Une page se tourne chez les éleveurs
Le 26 juin dernier, au cours de l'assemblée générale, Kamel Ferrag, président de la société pour le développement du tank à la ferme (Sodetaf) a annoncé sa fin de mandat.
En ce 26 juin, environ une dizaine d'éleveurs laitiers se sont rassemblés pour participer à l'assemblée générale de la Société pour le développement du tank à la ferme (Sodetaf), intrinsèquement liée à l'Asylra (Association des syndicats laitiers de la région d'Auxerre). Créée en 1974, la Sodetaf a toujours eu pour mission « d'aider les producteurs laitiers à s'équiper de tanks à lait neufs et performants et d'en assurer l'entretien et la programmation », convient Nicolas Petit, salarié de la structure. L'objectif était de « mettre à disposition d'un adhérent un tank pour lequel il paie une location proportionnelle au litrage de lait vendu ». Aujourd'hui, les résultats sont positifs pour la société : 262 producteurs laitiers adhérents et 284 tanks à laits sont gérés par la société. En près de quinze ans, 133 producteurs laitiers supplémentaires ont intégré la société et près de 150 tanks à lait ont été installés. Après ce beau résultat auquel Kamel Ferrag a contribué, il laisse sa place à compter du 17 novembre à un nouveau bureau. « Il y a déjà une personne dans les tuyaux », annonce-t-il, le sourire aux lèvres. En prenant du recul, l'éleveur laitier, ancien animateur de la FDSEA de l'Yonne, « convient que les règles ont changé. Avec les charges de mécanisation actuelles, nous ne pouvons obligatoirement pas investir dans du matériel neuf. Nous avons trois leviers : l'achat neuf qui permet de débloquer la rotation, l'achat d'occasion, et l'optimisation de la gestion du parc en interne. Nous allons mettre à disposition des tanks à lait qui soient en adéquation avec la production laitière de chaque exploitation. L'éleveur ne doit pas être en surproduction ou en sous-production », informe-t-il.
La chaleur impacte les tanks ?
Toutefois, le meilleur modèle reste le matériel d'occasion. « En général, les éleveurs investissent dans des tanks déjà utilisés. Il existe des producteurs qui arrêtent et qui revendent leur tank. S'ils sont en état, s'ils correspondent aux normes actuelles, les éleveurs peuvent les utiliser directement. Mais bien souvent, le gaz réfrigérant présent dans les tanks n'est plus aux normes. Dans ces cas-là, les tanks font un détour par notre atelier où Nicolas réalise un entretien ainsi qu'une mise aux normes. Cette manière de procéder permet d'obtenir un gain de temps, de répondre rapidement à la demande du producteur et cela évite de passer par un achat neuf. On sait bien que les achats neufs sont coûteux », justifie-t-il. Avec les fortes chaleurs connues ces dernières semaines, Kamel Ferrag souhaite prévenir les éleveurs laitiers. « Le tank, c'est un matériel qui refroidit le lait. Ce matériel a besoin d'un volume d'air assez important. Nous demandons donc aux producteurs d'aérer, d'entretenir le tank pour éviter que les groupes de refroidissement tombent en panne et pour assurer le refroidissement du lait qui va vers les laiteries », avance-t-il. Pour ces fortes chaleurs, Kamel Ferrag préconise donc un entretien préventif. « Les radiateurs souffrent de la chaleur, il faut donc entretenir le plus possible pour éviter que les groupes tombent en panne. Un groupe de refroidissement coûte entre 2 000 € et 3 000 €, donc ça a tout de même un coût important. Pendant ces excès de température, on ne peut pas nier qu'il existe un phénomène de risque », appuie-t-il. Pour les prochaines années, Kamel Ferrag est « confiant ». « Nous avons bien évolué et il faut continuer à avancer. Nous avons conscience que l'élevage devient de plus en plus technique, et pour les années futures, il faudrait que la Sodetaf se penche davantage sur les formations », conclut-il.