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Apprendre sur le terrain

Depuis le mois de novembre 2025, Flavie Legrand, associée au Gaec des Pernets, a embauché une salariée, dans le cadre d'un contrat de professionnalisation pas comme les autres.

Par Charlotte Sauvignac
ANEFA
de gauche à droite : Flavie Legrand et Pauline Chemel.

Depuis novembre dernier, Flavie Legrand, éleveuse en vaches laitières et associée du Gaec des Pernets a commencé un contrat « pas comme les autres » avec Pauline Chemel. Au départ, « Flavie Legrand était intégrée au sein du dispositif Défi Emploi, un accompagnement ciblé pour former un nouveau salarié au sein d'une entreprise de moins de 11 salariés », explique France Lahutte, animatrice emploi à l'Anefa. Cependant, « ce défi ne convenait pas également au cas de l'exploitante, je lui ai donc conseillé le contrat de professionnalisation Ocapiat qui permet d'intégrer un nouveau salarié, devant être formé en interne par un salarié de l'entreprise. La période de formation peut être de 6 mois à 36 mois maximum. Ce qui est important à retenir c'est que le salarié qui exerce le tutorat doit réaliser une formation en distanciel pour avoir le droit de former », ajoute-t-elle. En tant qu'animatrice emploi, son rôle était donc de : « réaliser le plan de formation, en adéquation avec la volonté de la cheffe d'exploitation et avec la salariée. Par la suite, le salarié doit « monter en compétence » en s'adaptant à la grille donnée par la convention collective nationale (CNN) ». Aux côtés de France Lahutte, Flavie Legrand confie le soulagement de « ne pas avoir à s'occuper de cette partie-là ». Les deux femmes, Flavie et Pauline ont donc choisi un contrat avec une période de formation de « six mois » qui se conclut sur un potentiel CDI « classique ». Pauline Chemel, se souvient encore de la difficulté d'intégrer un secteur où « elle ne connaissait rien ». « En déménageant avec mon conjoint, j'ai eu envie d'intégrer ce secteur, et notamment l'élevage », confie-t-elle, et aujourd'hui, « je suis attachée aux bêtes ». À ses débuts, Pauline témoigne « du stress dans lequel elle se trouvait » et la période d'observation importante « par laquelle je suis passée » afin de pouvoir comprendre le « comportement des bovins et de potentiels symptômes en cas de problématiques ». En regardant Flavie Legrand, le sourire aux lèvres, la salariée témoigne du fait que « tant que le boulot est fait, je ne suis pas pressée ».

« Un tempérament assez dynamique »

De son côté, Flavie Legrand revient sur le fait qu'au début : « cela demande plus de travail pour nous, car nous n'hésitions pas à montrer les gestes, les façons de faire pour lui apprendre. Nous avons des échanges constructifs et en donnant la confiance dès le début, cela a permis à la salariée d'être plus à l'aise ». Pour l'exploitante, le plus important, c'est la communication. « J'essaie de bien signaler lorsqu'il y a des petites erreurs pour éviter les malentendus. Nous avons décidé d'avoir le même cahier au sein de l'exploitation pour savoir le rythme dans lequel le GAEC se trouve », informe-t-elle. Après quelques semaines dédiées à l'apprentissage de Pauline, Flavie Legrand a ralenti le rythme lui permettant « de prendre un peu plus de temps pour moi ». Avec son mari, elle ne « pensait jamais à prendre des vacances » et depuis l'arrivée de Pauline, « nous partons le mois prochain en vacances ». Au-delà de la main-d’œuvre supplémentaire, la salariée travaille également sur l'informatique, « car elle est plus à l'aise que moi », sur le bouclage, car « le salarié du Service de Remplacement lui a appris quand il était sur place » et désormais cela ne fait plus partie des difficultés que Flavie Legrand rencontre. Et lorsque la période de formation sera terminée, « nous pensons à lui proposer des formations supplémentaires sur l'homéopathie ou encore l'insémination », imagine l'exploitante.