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Alsoni Conseil Élevage

Prêt pour la pesée et le pointage par imagerie 3D

Couvrant désormais cinq départements, Alsoni Conseil Élevage continue d’améliorer son taux de pénétration en développant le conseil aux éleveurs. Acteur historique de la collecte des données génétiques, l’association va déployer la pesée et le pointage des veaux par imagerie 3D. Une petite révolution qui va dans l’intérêt des éleveurs.

Par Marc Labille
Prêt pour la pesée et le pointage par imagerie 3D
Lors de l’assemblée générale, le président Benoit Lamarre a présenté le dernier prototype du portique Pheno 3D grâce auquel, à partir de 2027, la pesée et le pointage des veaux seront réalisés par imagerie 3D.

Fin avril, Alsoni Conseil Élevage a tenu son assemblée générale à Charolles, en Saône-et-Loire. C’était la première du nouveau président Benoit Lamarre. Éleveur à Reclesne, près d'Autun, il a succédé au Nivernais Nicolas Bouchard en 2025. Il a rappelé qu'Alsoni est née de la fusion, il y a presque dix ans, des trois Bovins Croissance de Saône-et-Loire, de la Nièvre et de l’Allier, et a rendu hommage « au travail effectué en amont par mes prédécesseurs ». En 2021, les éleveurs du Rhône ont rejoint Alsoni et en 2025, sa zone d’activité s’est étendue au département de l’Ain. Alsoni compte un peu plus de 900 adhérents dans les départements 71, 58, 03, 69. Un nombre stable par rapport à 2024, mais le volume d’activité est en légère baisse du fait d’une érosion des naissances. Il manque 3 000 veaux par rapport à la campagne précédente pour un total de près de 80 000 naissances. « La FCO a eu un impact significatif sur le nombre de veaux sevrés, d’où des répercussions sur l’activité d’Alsoni, » confirmait Benoit Lamarre. « Cet impact se traduit par une perte de recettes de 30 000 € débouchant sur un résultat déficitaire de 56 000 €, » indiquait le trésorier Pierre-Yves Vannier. La baisse de production liée au sanitaire n’est pas la seule responsable : Alsoni subit aussi l’effondrement des soutiens de l’État, déploraient les responsables. « Avec la baisse des aides, on savait qu’on allait vers un déficit », confirme Nicolas Bouchard. Malheureusement, cela se conjugue avec la FCO, une volonté de ne pas trop augmenter les prix aux adhérents et la nécessité d’investir en ressources humaines et en technologies…

Montée du conseil et de l'appui technique

Si le contrôle de performances (pesées, pointages) reste le cœur de métier d’Alsoni avec un taux de pénétration en hausse constante, le conseil continue de prendre de l’ampleur (rations, suivi herbe, tri des génisses, plans d’accouplement…). Au fil du temps, Alsoni s’est dotée d’une équipe de techniciens experts reconnus pour lesquels l’association investit en formation. Toujours dans cet objectif de « donner du sens à la mesure », le déploiement de l’appui technique en élevage va de pair avec une modernisation de la collecte des précieuses données. Le contrôle de performances qui était effectué jusqu’alors au moyen de bascules, de tables de pointage, autrefois de toises, est en train de subir une véritable mutation technologique… Depuis quelque temps, un projet de pesée et de pointage des veaux par imagerie 3D se dessine sous l’égide d’un consortium de plusieurs acteurs nationaux dont fait partie Alsoni. La technologie repose sur un scanner 3D, combiné à de l’intelligence artificielle (IA), qui va permettre d’automatiser et de fiabiliser les mesures sur un animal pour en extraire les phénotypes clés. « L’outil est notamment en mesure de fournir les notes de pointage et le poids d’un animal avec une précision de 4 % », faisait valoir Benoit Lamarre. L’ambition est ainsi de « faire entrer la sélection des bovins dans l’ère du phénotypage à haut débit », argumentent les porteurs du projet. À Charolles, les responsables d’Alsoni ont présenté l’un des derniers prototypes du portique mis au point pour la technologie Pheno 3D. C’est sous cet appareil que les jeunes bovins passeront pour la prise de mesures. Repliable et portatif, ce portique accompagnera les techniciens lors de leurs visites en élevages. Le projet en est dans sa phase de test et les premières collectes de données via Pheno 3D sont prévues en 2027.

Pas de portiques sur les concours !

Si elle est attendue par les responsables d’Alsoni qui entrevoient d’ores et déjà son potentiel technique et pratique ainsi que les enjeux dans un nouveau monde de données, cette nouvelle technologie n’est pas sans susciter quelques réticences de la part des éleveurs. « Si Pheno 3D apportera bien de la précision dans les pesées et le pointage, il ne devra pas remplacer la discussion avec l’éleveur », rassuraient les intéressés. Pas de risque non plus que les portiques se substituent aux juges des concours ! « Pheno 3D, ce sont des algorithmes qui utilisent les données pour de l’indexation », recadrait Benoit Lamarre. En clair, ils ne changeront rien aux jugements qui continueront de mettre en avant les animaux qui ont le plus de « de race, de chic, de classe… ». L'assemblée générale était suivie d’une table ronde consacrée à la place de l’éleveur dans ce nouveau monde de données. La mise en place du nouveau règlement zootechnique européen a libéralisé la génétique et, de ce fait, l’usage des données qui sont le fondement des outils de sélection. Tous ces chiffres (identité, performances, sanitaire…) qui proviennent des élevages et qui circulent via le numérique sont devenus un véritable trésor de guerre pour nombre d’opérateurs. Ces données, fournies trop gracieusement et dont Alsoni est un collecteur bienveillant, ont une valeur qui ne doit pas être volée aux éleveurs. Conscient de ces enjeux, Alsoni apporte toute l’exigence, l’éthique et la vigilance d’une structure portée par la profession. L’investissement collectif dans Pheno 3D est une réponse à ces défis. D’un montant de 1 million d’euros, « son développement n’a pas coûté 1 € aux adhérents », indiquait Benoit Lamarre. Pour le financement des futurs portiques dont elle va s’équiper, Alsoni est heureuse de pouvoir compter sur le soutien du Conseil départemental de Saône-et-Loire. Pour la collectivité, ce geste est motivé par l’installation qui, estime Frédéric Brochot, vice-président du Conseil départemental en charge de l'agriculture, a besoin de la technologie pour attirer les jeunes.