Raconter autrement le vin
Ancien journaliste de presse écrite, Jean-Philippe Guillot vient de créer L'Écrit vins conseils. Les prestations de communication qu'il propose visent à permettre au monde du vin de parler autrement de lui. Pas inutile, alors que cet univers est confronté à de profondes remises en question.
Il y a quelques semaines, Jean-Philippe Guillot était au salon Wine Paris. Il y a croisé des jeunes, qui s'intéressent au vin, mais pas de la même manière que les générations précédentes. Cet ex-journaliste de presse écrite a vu dans cette approche une confirmation de la pertinence de son choix : apporter au monde viticole des prestations de communication différenciantes et adaptées à un monde qui, incontestablement, change. Ce choix s'est concrétisé fin 2025 avec la création de sa société : L'Écrit vins conseils. « Face au constat, dit-il, de difficultés grandissantes pour le milieu viticole (baisse de consommation, mouvements anti-alcool, dégradation de l'image du vin, jeunes qui se détournent du produit…) j'ai réalisé qu'il y avait une place pour des prestations permettant de parler du vin et de mettre en valeur cet univers, avec une approche renouvelée. »
Une opportunité
À la base, il y a une appétence pour ce milieu : « J'aime le vin et les vignerons : ils ont des « gueules », des histoires, un certain bon sens. » Mais au-delà, il lui a fallu se former en préparant deux Diplômes universitaires (DU) au sein de l'Institut universitaire de la vigne et du vin (IUVV) de l'université de Bourgogne, à Dijon : l'un en Expertise dégustation et l'autre dédié à l'environnement économique du vin. « Je me suis d'abord dit que j'étais en train de m'engager sur un domaine en crise et que ce n'était pas forcément la meilleure idée, reconnaît-il, mais, petit à petit, j'ai compris qu'il y avait là, au contraire, une opportunité : tenter d'apporter des solutions de communication à des vignerons qui n'ont pas de temps à consacrer à ça et qui, parfois, n'ont pas pris la mesure du problème. » Le tout en s'appuyant sur la première de ses compétences : l'écrit, et la capacité à produire des récits. « Mon passé de journaliste a nourri une ouverture d'esprit qui me permet de m'adapter à des demandes et des attentes très diversifiées. » À cela s'ajoute un « ton » qui lui est propre et qui donne un vrai caractère à ses productions écrites.
Une offre globale
Les premiers clients sont là : Animavinum, entreprise de négoce à Meursault, à qui il fournit de manière hebdomadaire du rédactionnel, sous forme d'éditoriaux assez engagés portant sur des thématiques vin un peu décalées. À Meursault, toujours, il opère aussi pour le domaine Arnaud Ente : en l'espèce, il a travaillé sur l'histoire familiale alors que se produit une transmission actuellement. Il réalise un livret de qualité à remettre aux clients du domaine, qui raconte cette transmission familiale. « En fonction des attentes de mon client, précise Jean-Philippe Guillot, je réalise des reportages, des entretiens, des photos et je lui cède mes droits, de manière à ce qu'il puisse utiliser ce travail dans sa communication, sur tous les supports possibles (plaquette, site web, réseaux sociaux). Je m'attache beaucoup au caractère humain du domaine, la famille, la transmission, l'histoire, qui ils sont, ce qu'ils veulent… » Depuis le début de l'année, il prospecte, rencontre, discute, se rend sur des salons, bien au-delà des frontières bourguignonnes. Vallée du Rhône, Champagne… Il ratisse large pour se faire connaître. « Je conseille sur l'écrit mais je peux aussi enrichir cette offre avec des partenaires (web designer, dronistes, photographes). Cet investissement en communication n'a rien de superflu et dans le contexte qu'on connaît aujourd'hui, il va falloir se différencier. À produits équivalents, un consommateur va regarder l'histoire et qui est derrière la bouteille. » Au-delà du produit et du terroir, qui restent des incontournables, L'Écrit vins conseils ambitionne de faire entendre une autre « petite musique » : celle des histoires familiales et des femmes et des hommes qui font le vin. Parce que, de la même manière qu'on ne consommera plus du vin comme on le faisait il y a 30 ou 50 ans, on veut aussi qu'on nous en parle différemment, sans discours intimidant ou abscons, mais en racontant des réalités très concrètes, dans lesquelles la passion humaine reste bien présente.
lecritvinsconseils.fr