Irrigation : une année exceptionnelle, évidemment
Les systèmes d'irrigation tournent « plein pot » depuis des semaines avec cette météo inédite.
Un « mixte entre 1976 et 2003 », décrit Frédéric Le Grand, agriculteur à Noiron-sous-Gevrey et président des irrigants de Côte-d'Or. Cette année 2026 entrera à coup sûr dans les mémoires avec ses canicules à répétition. Et qui dit longue sécheresse, dit grands besoins en eau. L'irrigation, qui concerne environ 200 agriculteurs à l'est du département, a commencé dès la fin mai avec un premier épisode de très fortes températures. « Il a fallu intervenir vite, très vite. Certains se sont même affranchis des contraintes administratives pour arroser, notamment leurs oignons repiqués. Et ils ont bien fait ! », retrace Frédéric Le Grand. L'irrigation n'a pratiquement jamais cessé depuis : « les arrosages se sont vite généralisés pour préserver le potentiel des récoltes. Hormis deux ou trois jours après le 14 juillet, les robinets n'ont jamais été coupés depuis le 15 juin. Cela est déjà arrivé de commencer aussi tôt, mais ce qui est vraiment exceptionnel cette année, c'est la durée. Et cette sécheresse, nous n'en voyons pas sa fin. La Côte-d'Or est désormais presque toute en crise ».
Pas assez
Environ sept millions de litres d'eau ont été accordés cette année aux irrigants côte-d'oriens. « Pour répondre à tous les besoins des végétaux, il aurait fallu un volume 50 % plus important, au minimum », estime Frédéric Le Grand. Le responsable professionnel, en contact quasi-permanent avec les services de la Chambre d'agriculture et l'administration, tient à saluer la qualité des échanges : « notre relation avec la Chambre est excellente et nous permet de travailler dans les meilleures conditions. Des réunions sont fréquemment organisées avec la préfecture et là aussi, il faut se réjouir d'un point : la nouvelle préfète a bien conscience des enjeux agricoles, elle tient absolument à nous donner les moyens de produire dans ces conditions extrêmes ».
Pour les éleveurs
« L'irrigation démontre toute sa pertinence dans ce type de campagnes. Sans eau, les baisses de rendements tourneraient très certainement entre -50 et -70 % selon les productions », poursuit Frédéric Le Grand. Si les cultures les plus arrosées sont le maïs semences, les oignons et les pommes de terre, le maïs entre lui aussi dans le dispositif, à titre exceptionnel. « En effet, des maïs initialement destinés pour les grains vont être réorientés en ensilage dédié aux exploitations d'élevage qui manqueront de fourrages. L'irrigation est permise dans ce cas précis, c'est une très bonne chose et un bel exemple de solidarité », se félicite le président du syndicat des irrigants. Si cette sécheresse est bien hors normes, le Côte-d'orien tient à rassurer sur l'état des nappes : « c'est extrêmement sec en surface mais les stocks invisibles, sous terre, eux, sont aussi importants qu'une année normale. Dans tous les cas, ce n'est pas l'irrigation qui perturbe le fonctionnement des cours d'eau. Les premiers qui se sont retrouvés à sec ne se trouvent pas dans la zone des irrigants ».