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Salon International de l'Agriculture

Un avis mitigé

Du 21 février au 28 février, des producteurs du Réseau Bienvenue à la Ferme ont représenté l'Yonne au Salon internationale de l'Agriculture à Paris. Retour sur les ressentis.

Par Charlotte Sauvignac
Salon international de l'Agriculture
Fabien Marroy, producteur de la Ferme du Bois Ramard a eu la chance d'avoir certaines personnalités icaunaises, dont Pascal Jan, préfet de l'Yonne, Gilles Demersseman, conseiller régional et Arnaud Delestre, président de la Chambre d'agriculture de l'Yonne sur son stand.

En foulant les allées du stand régional de Bourgogne-Franche-Comté, nous retrouvons les producteurs du Réseau Bienvenue à la Ferme de l'Yonne. Tout au long de la semaine, ce sont six producteurs, les Escargots d'Armeau, l'Amour est dans le lait, la Ferme du Bois Ramard, le Cassis de la Grange aux Moines, les demoiselles de Manue et Maison Manlène qui sont venues, pour certains pour la première fois et d'autres pour la quatrième année consécutive. Parmi eux, nous retrouvons, en ce mercredi 25 février, Fabien Marroy, céréalier reconverti en paysan boulanger avec le nom de la Ferme du Bois Ramard. Installé depuis 1994 sur la ferme familiale à Charny Orée de Puisaye, cet agriculteur a décidé de diversifier sa production de céréales en ouvrant sa boulangerie et en transformant les céréales en pains campagnards au levain, farine moulue à l'ancienne, pommes de terre et transformation en frites sur le marché. En cette édition 2026 du Salon International de l'Agriculture, c'est la troisième année consécutive que Fabien Marroy se déplace sur Paris, lui permettant de « trouver des clients sur la Région parisienne ». Depuis vendredi, « je suis au Salon et ce que je ressens c'est un manque de visiteurs, sûrement dû au contexte sanitaire concernant les bovins », confie-t-il. Une situation pénalisante pour lui, car « je vends moitié moins que d'habitude par rapport aux années précédentes ». Intégré au sein du Réseau Bienvenue à la Ferme, il témoigne du fait que « le logo a une incidence importante sur ma vente, cela agit comme une référence et les visiteurs y portent attention ». Heureusement, de prochains marchés sont à prévoir dans son agenda : « les samedis à Toucy et les dimanches à Charny-Orée-de-Puisaye ». Dès midi, Fabien Morroy, transforme ses pommes de terre en potatoes, lui « permettant de mieux valoriser ma production ». En mettant ses potatoes à cuire, l'odeur amène les gourmands et les affaires reprennent. Quoi de mieux que d'accompagner une nourriture locale avec des boissons du terroir. Pour cela, les visiteurs en profitent pour se rendre sur les stands de la brasserie la Vaugermaine, Grand Duc, Maddam, SCEA Domaine de la Tour ou encore le Domaine Bon.

Une année spéciale pour les producteurs

D'autres odeurs amènent les visiteurs à stationner devant le « bar à escargots » tenu par les Escargots d'Armeau. Installé depuis 2009 entre Joigny et Sens, Dominique Rouyer élève des escargots, les vends, réalise des préparations à base d'escargots et élèvent des poules pour vendre des œufs plein air. Tout comme Fabien Marroy, Dominique Rouyer est présent tout au long du Salon, depuis maintenant « six ans ». Après quelques années d'expérience, il confirme « le manque de fréquentation. D'après les chiffres, ce serait moins de 25 % de fréquentation. J'ai même l'impression qu'on pourrait dire 30 % ». Même si entre midi et deux, les visiteurs se font sentir devant son stand, il annonce que la vente est impactée, avec « près de 40 % de moins, par rapport aux années précédentes ». Pour donner un ordre de grandeur : « Nous avions prévu 4 000 douzaines pour cette édition, et on pense que l'on vendra à peu près la moitié ». Le reste « sera vendu sur des foires ». Il confie tout de même que « les habitués nous ont cherchés et des touristes suisses et belges sont venus déguster nos productions ». Après ce salon, les Escargots d'Armeau seront présents sur des marchés hebdomadaires à Sens et Joigny. Après avoir dégusté les plats du jour, il est temps pour les visiteurs de chercher le dessert. Certains iront à la rencontre des Macarons de Charlou, ou encore à la Chocolaterie du Palais. Mais sous ce beau temps, plusieurs visiteurs se rendent au stand de Sébastien et de Coralie Fouquet, sous le nom de « l'Amour est dans le lait ». En vendant quelques glaces, dont des glaces à l'italienne, une nouveauté, Coralie Fouquet confie que le climat n'est « pas réjouissant ». Pour une cinquième édition, « nous pouvons d’ores et déjà annoncer que c'est la pire année par rapport à la vente. Nous sommes à 50 % de moins de chiffres d'affaires par jour ». Sébastien Fouquet, quant à lui, témoigne du fait que malgré la proximité du département envers Paris, « les personnes ne connaissent pas l'Yonne, ni notre savoir-faire local ». Cependant, « nous attendons le week-end avec impatience. Les jeunes viennent souvent se désaltérer à notre stand après avoir dégusté des boissons alcoolisées », rigole Sébastien Fouquet. Coralie, elle, se concentre à faire découvrir les glaces à l'italienne à de nouveaux clients ou même aux habitués. « On a voulu oser cette année, en investissant dans une machine à chantilly et dans une machine de glace à l'italienne », ajoute-t-elle. De quoi ravir les papilles des Icaunais aux prémices de la saison estivale.