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Betteraves

Une année hétérogène

Le 19 décembre dernier, l'Institut Technique de la Betterave (ITB) a tenu une réunion technique pour la région Île-de-France et Yonne à Mormant. Retour sur cette année contrastée.

Par Charlotte Sauvignac
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L'Institut Technique de la Betterave a réalisé une intervention à Mormant à destination de la région Ile de France / Yonne, le 19 décembre dernier.

Après une série de réunions dans les départements betteraviers, Pierre Houdmon, technicien à l'Institut Technique de la Betterave (ITB), fait le bilan . Ce que l'on peut dire aujourd'hui, c'est que « la région Île-de-France, Yonne a une moyenne de 85 t/ha et atteint un rendement satisfaisant ». Cependant, cette année est jugée « hétérogène », avec des écarts importants, variant de 40 à 115 t/ha. Selon Pierre Houdmon, il existe deux facteurs explicatifs, « les dates de semis tardives et des écarts de précipitations importants en fonction des parcelles ». « Il n'est pas rare de constater des différences de rendement de 20 tonnes par hectare, dues simplement à la présence ou non d'orages en juillet en août », constate-t-il. En tant que technicien de l'ITB, il se souvient « du nord de l'Yonne où des pluviométries contrastées ont été observées. Parfois, sur 10 kilomètres cela a pu varier du simple au double. Ce qui s'est traduit sur le rendement. En ayant semé à la même date, en ayant une implantation de qualité, certains planteurs ont pu approcher les 80 tonnes voire frôler les 100 tonnes, alors qu'à quelques kilomètres d'autres planteurs ont eu du mal à faire plus de 70 tonnes ». Seuls « les rares irrigants ayant pu pratiquer des irrigations d'opportunité ont obtenu des résultats intéressants ». À cela s'ajoute une présence marquée de la jaunisse, avec « 18 % des parcelles qui présentent des signes de jaunisse ». Liées à l'activité climatique, certaines plantes ont souffert « du stress hydrique dès le mois de juin. Elles ont été bloquées dans leur croissance. Il y a eu une attaque de jaunisse plus conséquente sur ces parcelles. On avait des petites betteraves qui ont eu du mal à pousser, même s'il a plu derrière, parce que la jaunisse s'est installée sur la plante au cours des premières phases de développement. Dans ce genre de situation, on appelle cela la double peine. C'est valable pour la Seine-et-Marne, c'est valable pour l'Yonne », rajoute-t-il à son expertise.

Des solutions pour aller de l'avant

Pour gérer cette problématique, « le réseau d'épidémiosurveillance s'est déployé dans l'ensemble de la région dès les semis. Les premières observations de pucerons verts ont débuté le 14 avril et ont augmenté progressivement jusqu'au 1er juin sur l'ensemble des sites », analyse Pierre Houdmon. Associé avec l'Inrae, l'ITB a mené une expérimentation à l'échelle régionale, « associant les semis d'une plante compagne et un dispositif variétal avec ou sans traitement aphicide » et cela a permis de montrer « que les solutions testées retardent l'apparition des symptômes et minimisent la perte de rendements liée à la jaunisse dans les conditions de 2025 ». Dans le cadre du Plan national de recherche et d'innovation (PNRI), « on a déployé un ensemble de solutions, sur les cinq premières années, comprenant des produits de biocontrôle, des plantes compagnes et des pulvérisations foliaires avec des produits phytosanitaires (Teppeki, Movento). Aujourd'hui, ces solutions ne permettent pas de se prémunir à 100 % de la jaunisse », déplore Pierre Houdmon.