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Réunion pré-vendange

Vendanges : s'adapter aux épisodes de sécheresses

Même si les parcelles consacrées aux crémants ont commencé à être vendangées, la Chambre d'Agriculture de l'Yonne, la FDSEA de l'Yonne, le BIVB et la MSA ont souhaité maintenir leur réunion pré-vendange, ce mardi 18 août, à l'amphithéâtre du lycée la Brosse à Venoy.

Par Charlotte Sauvignac
Viticulture
La Chambre d'agriculture de l'Yonne, la FDSEA, la MSA et le BIVB ont organisé le 18 août dernier, une réunion pré-vendange à Venoy.

« Nous avons vécu des nuits de gel, notamment le 27 mars où on a atteint les -5,1 °C, ce qui a impacté les secteurs et les moyens de protection. Avec l'absence de pluie, nous avions observé des raisins en blocage physiologique qui ont réussi à atteindre, à ce jour, 100 % de maturité », annonçait Manon Pinot, conseillère viticole à la Chambre d'agriculture de l'Yonne. Face à elle, une trentaine de vignerons, qui ont pour la plupart commencé à vendanger. De manière générale, l'équipe vigne de la Chambre décrivait « une véraison initialement retardée avec les fortes chaleurs et l'absence de pluie, de petites baies et la présence de flétrissement dues aux différents épisodes caniculaires et à la sécheresse, un effet de concentration des sucres importants ainsi que la présence de grillures sur grappes ». Effectivement, cette année exceptionnelle en termes de chaleur, d'intensité et de précocité a généré sur les raisins une baisse de l'acidité, une augmentation du pH et une importante hausse du niveau de sucres. Pour illustrer l'état des lieux du vignoble et estimer les impacts directs des épisodes de sécheresse, Agathe Prin, conseillère vigne à la Chambre, s'est appuyée sur l'enquête réalisée par la Chambre d'agriculture et la FDSEA de l'Yonne. Avec 151 répondants, 36 % d'entre eux ont fait une nouvelle plantation et 83 % ont fait une complantation. Parmi les 36 %, 73 % des plants ont été arrosés au cours de l'année. Avec des résultats provisoires datant du 14 août, on estimait le taux de mortalité à 22 % en moyenne. « Sur une année normale, on estime un taux maximal de mortalité à 5 % », informait-elle. Du côté de la complantation, l'équipe vigne comptabilisait près de 2 241 plants complantés, dont 17 % ont été arrosés. Résultat : l'enquête affiche un taux de mortalité d'environ 55 % en moyenne.

Comprendre le phénomène pour mieux s’adapter

« Tout le monde parle de la sécheresse. En réalité, on devrait parler des sécheresses. La première qui est la plus importante, c'est la sécheresse météorologique. Pour faire simple, c'est quand il y a plus de pluie depuis plus de 7 jours sans précipitations marquées, sur les références de notre département », initiait Théo Allalou, pédologue à la Chambre d'agriculture de l'Yonne. Cette sécheresse météorologique est suivie par la sécheresse dites édaphique ou agricole, c'est celle qui va toucher les sols. Ensuite, « il y a la sécheresse hydrologique, celle qui touche les cours d'eau et les eaux profondes ou souterraines. La dernière est appelée sécheresse socio-économique, c'est-à-dire celle qui se base sur l'impact des trois autres sécheresses ». Ce phénomène s'inscrit dans une dynamique, où sur cinq années, on observe quatre épisodes de sécheresse. « Ces années successives se répercutent sur les autres années. Certaines années, nous sommes en déficit hydrique car nous venons tout juste de sortir d'une année de sécheresse. Cette année, ce qu'on observe, c'est que dès novembre, on était autour de la normale et à partir de décembre, on était en déficit hydrique sur le département », expliquait-il. Ce déficit hydrique va s'accompagner d'une hydrophobie des sols. « Quand nous subissons une chaleur forte et prolongée, on va avoir un sol qui va se refermer et on va avoir une vie qui va se ralentir. C'est un phénomène généralement temporaire, on le voit à peu près tous les étés, mais en fonction de la sécheresse et de l'intensité de l'été, ce phénomène est plus ou moins long ». Ce mardi 18 août, Théo Allalou convenait que l'année 2026 était l'année de tous les records. Pour terminer sur une bonne note, il a proposé différents leviers d'adaptation : « les matières humidifiées améliorent indirectement la rétention en eau et la résistance à la compaction. Grâce à l'activité biologique, l'eau s'infiltre au lieu de ruisseler. C'est un levier direct de la lutte contre l'hydrophobie et la déstructuration des sols. En dernier lieu, les pratiques culturales, comme l'enherbement maîtrisé, les couverts, ou encore le travail en verticalité plutôt qu'en retournement sont des méthodes intéressantes », concluait-il.