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FNB

Un congrès avec des prix et des envies de relance

Le récent congrès de la Fédération nationale bovine (FNB) à Clermont-Ferrand avait ceci de particulier que, pour la première fois, il se tenait dans un contexte de prix rémunérateurs pour les éleveurs. De quoi favoriser une nécessaire relance des naissances. C'est ce qu'espèrent Jean-Luc Gerbron et Romaric Gobillot, éleveurs de Côte-d'Or et de la Nièvre, qui livrent ici leur ressenti.

Par Berty Robert
Un congrès avec des prix et des envies de relance
Ce congrès 2026 s'inscrivait à la fois dans un contexte de cours de la viande favorables et de sortie de crise de la DNC.

Jean-Luc Gerbron, éleveur en Côte-d'Or, et Romaric Gobillot, éleveur de la Nièvre et président de la Fédération régionale bovine (FRB) étaient au congrès de la Fédération nationale bovine (FNB), organisé à Clermont-Ferrand. Ils reviennent sur ce rendez-vous qui avait un goût particulier cette année. « Pour la première fois, explique Jean-Luc Gerbron, un congrès FNB a pu se tenir dans un contexte où les cours de la viande sont supérieurs aux coûts de production, ce qui ne s'était jamais vu ! » Même constat du côté de Romaric Gobillot : « un congrès positif, apaisé, le premier au cours duquel les éleveurs sont rémunérés ! » Ce constat fut une vraie satisfaction, exprimée en ouverture du congrès. « Cela signifie que le travail qui a été fait a débouché sur des résultats, poursuit Jean-Luc Gerbron. Les négociations menées ont porté leurs fruits. » Reste que la problématique de la décapitalisation aura beaucoup occupé les débats : « constatée depuis plusieurs années, elle se poursuit, déplore Romaric Gobillot. Dans la Nièvre, en dix ans, on a perdu 20 % de naissances. La priorité aujourd'hui, c'est de produire pour contrer les effets des accords du Mercosur. Toutes les régions font remonter la nécessité de travailler sur les naissances. Cet aspect est vraiment une préoccupation commune. »

Des leviers pour relancer les naissances

« La problématique de la relance des naissances est nationale, poursuit de son côté l'éleveur côte-d'orien, mais en Région BFC, cela nous préoccupe particulièrement : La Fédération régionale bovine (FRB) a lancé un plan d'engraissement, il y a quelques années. Nous avons eu des aides au niveau de la Région et aujourd'hui, notre deuxième étape, c'est de faire naître des veaux et ramener de l'élevage dans certaines zones de BFC. » Quels leviers seraient à activer pour cette relance des naissances ? Pour Romaric Gobillot, « un des principaux freins, c'est la difficulté d'accès aux financements bancaires. Les banques financent du matériel mais pas du cheptel. Il faudrait que ça bouge à ce niveau-là. On a eu une première réunion dans la Nièvre pour travailler sur les moyens de stopper la décapitalisation et de relancer la production. On en aura d'autres très prochainement avec la FRB et Interbev, dans le courant du mois de mars. Il faut qu'on mette tous les acteurs autour de la table et qu'on trouve des solutions ensemble. » Selon Jean-Luc Gerbron, il importe de « maintenir des prix au-dessus des coûts de production. Quand un jeune va voir une banque et qu'il peut afficher une filière où on vend au coût de production, voire au-dessus, le banquier sera plus ouvert à prêter de l'argent. La future enveloppe PAC sera aussi déterminante pour pousser des jeunes à vouloir faire de l'élevage. Je suis plutôt inquiet sur ce point pour deux raisons :

– le maintien du budget de la PAC, qui ne me paraît pas acquis. La France affirme qu'elle veut maintenir le niveau de ce budget. Pour moi, il ne faut pas se contenter de le maintenir, mais de le faire évoluer, à la hausse. À chaque réforme de la PAC, on enlève du budget, alors que nos coûts augmentent.

– Comme toujours avec les réformes de la PAC on se demande aussi qui va tirer son épingle du jeu. Je crains encore une guéguerre entre secteurs agricoles. Est-ce qu'on va en prendre aux éleveurs pour donner aux céréaliers, ou l'inverse ? C'est toujours la même question ! Ce n'est pas parce que la filière viande va plutôt bien actuellement qu'il faut la fragiliser. »

Une lutte sanitaire saluée

Le congrès de la FNB aura aussi accordé une large place aux questions sanitaires. Les protocoles adoptés face à la DNC ont créé de nombreuses tensions au sein du monde agricole mais pour nos deux éleveurs, le fait qu'il n'y ait plus eu de cas déclaré depuis début janvier en France a démontré leur pertinence. « On s'est beaucoup confronté au monde paysan et on peut le comprendre puisqu'un abattage de bêtes est forcément dur à vivre pour un éleveur, reconnaît Jean-Luc Gerbron. Les prises de position de la FNB et de la FNSEA ont été chahutées sur le terrain, mais aujourd'hui, le résultat est là : nous n'avons pas eu de nouveau cas. » Romaric Gobillot retient pour sa part le moment fort, durant le congrès, d'hommage rendu aux gens qui se sont impliqués dans les opérations sanitaires concernant la DNC et à ceux qui ont apporté du soutien aux éleveurs ayant dû subir des dépeuplements. « Tous ont agi pour protéger le cheptel français, conclut-il et il faut vraiment les remercier pour cela. Sur la DNC, avec le protocole d'abattage des lots d'animaux potentiellement contaminés et non pas des troupeaux, auquel se sont ajoutés la vaccination et l'arrêt des mouvements d'animaux, on est parvenus à maintenir la maladie et nous n'avons pas eu de nouveau cas. »