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Productions végétales

Au nord de Dijon, c'était le houblon

Une journée de rencontres entre acteurs brassicoles s'est tenue le 26 février à Saint-Julien. Le développement du houblon local en était le fil directeur.

Par AG
Au nord de Dijon, c'était le houblon
Brice Mosa, de la Ferme d'Orveau, a présenté ses cultures. Le houblon est une liane caduque qui pousse chaque année sur plusieurs mètres. Les fleurs, des cônes très odorants qui sont utilisés pour parfumer la bière, sont récoltées fin août-début septembre.

Si vous voyez de grands poteaux érigés dans un champ, il y a plus de chance que ce soit du houblon que le tournage de Koh-Lanta. La Côte-d'Or compte effectivement plusieurs houblonnières et un collectif de producteurs s'est créé en 2024 avec l'accompagnement de la Chambre d'agriculture. Une journée dédiée au développement du houblon local était organisée la semaine dernière à la Ferme d'Orveau à Saint-Julien, au nord de Dijon.

Un investissement commun

Les quatre exploitations concernées par le collectif « Cône d'Or » sont les suivantes : Les Houblons de la Tille (Saulx-le-Duc), Houblon de Lux (Bourberain), La houblonnière du Château (Corberon) et donc la Ferme d'Orveau. Plusieurs de ces producteurs avaient sollicité individuellement les services de la Chambre d'agriculture de Côte-d'Or pour un accompagnement technique. « L'idée de créer un collectif s'est alors imposée, dans le but de s'entraider et travailler ensemble, notamment sur une thématique ciblée par tous : la commercialisation », présentent Alice Faivre et Alice Cubillé, conseillères à Bretenière. Ce rendez-vous du 26 février a permis à plusieurs acteurs de se rencontrer et d'échanger (brasseurs, malteurs, producteurs d’orge, collectivités, animateurs, techniciens, en plus des houblonniers). Une unité de pelletisation, achetée en commun par ces derniers, a été inaugurée par la même occasion. « Cet investissement a bénéficié d'une subvention dans le cadre de la séquence ERC (Éviter, Réduire, Compenser), permise par la consommation foncière de la création du parc solaire de Til-Châtel », précisent les deux techniciennes, en rappelant que les cônes récoltés par les producteurs ne sont pas toujours directement utilisables par les brasseurs. Cet investissement permet donc aux houblonniers de se professionnaliser. La production des quatre houblonnières côte-d'oriennes est susceptible de couvrir 30 % de la part de marchés des malteurs du 21.

Témoignage

Vincent Ursenbach, agriculteur à Saulx-le-Duc, s'est installé en 2022 après une reconversion professionnelle. L'essor des brasseries locales et son lien avec la terre familiale (où du houblon était déjà produit il y a plusieurs décennies) l'ont conduit à se lancer dans une houblonnière. Le Côte-d'orien partage avec nous différentes facettes de son métier : « le houblon est une plante grimpante qui atteint chez nous les six ou sept mètres. En Alsace, il atteint même les 10 mètres de haut. Dans mon cas, j'ai 3 000 pieds sur 1,5 ha. On peut s'attendre à récolter entre 500 kg et 1 tonne de cônes par hectare. Nous comptons en produits secs. Il faut généralement trois ans pour que la production arrive à son rythme de croisière. Nous sommes tous très heureux d'avoir ce soutien de la Chambre d'agriculture. Son aide pour la commercialisation est notamment précieuse. Avant d'avoir cette unité de pelletisation, nous passions souvent par de la prestation de services. Oui, une petite filière locale s'est créée ! D'autres démarches sont en cours de travail sur notre département, notamment au niveau du malt local et des drêches. Nous avons tenu à en convier certains acteurs aujourd'hui pour faire du lien entre nos thématiques toutes liées à la filière brassicole ».

Les producteurs de houblons, entourés des deux techniciennes de la Chambre d'agriculture et Sylvain Tscherter, président de la commission « valorisation des ressources locales ».