Le Nivernais Romain Rogemont double champion
Le 21 février, au Salon international de l’agriculture, le Nivernais Romain Rogemont, élève au CFPPA de Charolles, en Saône-et-Loire, a remporté le titre de Meilleur Jeune Berger de France 2026 lors de la finale nationale des Ovinpiades à Paris. Il est aussi sacré au niveau européen !
La victoire obtenue par le Nivernais Romain Rogemont, natif d'Alluy, lors de ces Ovinpiades organisées dans le cadre du Salon international de l'Agriculture (SIA) dépasse le seul cadre régional puisque cet élève du CFPPA de Charolles a également été sacré Meilleur Jeune Berger d’Europe 2026 à l’issue d’une épreuve organisée en parallèle de la finale nationale, réunissant des candidats venus de plusieurs pays européens. Cette double distinction confirme son niveau technique et met en lumière la qualité de la formation dispensée au CFPPA de Charolles, établissement reconnu pour son expertise en filières et productions animales. Pour sa deuxième finale nationale, Romain Rogemont, qui avait déjà concouru en 2024, terminant alors à la seconde place, a participé « avec un esprit de compétition, mais aussi de partage avec les autres jeunes qu’on rencontre ».
« Une fibre ovine »
Quelques instants avant les épreuves, il se concentrait, avouant s'être encore plus entraîné que la première fois. « Il faut une fibre ovine, une rigueur dans les gestes mais aussi savoir se remettre en question dans l’élevage ovin aujourd'hui », confiait-il avec une belle mentalité et maturité. « Fier de représenter la Bourgogne, où l’élevage ovin a raison d'être », Romain Rogemont a accompli « son rêve d'enfant ». Il a remercié immédiatement « la race qui m’a donné cette passion, celle du mouton Charollais », partageant ainsi sa belle victoire avec tous les éleveurs passionnés. La Bourgogne était également représentée par Arthur Iwasuila, élève de l’EPL de Fontaines, qui se classe 21ᵉ au niveau national. Les Ovinpiades plongent les candidats dans des situations professionnelles concrètes. Les épreuves évaluent la capacité à trier des brebis à l’aide d’un lecteur électronique, apprécier l’état corporel et sanitaire des animaux, parer les onglons, choisir un bélier adapté à un objectif de reproduction, reconnaître des races ou encore estimer l’état d’engraissement d’agneaux. En 2026, la pose d’une clôture électrique s’est ajoutée au programme. Ces mises en situation traduisent la réalité du travail d’un élevage ovin, où technicité, précision des gestes et capacité d’analyse conditionnent la performance.
Un beau signal pour la filière
Au-delà du concours, ces résultats interviennent dans un contexte stratégique pour la filière. La France compte 6,61 millions d’ovins répartis dans 30 186 exploitations. La moitié des éleveurs de brebis ont aujourd’hui 50 ans ou plus. Chaque année, environ 500 installations viennent remplacer 500 départs, maintenant un équilibre fragile. Dans le même temps, 59 % de la viande ovine consommée en France est importée. La filière s’est fixé l’objectif de produire un million d’agneaux supplémentaires par an afin de réduire cette dépendance. En 2024, le prix moyen de l’agneau atteignait 9,43 euros le kilo de carcasse, illustrant un contexte de marché porteur. En Bourgogne, et notamment dans la Nièvre, l’élevage ovin constitue un levier d'installation, de diversification et de valorisation des surfaces, par exemple en complément des systèmes bovins ou en polyculture-élevage. Il contribue à la vitalité économique des territoires. La dynamique de formation et d’accompagnement technique demeure déterminante pour transformer l’essai et encourager de nouvelles installations. La réussite de Romain Rogemont illustre le rôle central des établissements agricoles dans la transmission des savoir-faire et dans la préparation à l’installation. Elle envoie également un signal fort à l’ensemble de la profession : la relève est formée, compétente et engagée.