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Visite d'essai

Résil’Yonne : prolonger la recherche par de nouvelles pistes

Le 9 septembre, Soufflet Agriculture, l'UPVY, Seine Yonne et la Chambre d'Agriculture de l'Yonne ont organisé une visite sur les essais réalisés dans le cadre de Résil'Yonne. Focus.

Par Charlotte Sauvignac
Visite d'essai
Catherine Robillard, responsable agronomique à SeineYonne et Charles Van Goetsenhoven, coordinateur agronomique donnaient des éléments supplémentaires sur les cultures testées aux agriculteurs intéressés.

« Selon les projections, le cumul médian des pluies passe de 679 mm/an sur la période de référence à 723 mm/an en milieu du XXIe siècle et 743 mm/an à la fin du siècle », annonçait Marie Bouillé, conseillère en grandes cultures à la Chambre d'agriculture de l'Yonne, le 9 septembre dernier sur des parcelles à Foissy-sur-Vanne dans le cadre du projet Résil'Yonne. Ce projet est financé par le Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté. Globalement, la conseillère évaluait de nombreux changements climatiques : un risque de gel réduit dans les années à venir, un risque d'échaudage plus important et précoce et des « pluies efficaces » en diminution, conduisant à des sols secs, des faux semis et semis plus difficiles à réaliser. À ses côtés, Oana Poisson, animatrice de l'UPVY reprenait le flambeau. Face aux annonces faites par Marie Bouillé, Oana Poisson poursuivait donc « en expliquant les choix ayant mené à la sélection des cultures testées, afin de s’adapter à ces nouvelles conditions climatiques dans l’Yonne ».

Un maître mot : s'adapter

Nous avons découvert la culture de chia, originaire du Mexique, qui supporte « la sécheresse une fois implantée. Cependant, il faut éviter les sols superficiels pour garantir un bon rendement ». Cette culture « est très avantageuse car il n'existe pas de culture de la même famille dans nos rotations, cela permet donc de casser le cycle des adventices ». Oana Poisson précisait également, qu'en France, « les variétés natives fleurissent en octobre ce qui ne permet pas de fructifier. Deux variétés sont adaptées au climat français aujourd'hui : Oruro commercialisée par Agrofun, peut fleurir en photopériode longue ; Monca commercialisée par Grain a été sélectionnée pour sa précocité ». Cette culture se commercialise uniquement pour l'alimentation humaine, avec « des marchés de niche majoritairement en agriculture biologique ». Catherine Robillard, responsable agronomique à SeineYonne et Charles Van Goetsenhoven, coordinateur agronomique à Soufflet, ont conseillé « de récolter du moment que 80 % de la récolte est mûre » et « de semer tardivement car cela présente de nombreux bénéfices ».

Nous avons par la suite, parcouru la culture du millet, principalement connu au Moyen-Orient, en Asie Centrale, ainsi qu'en France : dans la région Centre Val-de-Loire où l'on trouve près des trois quarts de la production française. C'est une culture qui a besoin de chaleur et qui est très adaptée aux conditions sèches. À ce jour, le millet est voué à l'alimentation humaine (en boulangerie) et animale (en variétés fourragères et en oisellerie). Les deux techniciens ajoutaient à leur tour que le millet avait subi en 2025 « des dommages liés au gibier selon les variétés ». La culture de fenugrec avait également été testée, mais finalement abandonnée par manque de débouchés. En parallèle, les partenaires du projet ont également choisi de tester la culture de sésame et de lin jaune. En 2025, le sésame a subi « des problèmes de germination des graines » et le lin jaune a été attaqué par de petites altises « malgré une protection insecticide soutenue ». Les recherches se poursuivent donc par les organismes partenaires.

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