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Saison apicole 2016

Tous les signaux sont au vert

Les mortalités de sortie d’hiver sont très faibles partout en France (moins de 10%). Le développement des colonies est d’ores et déjà important. Points de vigilance majeurs : l’efficacité inégale des traitements anti-varroa et l’explosion possible de Nosema ceranae et des foyers de loques toujours présents.
Par Ma signature
Tous les signaux sont au vert
Bonne surprise pour les apiculteurs en ce début de saison apicole : les mortalités d’hiver observées sont à des niveaux très faibles : moins de 10% en moyenne. Seules les ruches insuffisamment nourries en fin d’été ont eu du mal à passer l’hiver. Et le constat est homogène sur l’ensemble de l’hexagone.

Des explications biologiques et climatiques
Ce constat s’explique par une année 2015 au cours de laquelle les phénomènes de claustration (abeilles retenues dans la ruche en raison d’un mauvais temps prolongé ou d’une absence de ressource dans l’environnement) ont été rares. L’activité biologique a été continue tout au long de l’année ce qui a permis aux abeilles faibles et parasitées d’aller mourir aux champs et non au sein de la ruche où elles deviennent des agents infectieux.
Un autre facteur majeur explique ces faibles mortalités hivernales : l’an dernier, l’activité apicole a démarré tardivement en raison d’un hiver qui a joué les prolongations mais suivi d’un temps chaud et sec qui a permis une bonne reprise et de belles miellées de printemps dans de nombreux secteurs (acacia, tilleul...). Conséquence : l’acarien parasite Varroa, dont le développement est exponentiel, a commencé son développement tardivement en raison du décalage de la reprise de ponte des reines.

2016, une année pleine de promesses
Aujourd’hui, les colonies sont dans un état sanitaire très satisfaisant. On observe un fort développement des colonies avec des pontes de mâles précoces. Cette présence de nombreux reproducteurs dans la ruche dès le début de la saison est très encourageante. La floraison du printemps va se combiner avec une forte population d’abeilles au sein des colonies. La capacité d’exploitation de la ressource sera élevée ce qui est de bon augure pour la production de miel.

Toutefois, cette promesse ne sera tenue que si la ressource pour alimenter les colonies est au rendez-vous. La période potentielle de disette se situera comme d’habitude après les floraisons de colza et d’acacia pour les secteurs concernés. Cette promesse reste aussi dépendante des conditions climatiques de l’année : les printemps / étés 2014 et 2015 nous ont rappelé un aspect souvent occulté dans les débats : en apiculture, production rime avec saison.

Des points de vigilance sur le plan sanitaire
Outre la surveillance des réserves dans les ruches, il est indispensable de vérifier l’efficacité du traitement anti-varroa, notamment par la présence d’abeilles aux ailes déformées. Le risque est en effet majeur compte tenu d’un automne chaud rendant difficile les applications d’insecticides anti-varroa et du développement précoce des colonies. La vigilance s’impose également sur la présence de Nosema ceranae : cette autre menace mal connue plane sur les ruchers. Malheureusement, aucune solution satisfaisante n’est actuellement disponible pour les apiculteurs.

L’impact du changement climatique est important. Concrètement, en cas de canicule, le risque d’une explosion de spores de Nosema ceranae est très élevé avec des conséquences dramatiques pour la survie des colonies et la production de miel.

Enfin et il s’agit d’un élément essentiel, les apiculteurs ne cachent pas leur inquiétude suite à la récente baisse vertigineuse du prix et des ventes de miel.
La saison apicole 2016 se présente donc bien avec de multiples signaux au vert mais la vigilance reste de mise pour une filière fragilisée par la mondialisation des échanges (le principal concurrent reste la Chine).