Un vignoble en plein renouveau
Longtemps considérées comme un vignoble discret, les Hautes-Côtes attirent aujourd’hui tous les regards. L’évolution du climat redonne de l’intérêt à ces terroirs d’altitude, plus frais et plus tardifs.
Boris Champy, vigneron et responsable du projet Horizon Hautes-Côtes, en est convaincu : « Ces zones deviennent de plus en plus pertinentes dans un contexte de réchauffement climatique », affirme-t-il avec enthousiasme. Situées au-dessus des prestigieuses côtes de Beaune et de Nuits, les Hautes-Côtes bénéficient d’altitudes plus élevées et de températures plus modérées. Un avantage qui devient stratégique. « La fraîcheur de ces terroirs constitue un atout majeur pour l’avenir », souligne Boris Champy. Cette attractivité nouvelle entraîne un regain d’intérêt pour ces appellations. Les projets viticoles se multiplient et les surfaces plantées progressent régulièrement. Mais pour les professionnels, ce développement doit être maîtrisé. « Nous voulons que le développement du vignoble se fasse de manière raisonnée et collective », insiste Boris Champy.
Une cartographie du futur
C’est précisément l’ambition du projet Horizon Hautes-Côtes, lancé par l’Organisme de gestion (ODG) des Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits. L’initiative vise à anticiper l’évolution du vignoble et à accompagner les plantations futures. « Nous voulons construire une vision collective du développement de ces territoires », explique son responsable. L’idée est de cartographier précisément les zones à potentiel, en croisant les données géologiques, climatiques et environnementales. Le projet s’appuie sur un travail de terrain approfondi. Une première phase d’étude est menée sur deux communes pilotes, Nantoux et Meloisey, avant un déploiement à l’ensemble des 47 villages de l’aire d’appellation. Le vignoble des Hautes-Côtes compte aujourd’hui près de 1 800 hectares plantés, mais plus de 2 600 hectares restent encore disponibles dans l’aire d’appellation. De quoi susciter l’intérêt des producteurs. « Il ne s’agit pas seulement de planter davantage de vignes », insiste Boris Champy. L’objectif est de préserver les paysages, protéger les ressources en eau et éviter les zones sensibles, notamment celles classées Natura 2 000.
L'importance de la concertation
Cette réflexion collective doit également permettre d’adapter le vignoble aux conditions climatiques futures. « Nous devons penser l’évolution du vignoble sur plusieurs décennies », observe le vigneron. Dans cette démarche, la concertation joue un rôle central. Vignerons, collectivités locales et organismes techniques sont associés pour définir ensemble les orientations du futur vignoble. Pour Boris Champy, l’enjeu dépasse largement les Hautes-Côtes. « Nous voulons montrer qu’il est possible de développer un vignoble en anticipant les défis climatiques », affirme-t-il. Dans un contexte de réchauffement climatique, les Hautes-Côtes pourraient ainsi devenir un terrain de recherche important pour la viticulture bourguignonne de demain et l’avenir de ses vins.