Le CFPPA d'Auxerre teste de nouveaux cépages
Au mois d'avril, de premiers plants de cépages résistants ont été plantés au sein de la parcelle test du CFPPA agricole d'Auxerre. Un partenariat de longue haleine avec la Chambre d'agriculture.
Dans le contexte du réseau Dephy, recherchant des alternatives aux aléas climatiques, la Chambre d'agriculture de l'Yonne et le CFPPA agricole d'Auxerre ont mis en place une « parcelle test » avec des cépages résistants sur les terres, au mois d'avril. « Enseignant pour différents diplômes viticoles, comme le BPA enjambeur, le BPREA ou encore le TP ouvrier du génie écologique, nous trouvons cela cohérent de détenir une petite parcelle test pour faire travailler les étudiants, concrètement, dans les vignes », confie Mélodie le Toqueu, formatrice au CFPPA agricole d'Auxerre.
Sur une superficie de cinq ares au total, le CFPPA a décidé de placer en terres 336 plants et de les séparer en deux zones « avec une parcelle témoin, comportant des cépages du terroir, comme l'aligoté, le pinot ou encore le chardonnay. Dans le second espace, nous avons fait appel à un pépiniériste situé dans le sud de la France pour avoir différents cépages résistants au changement climatique », poursuit-elle. Parmi ces cépages, nous retrouvons, les cépages « Selenor, Opalor, Lilaro, Sirano, Coliris ». Ce sont des variétés qui ont été sélectionnées en 1999 par « le Weinbau Institut de Freiburg en Allemagne. Ces cépages portent des facteurs de résistance provenant de vignes américaines et asiatiques et se révèlent en outre bien résistants aux maladies fongiques comme le mildiou, l'oïdium, le black-rot et le botrytis ». Porté par la Chambre d'agriculture de l'Yonne et le CFPPA, ce projet a donc pour objectif de « comparer les cépages territoriaux aux cépages issus du sud de la France face au changement climatique et aux maladies fongiques. Mathilde Pinot, conseillère viticole à la Chambre d'agriculture de l'Yonne se chargera du suivi des stades phénologiques (mi-débourrement, floraison, véraison), du suivi sanitaire (mildiou, oïdium, black-rot et botrytis) et du suivi (port, vigueur, carences, résistance à la sécheresse) », ajoute Mélodie le Toqueu. Du côté de l'enseignement, « nous souhaitons avant tout, faire travailler les élèves sur la plantation, les couverts végétaux et le palissage ». À cela s'ajoute, la volonté d'intégrer les vignerons locaux. « Nous les invitons à suivre l'évolution, leur permettant de faire le bilan sur de potentiels futurs investissements », conclut-elle. Affaire à suivre.