ce qu'il faut retenir, c'est que cette année, mes vaches n'ont été en autonomie alimentaire que deux mois », manifeste-t-il. Les épisodes de canicules ont stoppé la pousse et ont brûlé l'herbe manquante. Toutefois, l'éleveur avait anticipé la situation. « Après le mois de février qu'on a passé, sous la pluie, la pousse de l'herbe était fulgurante et à partir du 15 avril, l'herbe était là », se souvient-il. L'éleveur choisit donc de « récolter l'herbe en surplus et de la transformer en ensilage pour sauver la situation. J'ai bien fait car il n'y a pas eu de repousse par la suite ».

Mardi 11 août, Pascal Baron est satisfaisait du résultat en regardant ses vaches. « Celles qui viennent de bonne heure, je les nourris avec la machine et je mélange de l'enrubanné de sorgho avec de la paille et de la farine. Tous les matins, elles ont un aliment complet, comme si elles étaient dans le bâtiment. Même si cela prend beaucoup de temps sur ma journée de travail, les vaches sont en état ».

Cet éleveur de l'Avallonnais ne se distingue pas que pour ses pratiques novatrices, mais également pour avoir choisi une race de vaches différente de celle de la région. Depuis quinze ans, il a choisi d'intégrer des vaches Salers et des vaches Aubrac à son troupeau de Charolaises. « J'ai 2/3 de vaches croisés charolaises et salers pour vendre des broutards croisés », précise-t-il. Ce choix s'est fait suite à des difficultés de vêlage avec des vaches charolaises. « Aujourd'hui, j'ai des vaches autonomes sur les vêlages, et rustiques », conclut-il.