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Services de remplacement

La clé de la réussite est à l'accueil !

Les Services de Remplacement ont tenu leur congrès national à la Saline Royale d'Arc-et-Senans, dans le Doubs. 220 congressistes, élus, collaborateurs et agents de remplacement venus de toute la France ont échangé autour d'un enjeu majeur : faire de l'accueil des adhérents un levier d'amélioration de la qualité de vie et des conditions de travail des agents de remplacement.

Par Ludovic Barbarossa
La clé de la réussite est à l'accueil !
220 congressistes ont assisté durant trois jours aux travaux de SR France à la Saline royale d'Arc-et-Senans.

QVCT ! Comprenez par-là : Qualité de Vie et Conditions de Travail. Un projet porté par Services de remplacement (SR) France, en partenariat avec l'Agence nationale d'amélioration des conditions de travail (Anact), visant à structurer et améliorer les pratiques en matière d'accueil et d'accompagnement des agents de remplacement au sein des exploitations adhérentes. Il a été largement abordé lors du congrès national des SR, organisé du 19 au 21 mai dans le Doubs, à la Saline Royale d'Arc-et-Senans. « Depuis notre précédent congrès, il y a deux ans, indiquait Corentin Lochon, président de SR France, qui était consacré à la QVCT, nous avons franchi une étape importante. Nous sommes passés d'une phase de sensibilisation à une dynamique d'action. Grâce à l'engagement des membres du réseau, de nombreux travaux ont été conduits autour de sujets essentiels comme le genre, les violences sexistes et sexuelles au travail ou encore les situations de remplacement dégradées, génératrices de charge mentale pour l'ensemble des acteurs. » S'appuyant sur une large mobilisation du réseau, ce projet a réuni des agents, des adhérents et des collaborateurs administratifs issus de l'ensemble du territoire. Il a permis de construire un diagnostic partagé et d'identifier des axes d'amélioration prioritaires. Les réflexions menées ont conduit à l'élaboration de solutions opérationnelles adaptées aux situations rencontrées, tant en contexte d'urgence que de non-urgence.

Et les toilettes, on en parle ?

« Je prends un exemple, soufflait Catherine Faivre-Pierret, agricultrice du Doubs, lors d'une table ronde. Une inséminatrice m'a glissé qu'il était agréable de venir sur mon exploitation… car il y avait des toilettes ! Sinon, comment fait-elle ? Elle s'arrête dans les bois ? J'ai aussi une autre remarque sur les équipements de protection individuelle avec un stagiaire qui mesurait plus de 2 mètres et chaussait du 52 ! » Ce congrès a surtout marqué une nouvelle étape : celle de l'appropriation collective et de sa mise en œuvre concrète. Pas vraiment un hasard. « Nous avons fait le choix d'aborder la qualité de vie et des conditions de travail par un prisme central et structurant : la relation avec l'adhérent. Car cette relation, dès le premier contact et tout au long du parcours d'adhésion, influence directement les conditions d'exercice des agents de remplacement, mais aussi celles des collaborateurs administratifs et des élus" poursuivait Laurent Ducray, président du Service de remplacement Bourgogne Franche-Comté (BFC). À travers une approche innovante fondée sur un jeu, les congressistes étaient invités à expérimenter, observer, analyser et enrichir leurs pratiques. Avec un objectif clair : permettre à chacun de prendre conscience de son rôle et de sa responsabilité dans la construction d'un environnement de travail plus respectueux, plus équilibré et plus durable.

De la blague au calendrier

« Est-ce qu'une blague sexiste juste entre deux personnes complices est répréhensible ? » interrogeait un congressiste. « La justice répond par l'affirmative en développant la notion de « harcèlement d'ambiance » car cet échange peut être capté par un témoin chez qui cela peut réveiller un passé douloureux » soulignait une spécialiste. Un harcèlement d'ambiance qui peut aussi prendre la forme d'un calendrier avec des photos de mannequins en tenue légère, voire dans le plus simple appareil ! « Ce congrès, concluait le président de SR France, était aussi l'occasion de valoriser le chemin parcouru, de partager des outils concrets issus du terrain et de renforcer notre ambition collective : faire vivre les valeurs du Service de Remplacement pour engager un cercle vertueux d'amélioration continue de nos services. Parce que la qualité de vie au travail ne se décrète pas, mais se construit collectivement, nous sommes convaincus que c'est en agissant sur la relation avec nos adhérents que nous pourrons durablement améliorer les conditions de travail de tous. »

Une application née en BFC

On aura beaucoup parlé, lors de ce congrès, des conditions d'accueil et de travail des agents. Avec une déclinaison opérationnelle concrète : l'application mobile « Mon service de remplacement » Derrière cet outil, on pourrait imaginer une usine à gaz montée à l'autre bout de la planète. Que nenni ! L'appli a vu le jour en Bourgogne Franche-Comté (BFC) grâce à l'engagement d'adhérents motivés pour mettre à niveau et faire progresser la prise de consignes à distance, mais aussi faciliter les remplacements d'urgence. À cette occasion, un partenariat avec les MSA de Bourgogne et de Franche-Comté a vu le jour pour accompagner son financement. « Nous avons travaillé avec un opérateur local au moment de la période Covid. Après une phase de tests, nous avons pu lancer l'outil qui, aujourd'hui, peut être repris partout en France » soulignent Laurent Ducray, président des SR BFC et Mickaël Paris, président du SR 25. Une application qui s'avère gagnant-gagnant ! En tant qu'adhérent, vous sécurisez le fonctionnement de votre exploitation : faire ses demandes, préparer votre remplacement, transmettre clairement vos tâches, valider et signer vos feuilles de temps… Côté agent, vous recevez rapidement les informations de vos missions, affichez votre planning de la semaine visualiser vos tâches et horaires, renseigner et signer votre feuille de temps… Deux vidéos sont venues illustrer le fonctionnement de l'application. Et de l'avis des utilisateurs, l'essayer, c'est l'adopter !

Ils ont dit

Stéphane Sauce, président de la FRSEA BFC : « Je soulignerai le travail collectif et intelligent entre le SR et les groupements d'employeurs où chacun est à sa place. On compte près de 7 000 adhérents en BFC au SR. Je rappellerai que l'adhésion au SR ne doit pas être une histoire de coûts financiers. Car quand un drame survient, il faut bien trouver des solutions. Et quand vous êtes adhérents au SR, vous êtes déjà dans la démarche. »

Christian Morel, vice-président du Conseil régional : « La Région participe à hauteur de 400 000 € annuels pour le fonctionnement des SR. La BFC est l'une des régions, si ce n'est la région, la plus généreuse dans ce domaine… Le SR peut être un tremplin pour l'installation mais on peut faire aussi carrière au SR ! »