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Crédit Agricole de Champagne Bourgogne

Une banque engagée auprès des agriculteurs et viticulteurs de son territoire

Depuis plusieurs années, l’agriculture française connaît une crise qui s’intensifie suite aux derniers aléas climatiques. Le Crédit Agricole, partenaire incontournable des agriculteurs, se mobilise pour soutenir l’activité des exploitants. Interview de Vincent Delatte, président du Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne (Aube, Côte-d’Or, Haute-Marne, Yonne).
Par Communiqué
Une banque engagée auprès des agriculteurs et viticulteurs de son territoire
Vincent Delattre, président du Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne
- Quel diagnostic faites-vous de la situation ?
«Depuis plusieurs années, notre agriculture régionale connaît une succession d’aléas de plus en plus fréquents touchant toutes les productions. Les aléas climatiques exceptionnels rencontrés cette année sur l’ensemble des départements de notre Caisse régionale ont fortement perturbé la récolte 2016 de céréales, tant en volume qu’en qualité, ceci dans un contexte mondial de forte production pesant sur les prix.
A ces phénomènes conjoncturels s’ajoutent des problèmes plus structurels dans les filières «lait» et «viande bovine» et des aléas climatiques à répétition sur la filière «viticole» engendrant des baisses de production depuis plusieurs années, notamment concentrées sur des microrégions.»

- Face à ce constat, comment le Crédit Agricole compte-t-il réagir?
«Sur les filières animales, cela fait plusieurs mois que nous «réagissons» avec une contribution forte à la mise en œuvre du plan de soutien de l’élevage.
D’une manière générale, nous croyons à l’avenir de l’agriculture et nous allons apporter notre contribution pour passer ce cap difficile, comme nous l’avons toujours fait. Depuis octobre 2014, notre mobilisation est intense auprès des agriculteurs en situation difficile pour mettre en place des plans d’accompagnement personnalisés, des mesures exceptionnelles de financement, en lien avec les OPA et les représentants de la profession.
Face à cette situation exceptionnelle et sans précédent, le Crédit Agricole a décidé de mettre en place, des mesures de soutien mobilisant 5 milliards d’euros de prêts destinés aux exploitants qui sont en impasse financière, sans distinction de production. Notre Caisse régionale s’inscrit totalement dans cette démarche en mettant en place des mesures adaptées à la situation de chacun de ses clients.»

- En quoi consistent ces mesures ?
«Bien entendu nous continuons à prendre en compte les demandes liées au plan de soutien public, à ce jour la date limite de dépôt des dossiers est le 31 octobre. Ces mesures ont montré leur utilité dans certaines situations et ont été élargies à des productions autres qu’animales.
Nous avons pour notre part décidé de mesures permettant d’échanger avec chaque client sur sa situation, d’apporter de la trésorerie, d’étaler la perte et de restructurer l’encours dans les situations le nécessitant.
D’ici la fin de l’année, nos conseillers iront à la rencontre de nos clients et proposeront en fonction du besoin :
- un financement du besoin global de trésorerie permettant une remise en production pour l’année à venir avec un prêt spécifique au taux de 1%, et avec une bonification de -0,25% pour les jeunes agriculteurs.
- un financement à moyen terme du besoin en fond de roulement avec un prêt spécifique aux mêmes conditions.
- d’autres solutions plus personnalisées de restructuration d’encours si nécessaire à des conditions là aussi bonifiées.
- les frais de dossiers liés à ces mesures seront pris en charge par la Caisse régionale.»

- Quels conseils donneriez-vous aux agriculteurs ?
«Plus que des conseils parfois bien difficiles à émettre dans ce type de contexte, je préfère vous faire part de quelques observations constatées au travers de notre expérience.»
Notre expérience nous amène à sensibiliser les exploitants de l’ensemble des filières à rencontrer leur conseiller le plus tôt possible : comme souvent, c’est en anticipant que l’on trouve la solution la plus adaptée à la situation de chacun.
Etre transparent sur les difficultés et sur leur ampleur : un diagnostic complet permet la mise en place du bon remède ! A ce titre, établir un prévisionnel de trésorerie objectif est un préalable souvent indispensable.
Enfin, la volatilité des prix et l’accélération de la fréquence des aléas climatiques sont deux véritables problèmes qui conduisent à des situations brutales et imprévisibles. Pour pérenniser les structures et lisser ces retournements il faut utiliser les dispositifs assurantiels, se constituer de l’épargne de précaution et rechercher  la bonne adéquation entre investissements réalisés et besoins réels de l’exploitation. Au regard des encours de crédit, des marges de sécurité réduites et de la fréquence des aléas, il y a aujourd’hui encore trop peu d’agriculteurs détenteurs de l’assurance récoltes, or nous constatons que les exploitations assurées s’en sortent beaucoup mieux que les autres (et je conviens que le produit est encore perfectible)».

- Comment préparez-vous les mois à venir ?
«Vous l’aurez compris, au travers mes propos, en cas de problème, c’est l’échange en toute transparence et la combinaison de plusieurs solutions qui permettent de passer le cap difficile.
Pour nos conseillers agricoles et viticoles, la fin de l’année 2016 sera consacrée à contacter tous leurs clients afin d’échanger avec chacun sur sa situation et accompagner individuellement chaque exploitation qui en aura besoin pour préparer la campagne 2017 et aborder au mieux les années à venir.
Il faut redonner aux agriculteurs confiance dans l’avenir, c’est le travail de toute la profession. Grâce à la mobilisation de ses élus, grâce au travail de ses équipes dédiées à l’agriculture et à la viticulture et en étant un partenaire bancaire sur lequel on peut compter dans les moments difficiles, le Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne y travaille déjà».