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Agro-alimentaire

Tapis rouge aux produits régionaux chez Carrefour

76 fournisseurs de produits régionaux et locaux ont participé le 7 avril à Beaune au 10ème salon des produits régionaux organisé conjointement par l’association «Vive la Bourgogne» et Carrefour. Visite.
Par Anne-Marie Klein
Tapis rouge aux produits régionaux chez Carrefour
Vive la Bourgogne fait la promotion de nombreux produits régionaux mis en valeur sur des linéaires spécifiques.
Des TPE-TPI et des PME-PMI satisfaits d’un partenariat économique avec la grande distribution qu’ils jugent «gagnant-gagnant», ça existe... Pour les rencontrer il fallait arpenter les allées du 10ème salon des produits régionaux, organisé par l’association Vive la Bourgogne et Carrefour. Le discours des uns et des autres tranche avec la réputation de grand méchant loup faite aux géants de la distribution, plus souvent dénoncés comme fossoyeurs de marges.
Depuis 10 ans, au travers de ce salon, Carrefour et Vive la Bourgogne partagent un même objectif : accroître la présence des produits locaux dans les rayons des 9 hypermarchés Carrefour et 14 Market de la région Bourgogne, pour répondre à une demande toujours plus forte des consommateurs de produits de qualité, identifiés et ancrés dans un territoire.

Un contact direct favorable aux échanges
Le Palais des Expositions de Beaune a ainsi accueilli le 7 avril dernier, 76 PME et PMI de l’agroalimentaire de Bourgogne-Franche-comté et des régions voisines, venues rencontrer une centaine d’interlocuteurs régionaux et nationaux du groupe Carrefour, directeurs de l’enseigne Carrefour et managers des produits frais. L’association Vive la Bourgogne regroupe une vingtaine de producteurs, mais le salon était largement ouvert à tous ceux qui participent au rayonnement de la Bourgogne gourmande.
La plupart des participants sont déjà engagés – de longue date souvent- dans un partenariat commercial avec le distributeur. Mais, se voir, échanger sur les produits, les pratiques, consacrer un peu plus de temps à l’information et à une meilleure connaissance du produit et de ceux qui le font... cela permet d’enrichir les liens commerciaux de beaucoup  d’humanité. C’est aussi une façon, comme le confirme Éric Vargat, directeur du Carrefour situé au centre commercial de la Toison d’Or et initiateur du premier grand espace de 64 m2 dédiés exclusivement aux produits locaux dans un hypermarché, «de rendre les produits locaux plus visibles et de favoriser les cricuits courts». Certains produits régionaux ont déjà trouvé un débouché sous la marque distributeur «Reflets de France», leur concepteur peuvent maintenant accéder à une vraie visibilité au sein de ces espaces dédiés et marketés selon un référentiel plutôt haut de gamme. De telles relations sont propices aussi à l’innovation, c’est une nécessité pour rester dans la course, mais c’est également le fruit d’une dynamique d’ensemble qui profite aux plus entreprenants.
Difficile de nommer l’ensemble des participants mais au détour des stands certains noms fleuraient bon la proximité : les Anis de Flavigny, les fromageries Berthaut, Delin, Gaugry et Lincet, les Moulins Decollogne, Nectar de Bourgogne, LDC, les salaisons Clavière, la brasserie de Vézelay, la cave de Lugny, sans oublier, les escargots, les vins, les champagnes, les liqueurs, les fromages de Bresse comme de Comté, les chocolats et autres gourmandises...

Fromagerie Gaugry : bientôt 70 ans !
En bon gestionnaire Olivier Gaugry rappelle que près de 95% des ventes de fromages se font par l’intermédiaire des grandes surfaces. Diffiicle donc pour une fromagerie familiale qui fêtera bientôt ses 70 ans d’existence de se passer d’un tel marché. 50% de la production alimentent le réseau traditionnel et l’autre moitié est vendue dans la grande distribution régionale (grand Est).  En fonction des produits ce peut être sous la marque distributeur «Reflet de France» ou sous la marque «Maison»  Gaugry,  notamment pour les époisses, soumaintrain et autre ami du Chambertin. « Ces rencontres sont importantes, on sort du contexte des négociations de prix. On parle produit, matière, qualité... et globalement, nous bénéficions d’une certaine écoute en tant que PME».

Decollogne : la «boule» bio pour ambassadrice
Les Moulins Decollogne et Carrefour, c’est déjà une longue histoire puisque la boule bio Carrefour est fabriquée sur l’ensemble du territoire avec la farine bio produite par ce meunier. En 1998, les Moulins Decollogne ont rejoint le groupe Dijon Céréales. Depuis la gamme s’est enrichie et le moulin d’Aiserey a complété celui de Précy sur Marne. En fonction des produits et des gammes, les farines bio alimentent les particuliers, les détaillants et les artisans boulangers.

Nectars de Bourgogne : un concentré d’innovations
Dès le début de sa petite entreprise «Nectars de Bourgogne», Emmanuelle Baillard a tout misé sur la qualité, l’origine... le goût et la vraie nature préservée du fruit. C’était un pari risqué alors que ces concepts étaient bien peu présents et valorisés en agro-alimentaire. Mais son obstination a porté ses fruits là aussi, puisque maintenant les produits de sa petite entreprise de 9 salariés sont référencés chez Carrefour au travers de Vive la Bourgogne et sous la marque distributeur «Reflets de France»  (jus de mirabelle de Lorraine et le jus de cassis de Bourgogne). «Le créneau de la qualité s’est révélé un bon choix et Reflets de France a eu un effet tremplin, car nous avons bénéficié d’un accompagnement de qualité, alors que par rapport à ce marché de la distribution nous sommes des liliputiens . Nous étions très en avance sur ce créneau mais aujourd’hui nous sommes totalement dans la cible consommateurs».  Stimulé par ce partenariat, l’atelier a développé une stratégie d’innovation qui a permis la création de nombreux produits. En quelques années, les jus de fruits se sont enrichis d’une gamme de vinaigres de fruits, de condiments, de nectars variés, d’aides culinaires, de poivre au cassis, etc. La culture du goût et de l’origine semble être un bon moteur d’innovation...