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Crédit agricole Centre Loire

Une conférence bisannuelle sur la place de l'€™agriculture dans la société

Il y avait beaucoup de monde le 10 février dernier au Palais d'€™Auron à Bourges. Près de 900 personnes, dont beaucoup d'€™agriculteurs, sont venus entendre quatre intervenants, dont Xavier Beulin, évoquer l'€™avenir de l'€™agriculture dans un monde de plus en plus urbain.
Par E.C.
Une conférence bisannuelle sur la place de l'€™agriculture dans la société
Jean-Claude Bevillard, secrétaire général de France Nature environnement, Xavier Beulin, président de la FNSEA, Marion Guillou, directrice de l'INRA et Hervé Juvin, sociologue, ont échangé "entre amis" sur la place de l'agriculture dans une société de pl
Les agriculteurs sont souvent [I]«coincés»[i] dans leurs fermes, au taquet pour assurer quotidiennement les taches qui incombent à leurs élevages ou à leurs exploitations. La période des vêlages aurait même pu les priver d'€™une grande séance de brainstorming sur l'€™avenir de leur rôle dans la société. Aussi était-il intéressant de constater que près de 900 d'€™entre eux, issus des départements de la Nièvre, du Loiret et du Cher, avaient fait le déplacement de Bourges et avaient, le temps d'€™un après-midi, sorti leur tête du guidon qui les accapare habituellement. La haute tenue de l'€™événement n'€™était sans doute pas pour rien dans cette mobilisation. Marion Guillou, directrice générale de l'€™INRA, est partie d'€™un constat et d'€™un paradoxe : [I]«les jeunes Français sont les plus heureux mais aussi les plus défiants vis-à-vis des organisations»[i]. Les relations de proximité demeurent les plus spontanées et donc les plus courues. Ce qui a fait réagir Xavier Beulin, le tout nouveau président de la FNSEA: [I]«Nous avons une relation à reconstruire» a-t-il expliqué tout en reconnaissant que «le monde agricole ne sait pas communiquer»[i]. Selon lui, les modes de consommation ayant changé, [I]«le consommateur attend de bien manger pas cher cinq jours par semaine, tout en acceptant de variations le reste du temps»[i]. Le monde agricole a donc une carte à jouer pour redevenir le pilier reconnu de l'€™autosuffisance alimentaire dans l'€™esprit des citoyens, [I]«à condition de rémunérer correctement ses producteurs»[i].

[INTER]Regards de paysans[inter]
Les vidéo proposées par le Crédit agricole durant la conférence présentaient le regard de paysans exprimant leurs ressentis. Tous se rejoignaient pour réaffirmer que [I]«l'€™agriculture devait nourrir la planète alors que plus de 1 milliard d'€™individus est mal nourri, qu'€™elle doit préserver l'€™environnement et offrir une alimentation saine au plus bas coût possible et offrir des produits propres»[i]. Des marges de manoeuvre pour que les paysans apprenent à mieux communiquer vis-à-vis d'€™un monde urbain [I]«plus sensible à ses propres émeutes de la faim qu'€™à celles du monde agricole»[i] selon Marion Guillou. Pour Jean-Claude Bevillard (France nature environnement), [I]«le terroir reste un outil de développement et l'€™agriculteur ne doit pas devenir une espèce d'€™opérateur ou de salarié»[i]. Ce qui a fait convenir aux intervenants que[I] «l'€™agriculture a besoin de politiques et d'€™outils de régulation»[i], même si les objectifs et les moyens ne sont pas forcément les mêmes dans leurs esprits. Quand Marion Guillou a plaidé [I]«pour une agriculture écologiquement intensive»[i], Xavier Beulin s'€™est fait l'€™avocat d'€™une [I]«croissance durable qui a besoin de majorités qualifiées à Bruxelles pour garder des mécanismes de gestion et de régulation des marchés»[i]. Faute de quoi, selon le sociologue Hervé Juvin, [I]«une partie de l'€™agriculture devient une industrie comme les autres»[i].