Du foin en mai
La semaine écoulée a été propice à la récolte de fourrages. Y compris celle du foin, exceptionnellement précoce cette année.
Pour monter dans un tracteur et discuter avec un agriculteur vendredi dernier, nous n'avions que l'embarras du choix. Des exploitants, il y en avait partout dans les prairies ! Les conditions étaient excellentes pour récolter l'herbe. Notre « destin » nous a menés vers Sylvain Thibault, dans le canton d'Arnay-le-Duc. L'habitant du village de Mimeure enchaînait son septième jour de récolte consécutif, avec 160 ha déjà fauchés avec son compère Bruno Millot, de Clomot : « ça va très vite et bien, ce n'est pas tous les ans comme ça. Nous avons commencé par l'enrubannage, le 20 mai. La première botte de foin date du 25 mai. Oui, c'est très précoce, je ne sais pas si cela est déjà arrivé chez nous ».
Ça va le faire
L'éleveur de 110 vaches charolaises n'était pas mécontent de la récolte et ce, pour plusieurs raisons : « il n'y a pas des quantités extraordinaires, je dirais entre 3,5 et 4 t/ha, mais c'est juste ce qu'il me faut. Je pense arriver au nombre de bottes nécessaires pour passer une année normale. Le gros point positif est la qualité : nous devons être à 14 % de protéines ce qui est très bien. Il ne fallait pas tarder pour récolter et maintenir cette qualité car, avec ces chaleurs, plus les jours passent et plus ce taux va diminuer. Je préfère cette récolte que celle d'il y a deux ans : il y avait énormément de foin mais celui-ci ne valait rien ! Un autre point positif est le calendrier : les foins vont être terminés et nous pourrons aller faire de la paille, à temps, dans le pays beaunois. Car oui, les moissons vont débuter très rapidement elles aussi. Certaines années, il faut aller presser la paille alors que le foin n'est pas encore terminé ici : cette fois, nous serons dans les clous. Et récolter l'herbe si tôt nous permet d'espérer une seconde récolte, ce n'est pas impossible ».
Échos de la Chambre
Matthieu Javelle, conseiller à la Chambre d'agriculture de Côte-d'Or, confirme la précocité exceptionnelle des foins 2026 : « Des récoltes ont déjà eu lieu fin mai, mais dès le 20 ou le 21 de ce même mois, personnellement, je n'en ai pas souvenir. Quelque part, ce n'est pas très étonnant car, avec le changement climatique, toutes les dates de récolte ont tendance à avancer d'année en année… En ce qui concerne les résultats, la qualité des fourrages qui ont été récoltés tôt semble très bonne effectivement. En quantité, c'est en revanche décevant. Il y a beaucoup de disparités selon les secteurs et la conduite. Ceux qui ont fertilisé fin janvier-début février s'en sortent généralement un peu mieux : le démarrage de la végétation avait pu se faire dès le mois de mars avec de bons tallages, quand l'eau ne manquait pas encore. Le mois d'avril, très sec et avec très peu de précipitations, a fait beaucoup de mal. Il y a eu beaucoup de stress hydrique, la densité de la végétation est restée très faible ».