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Vente en libre-service

Une confiance mutuelle

Trouver des solutions pour commercialiser leur production est un enjeu majeur pour les exploitants, et certains ont eu une idée basée sur la confiance…

Par Chloé Monget
Une confiance mutuelle
Stéphane Lafranchise et Fanny Cadoux (avec son fils Robin) expliquent leurs concepts de commercialisation en libre-service.

Dans un contexte agricole parfois complexe pour valoriser des productions, certains exploitants trouvent des idées parfois peu communes… Ainsi, deux exploitations nivernaises ont opté pour un système basé sur la confiance en s'inspirant de ceux déjà existants ailleurs. « Nous avons eu cette idée car nous l'avons vu en Norvège », précisent Amandine et Stéphane Lafranchise. « Si nous ne l'avions pas vu cela ne nous serait pas venu à l'esprit ». De son côté, Fanny Cadoux s'est lancée « car j'ai constaté que le système de Stéphane fonctionnait et je l'ai adapté à ma production ».

Si leurs systèmes sont différents, ils ont en commun d'être basé sur la confiance donnée au client. Dans les deux cas, une fois que les consommateurs se sont servis, ils paient leur dû volontairement en glissant chèques et espèces dans les boîtes prévues à cet effet. Jusqu'à présent, aucun n'a relevé de manque ou de vol. « Nous pensons qu'il y a un respect de notre travail au travers de cette honnêteté des consommateurs », soulignent Amandine et Stéphane. « Ils nous font confiance pour leur apporter des produits de qualité et nous leur faisons confiance pour leur paiement. Cette confiance mutuelle est appréciée par les deux parties ». Fanny, pour sa part, se dit « intimement convaincue qu'il existe encore des valeurs dans ce monde. Notre public a conscience que le vol n'est pas une solution à long terme, ni pour eux ni pour nous. Je suis peut-être naïve mais j'aime à penser qu'il y a encore une certaine bonne foi ». En résumé, ce principe de libre-service offre une relation saine entre producteurs et consommateurs… peut-être là une idée à reprendre.

La Chèvre rit d'Amandine (Garchy)

La Chèvre rit d'Amandine (Garchy)
Crédit photo : Stéphane Lafranchise.
« La boîte à oeufs » d'Amandine et Stéphane Lafranchise en service depuis 5 ans sur le portail de l'exploitation (10 rue des grands buissons à Garchy) durant les hivers où les poules ne sont pas réformées.

« Nous avons construit une installation sur le portail de la ferme afin de vendre la production d'œufs quand la boutique est fermée », expliquent Amandine et Stéphane. « Nous ne mettons pas plus de 90 œufs à chaque fois et nous en rajoutons au besoin durant la journée, avec une relève de la caisse à ces moments-là. Par semaine, nous passons environ 800 œufs pour environ 400 euros de chiffre d'affaires. Si le stock n'est pas écoulé durant la semaine, nous sommes présents sur le marché le vendredi matin à Pouilly-sur-Loire. Toutefois, en ce moment notre présence y est rare car avec la pénurie de ces dernières semaines dans les GMS, nous sommes dévalisés ». Afin de faire connaître leur initiative de la « boîte à œufs », ils utilisent les réseaux sociaux. « Malgré le succès que ce système peut offrir, cette manière de commercialiser est certes bien mais pas idéale. En effet, d'un côté elle répond au besoin d'écouler la production, mais d'un autre côté, elle nous fait perdre le contact avec le client. Nous préférons échanger avec eux en direct car ainsi nous pouvons parler de nos systèmes de production. Cette solution ne peut être que transitoire ».

Plus d'infos : https://www.lachevreritdamandine.com/

Gelée royale biologique de Nièvre (Suilly-la-Tour)

Gelée royale biologique de Nièvre (Suilly-la-Tour)
« L'armoire à miel » de Fanny Cadoux est installée depuis octobre 2025 à l'entrée de l'exploitation 5 rue du Soc à Suilly-la-Tour.

Depuis octobre, Fanny Cadoux a installé une armoire ancienne trouvée lors d'un vide maison afin de vendre 7 jours sur 7, de 9 heures à 18 heures, sa production de gelée royale, de pollen, de bonbons au miel ou encore de compléments alimentaires à base de gelée royale. « Je n'ai pas assez de productions pour avoir une boutique et ce système me permet de mettre à disposition les produits tout le temps. Les clients prennent le temps qu'ils veulent pour faire leur panier, et pendant ce temps je suis libre pour d'autres tâches… dont celle de m'occuper de mes enfants en bas âge ». Si elle tire son idée du système de Stéphane, elle avait réfléchi à d'autres procédés. « J'avais pensé aux casiers automatiques mais cela est trop cher pour faire un essai. J'avais aussi envisagé le “Click and collect” mais cela demande une logistique trop importante et une préparation trop chronophage ». Avec 100 ruches aujourd'hui dédiées à la production de gelée royale, Fanny explique que son armoire à miel lui permet de dégager environ 150 euros de chiffre d'affaires par semaine. « C'est mieux que zéro car je n'ai pas le temps de faire les marchés ». Pour donner de la visibilité à cette armoire un peu particulière, elle pointe : « avant de mettre en place l'armoire, j'ai envoyé un SMS aux 500 personnes qui viennent aux portes ouvertes de l'exploitation le premier week-end d'août. Ceux qui viennent à l'armoire à miel notent ce qu'ils ont pris et leurs noms, afin que je puisse avoir une certaine traçabilité de mes produits, cela me permet de constater que s'ils sont venus une fois, ils reviennent. Je pense que je la laisserai tout au long de l'année ».

Plus d'infos : https://www.geleeroyalebiologique.fr/