Rencontre Afdi
Un questionnement Nord-Sud
Cette année, le réseau Afdi (Agriculteurs français et développement international) s’est rencontré à Besançon mi-novembre. Le débat tournait autour du développement agricole et de la valorisation des filières et des territoires. Témoignages et expériences.
Parce que le Crédit agricole de Franche-Comté est partenaire d’Afdi (Agriculteurs français et développement international), il semblait tout naturel que la journée nationale du réseau national d’Afdi se tienne à Besançon.
Ce vendredi 18 novembre, dans l’après-midi, Michel Renevier, vice-président de la Chambre régionale d’agriculture de Bourgogne-Franche-Comté donne le la à la table ronde qui occupera une bonne partie de l’après-midi. Celle-ci débat de l’organisation, tant des filières que des interprofessions. « À condition de veiller à ce que ce développement soit ancré dans leur territoire. » Très naturellement, avec la présence de Claude Vermot-Desroches, président du CIGC (Comité interprofessionnel de gestion du comté), le comté sera mis en avant. Mais d’autres témoignages vont corroborer l’impérieuse nécessité de s’organiser collectivement.
Du haut de ses nouvelles responsabilités, Michel Renevier met en avant les 200 produits bourguignons et francs-comtois qui bénéficient d’un signe de qualité. « Ce sont autant d’exemples de développement qui sont liés à leur ancrage territorial et à leur mode d’organisation. »
Histoire d’enfoncer le clou, le vice-président revendique cette tradition qui s’appuie sur la coopération et l’esprit mutualiste. « Grâce à la mobilisation de tous les acteurs. » Il est vital que les producteurs revendiquent toute leur place dans leurs interprofessions. Ces dernières se doivent d’engager des plans de formation : pour tendre vers le haut de gamme. « Et surtout pour que la valeur ajoutée soit équitablement répartie sur toute la filière. » À condition que ces interprofessions soient d’abord des espaces de dialogue et de concertation.
Distorsion de concurrence
« Chez nous, le lait local n’est pas vraiment considéré », déplore Adama Ibrahim Diallo. Au Burkina Faso, le lait reconstitué a pris le dessus. L’organisation locale des producteurs prend donc tout son sens. « Nous avions besoin de sécuriser la consommation et de valoriser la production locale », soutient le président burkinabé des mini-laiteries. Aujourd’hui, 48 mini-laiteries situées dans une douzaine de régions collectent le lait de 18 000 producteurs. En fonction des moyens de productions et de la distance de collecte, les mini-laiteries traitent entre 50 et 400 l par jour.
Séparés par le Mali, les éleveurs laitiers du Sénégal situés autour de Kolda ont aussi créé leur interprofession. Et trois cents producteurs alimentent une vingtaine de mini-laiteries. Mais le souci que porte Seydou Baldé, transformateur du Sénégal, concerne la concurrence de la surproduction européenne qui commence à se répandre sur leurs marchés. «Pour pallier a cela, nous avons installé des kiosques à lait.» Mais question tarif, la concurrence est plus qu’âpre ; tout comme au Burkina Faso. «Le lait reconstitué coûte 0,25 cts/€ contre 1 € pour notre lait entier produit localement», annonce Adama Ibrahim Diallo.
Par le fait, le combat s’engage maintenant sur un terrain politique : faire en sorte que le gouvernement défende le lait local ; quitte à mettre en place des barrières douanières afin de développer le lait local. Une illusion ? Certainement pas. L’union des mini-laiteries travaille sur un étiquetage. Pour mettre en avant une marque et surtout du lait équitable : « Faire Faso ! », un écho à la proximité de plus en plus revendiqué par les producteurs du Nord.
Ce vendredi 18 novembre, dans l’après-midi, Michel Renevier, vice-président de la Chambre régionale d’agriculture de Bourgogne-Franche-Comté donne le la à la table ronde qui occupera une bonne partie de l’après-midi. Celle-ci débat de l’organisation, tant des filières que des interprofessions. « À condition de veiller à ce que ce développement soit ancré dans leur territoire. » Très naturellement, avec la présence de Claude Vermot-Desroches, président du CIGC (Comité interprofessionnel de gestion du comté), le comté sera mis en avant. Mais d’autres témoignages vont corroborer l’impérieuse nécessité de s’organiser collectivement.
Du haut de ses nouvelles responsabilités, Michel Renevier met en avant les 200 produits bourguignons et francs-comtois qui bénéficient d’un signe de qualité. « Ce sont autant d’exemples de développement qui sont liés à leur ancrage territorial et à leur mode d’organisation. »
Histoire d’enfoncer le clou, le vice-président revendique cette tradition qui s’appuie sur la coopération et l’esprit mutualiste. « Grâce à la mobilisation de tous les acteurs. » Il est vital que les producteurs revendiquent toute leur place dans leurs interprofessions. Ces dernières se doivent d’engager des plans de formation : pour tendre vers le haut de gamme. « Et surtout pour que la valeur ajoutée soit équitablement répartie sur toute la filière. » À condition que ces interprofessions soient d’abord des espaces de dialogue et de concertation.
Distorsion de concurrence
« Chez nous, le lait local n’est pas vraiment considéré », déplore Adama Ibrahim Diallo. Au Burkina Faso, le lait reconstitué a pris le dessus. L’organisation locale des producteurs prend donc tout son sens. « Nous avions besoin de sécuriser la consommation et de valoriser la production locale », soutient le président burkinabé des mini-laiteries. Aujourd’hui, 48 mini-laiteries situées dans une douzaine de régions collectent le lait de 18 000 producteurs. En fonction des moyens de productions et de la distance de collecte, les mini-laiteries traitent entre 50 et 400 l par jour.
Séparés par le Mali, les éleveurs laitiers du Sénégal situés autour de Kolda ont aussi créé leur interprofession. Et trois cents producteurs alimentent une vingtaine de mini-laiteries. Mais le souci que porte Seydou Baldé, transformateur du Sénégal, concerne la concurrence de la surproduction européenne qui commence à se répandre sur leurs marchés. «Pour pallier a cela, nous avons installé des kiosques à lait.» Mais question tarif, la concurrence est plus qu’âpre ; tout comme au Burkina Faso. «Le lait reconstitué coûte 0,25 cts/€ contre 1 € pour notre lait entier produit localement», annonce Adama Ibrahim Diallo.
Par le fait, le combat s’engage maintenant sur un terrain politique : faire en sorte que le gouvernement défende le lait local ; quitte à mettre en place des barrières douanières afin de développer le lait local. Une illusion ? Certainement pas. L’union des mini-laiteries travaille sur un étiquetage. Pour mettre en avant une marque et surtout du lait équitable : « Faire Faso ! », un écho à la proximité de plus en plus revendiqué par les producteurs du Nord.