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Coopératives

Trois ans de travaux chez Nuiton-Beaunoy

L'unique cave coopérative de Côte-d'Or se lance dans une série d'investissements d'une ampleur inédite. Le but est d'adapter la structure à de nouvelles approches professionnelles et d'accompagner une montée en gamme qui se traduit par un véritable dynamisme commercial.

Par Berty Robert
Trois ans de travaux chez Nuiton-Beaunoy
La première phase de travaux va concerner la cave à fûts, réorganisée pour répondre à une plus grande segmentation des vins.

Un cycle d'investissements qui va s'étaler sur trois ans est en cours de démarrage à la cave Nuiton-Beaunoy, seule cave coopérative de la Côte-d'Or, située à Beaune. 2026 marquera le début de ce cycle mais, comme le précise le directeur général de l'entreprise, Lionel Chol, « les travaux de 2026 constitueront la partie la moins spectaculaire des évolutions prévues. Les travaux les plus visibles débuteront fin 2026 ». Globalement, ils porteront sur la cave à fûts, les différents ateliers de cave, l'internalisation d'une partie de l'activité crémants. Prévus pour durer jusqu'en 2028, ils vont représenter un niveau d'investissement compris entre 3 et 4 millions d'euros et n'auront rien d'anodin : il s'agira, entre autres, de doubler la capacité de la cave à fûts, de la doter d'un contrôle de l'hygrométrie et de la température, de l'équiper de supports Oxo qui permettent, notamment, d'optimiser les capacités de stockage. Les investissements comprendront plusieurs phases : démontage de la cuverie, déplacement des fûts et installation d'une ligne de dégorgement pour les crémants, réfection totale et extension de la cave à fûts, le but étant aussi d'en faire un espace que les clients de la boutique pourront visiter. Il y aura aussi un réaménagement de la cuverie avec la mise en place d'un atelier pressurage des crémants, et l'amélioration de l'atelier vendanges manuelles.

Accompagner une segmentation croissante des vins

Le but c'est de réorganiser les espaces de travail et de les adapter à un métier en pleine évolution : « on va de plus en plus vers la segmentation de nos vins, précise Lionel Chol, avec un nombre croissant de petites cuvées, plus de spécialisation, de petites séries qualitatives avec des durées d'élevage plus travaillées. Nous menons un important travail de sélection qui réclame beaucoup d'organisation en termes de vinification. » Ces investissements se justifient de plusieurs manières : « Pour les travaux sur la cave, précise Sébastien Sauvageot, responsable œnologique de la cave, la logique est de potentialiser les élevages. On veut pouvoir élever les vins plus longtemps et dans de meilleures conditions, avec l'objectif de faire monter nos vins en gamme. Sur les investissements liés à l'activité crémants, il s'agira de recentrer une activité aujourd'hui en fort développement, avec du potentiel. On est aujourd'hui entre 650 000 et 700 000 bouteilles et nous visons 1 million de bouteilles, tout en maîtrisant complètement nos process. » Sur les crémants la cave va internaliser des prestations (élevage, dégorgement) confiées jusqu'à présent à des acteurs extérieurs. Pour cette année 2026, les travaux qui vont démarrer concernent l'intégration de la ligne de dégorgement et le démontage d'une partie de la cuverie, ce qui permettra de déplacer les fûts, afin de refaire la cave à fûts. L'espace ainsi gagné va permettre de travailler sur un réaménagement de la cuverie avec une réflexion autour d'ateliers de vinifications plus spécialisés (crémants, villages, petits volumes…)

Attirer de nouveaux vignerons

L'un des objectifs poursuivis c'est d'affirmer le dynamisme d'une cave qui présente une belle évolution depuis plusieurs années. Aujourd'hui, 100 % de la production est commercialisée en bouteilles. 10 % de la commercialisation s'effectue en vente directe, 30 % des ventes en grande distribution, 30 % en café, hôtel et restaurant (CHR) et 30 % à l'export. La très grande majorité des vins est vendue sous la marque Nuiton-Beaunoy. Les crémants, eux, sont vendus sous la marque Victorine de Chastenay. À noter qu'en vente directe, l'entreprise dispose de deux caveaux, à Beaune et Sainte-Marie-la-Blanche et ce dernier va également faire l'objet d'une rénovation totale d'ici deux à trois ans pour accompagner cette montée en puissance commerciale. Cela pourrait prendre la forme d'une halle gourmande, en association avec la fromagerie Delin de Gilly-lès-Cîteaux. De tels investissements traduisent un dynamisme et une ambition que Nuiton-Beaunoy souhaiterait aussi mettre à profit pour recruter de nouveaux vignerons.

Une histoire de près de 70 ans

Présidée actuellement par Florent Baillard, la cave coopérative Nuiton-Beaunoy a été créée en 1957. Au cours de son histoire, elle a repris plusieurs caves coopératives dans le département (Sainte-Marie-la-Blanche, Gevrey-Chambertin, Orches…) Elle s'est implantée sur son site actuel, à Beaune en 1968 et emploie aujourd'hui 25 salariés. Le site beaunois comporte une structure de vinification et de commercialisation. Il abrite aussi les équipes administratives et commerciales. Nuiton-Beaunoy fédère 80 coopérateurs sur 350 ha et un millier de parcelles. « Nous couvrons l'ensemble de la Côte-d'Or, précise son directeur, de Marsannay-la-Côte jusqu'aux Maranges, avec une vraie diversité d'appellations : Bourgogne pinot noir, Bourgogne chardonnay, Hautes-Côtes de Beaune, Hautes-Côtes de Nuits, des villages, des blancs (14 % de l'encépagement en chardonnay), des rouges (66 % de l'encépagement en pinot noir), de l'aligoté (18 %), des effervescents ». Au total 78 produits commerciaux différents sont vinifiés à Beaune. Depuis 2015, la cave côte-d'orienne fait partie d'une union de caves coopératives avec la cave Vignerons des Terres secrètes, à Prissé, en Saône-et-Loire. Beaune est également le siège de cette union de caves. Nuiton-Beaunoy est labellisée « Vignerons engagés ». Les investissements détaillés dans cet article sont aussi pensés pour renforcer la politique de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) dans l'objectif d'améliorer les conditions de travail, d'économiser de l'énergie, d'améliorer l'empreinte carbone de l'entreprise.