Avec l'œil d'un expert
Mathilde Bonneau, animatrice du réseau Cuma Bourgogne Franche-Comté a tenté l'expérience d'être juré pendant les épreuves orales des étudiants en BTS en Analyse, Conduite et Stratégie de l'Entreprise agricole (ACSE), les 24 et 26 juin derniers. C'est à l'EPL des Terres de l'Yonne qu'elle a été convoquée, avec d'autres jurés de départements environnants, à venir évaluer des étudiants du Jura, du Doubs, ou encore de la Marne. Au cours de ce BTS, les étudiants doivent réaliser un stage ainsi qu'un rapport à la fin de la période. « Ils devaient faire un oral pour présenter leur rapport de stage. L'objectif était de donner un diagnostic technico-économique, social, environnemental ainsi que les conditions pédoclimatiques actuelles de l'exploitation dans laquelle les étudiants ont effectué leur stage. Tout ce diagnostic devait tenir au sein de 40 pages », précise l'animatrice. Après ce premier oral, les étudiants devaient répondre aux questions des jurés. Technicienne en machinisme, Mathilde Bonneau s'employait à questionner les jeunes sur « de potentielles charges de mécanisation, sur des structures para-agricoles avec lesquelles les exploitants pouvaient collaborer, etc. ». Toutefois, elle confie que beaucoup d'entre eux, « sont passés à côté des charges de mécanisation, malgré le fait que les exploitants en avaient des élevées ». Dans une seconde partie de la journée, Mathilde Bonneau, a évalué les étudiants sur un second oral : des questions exploratoires. « Nous devons donner un scénario fictif aux étudiants, en détaillant précisément le système, sous plusieurs critères précisément cités, et les étudiants ont une heure pour proposer deux pistes exploratoires qui pourraient améliorer la situation de l'exploitation », explique-t-elle. Au cours de ces épreuves, ce qui ressort pour elle, ce sont deux enjeux majeurs au sein de l'agriculture régionale : « nous ressentons bien que les filières comme l'AOP Comté, par exemple, sont des enjeux majeurs dans le projet des jeunes. À côté de cela, et nous le constatons bien avec les années, la transmission des exploitations reste également essentielle pour maintenir l'agriculture française que nous connaissons », justifie-t-elle.