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Moissons

Ça vole moins haut

Deux agriculteurs de la plaine dijonnaise partagent les résultats de leurs moissons.

Par AG
Ça vole moins haut
Loïc Dumont et Romain Gibassier, la semaine dernière à Ouges.

D’ordinaire, autour de l'aéroport de Longvic, les rendements ne sont pas vilains. Cette année, il manque plus de 20 q/ha en orge et en blé ! Et bon nombre d'agriculteurs de la plaine dijonnaise semblent être dans ce cas de figure. Loïc Dumont, à Ouges, termine ses moissons à une moyenne de 60 q/ha dans ces deux cultures alors que l'an passé, plus de 80 q/ha s'affichaient au compteur. En colza, la moyenne est de 31 q/ha, alors que ses champs s'approchent plus habituellement des 40 q/ha. Le Côte-d'orien ne s'attendait pas à un tel résultat, pour sa deuxième moisson après son installation : « l'orge que j'ai est une orge de printemps semée à l'automne, en variété Planet. Les rendements vont de 55 à 75 q/ha selon le type de terre. En blé, la variabilité est encore plus impressionnante, les variétés Sphère et Thermidor finissent entre 50 et près de 90 q/ha, mais la moyenne est la même : 60 q/ha, avec beaucoup d'épis vides sur leur partie supérieure. Sphère donne les meilleurs résultats, notamment le PS, je pense semer uniquement cette variété l'an prochain. En ce qui concerne le colza, les rendements vont de 25 à 38 q/ha ». Si les rendements sont décevants par rapport au potentiel des parcelles, la qualité, elle, est au rendez-vous : « le calibrage de l'orge est de 93, il y a 11,5 en protéines. En blé, le PS va de 70 à 83, les protéines approchent les 14 points ».

Il va manquer

La bonne nouvelle vient de la dernière culture récoltée, la moutarde : « alors oui, c'est une très bonne surprise avec 18 q/ha. Une parcelle est même montée à 21 mais je fais 14 q/ha dans un autre secteur. Cela remonte la moyenne finale, mais il va tout de même en manquer. Et même beaucoup ». Loïc Dumont estime à plus de 90 000 euros son manque à gagner sur ses cultures colza/blé/orge : « je ne sais pas où je vais les trouver, il manque environ 450 euros/ha. Nous allons être nombreux dans ce cas… Les moissons semblent mauvaises un peu partout, d’après mes retours. Les échos que j'ai des plateaux sont tout simplement catastrophiques alors que ce secteur accumule les mauvaises récoltes depuis des années. Les prix, eux, restent très insuffisants ». Romain Gibassier, un ami agriculteur de passage à Ouges, nous fait part lui aussi de ses résultats dans le secteur de Saulon-la-Rue : « pour ma part, je n'ai pas d'orges, j'ai commencé par le colza, avec une moyenne finale à 25 q/ha, bien inférieure à ce que nous pouvons espérer récolter. À la date d'aujourd'hui, le 29 juin, je n'ai fauché que la moitié de mes blés, en variétés Thermidor et Prestance. Cette dernière s'en sort un peu mieux car il s'agit d'une variété précoce, les blés concernés étaient en avance par rapport aux autres… Le rendement reste en retrait, aux alentours de 60 q/ha, alors que ma moyenne olympique est plutôt à 70 q/ha. Les parcelles qui me restent sont sur les plateaux de Chambœuf : ce sera forcément moins bon, avec des terres qui ont davantage souffert du sec ».

 

Souvenir de 2003

Loïc Dumont a terminé ses moissons en jui, le 28, pour être précis. Cela n'était arrivé qu'une seule fois dans cette ferme, c'était en 2003, année de grande sécheresse, quand son prédécesseur Vincent Garnier était en activité : « Et comme par hasard, les rendements étaient les mêmes... Sauf qu'à l'époque, les prix étaient plus élevés et les charges moins importantes. Cette année, je n'ai pu lever le pied que sur les fongicides. L'azote, j'ai maintenu mon niveau d'apports car les cultures étaient encore belles il y a quelques semaines ».