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Sur la bonne voie

Le 15 janvier dernier, les agriculteurs faisant partie du projet « Cultivons un avenir florissant » se sont réunis, en présence de l'entomologiste, Mélina Cointe, pour faire un bilan.

Par Charlotte Sauvignac
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Le groupe pilote du projet "Cultivons un avenir florissant" s'est réuni le 15 janvier dernier, pour faire un bilan.

Lancé en 2024, le projet « Cultivons un avenir florissant » porté par des agriculteurs de la FDSEA de l'Yonne a évolué d'un cran, ce jeudi 15 janvier. À l’origine, l'objectif était de « favoriser la biodiversité sur leurs exploitations en implantant des jachères fleuries dans les exploitations agricoles icaunaises. Dans un second temps, le projet avait pour objectif d'obtenir des données scientifiques sur les interactions entre les insectes pollinisateurs ou auxiliaires et les cultures, ainsi que sur les pratiques favorisant le bon développement des jachères fleuries », informe Oana Poisson, animatrice de la FDSEA, spécialisée en productions végétales. À long terme, les informations retenues au cours du projet pourront servir au sein de toute la région Bourgogne-Franche-Comté, via l’association Bourgogne-Franche-Comté Agri-Environnement. Le groupe « pilote » d’agriculteurs situé Chéroy, accompagné par le Réseau Biodiversité pour les Abeilles (RBA) a donc commencé à effectuer, en 2024, avec un objectif sur 3 ans, un suivi entomologique de leurs parcelles de jachères. Rejoint par deux nouveaux agriculteurs en 2025, le groupe pilote compte désormais, une dizaine d'agriculteurs. Travailler sur des jachères a été le sujet central du groupe, car, « elles fournissent des ressources nutritives et un abri aux insectes et à d'autres animaux ». L'intérêt pour les agriculteurs se trouve « dans la diversité des ressources à disposition, qui est plus élevée que dans une parcelle cultivée ». Au sein du « groupe pilote », aucun mélange de semences spécifiques n'est imposé aux agriculteurs (trices) engagés « mais ils doivent utiliser au moins six espèces de fleurs différentes ». Pour rappel, les jachères actuelles sont constituées de « sarrasin, phacélie, trèfle incarnat, bourrache, mélilot jaune, sainfoin et trèfle violet ».

« Des traces de lutte biologique »

Mélina Cointe, entomologiste issue de l'association du réseau biodiversité abeilles dans l'Aube a donc réalisé une analyse « entomologiste » des parcelles concernées au cours de l'été 2025. Ce travail s'est effectué sur trois mois, au cours desquels elle a « observé les insectes présents sur les jachères ». Après deux années de comptage, elle a mis une attention particulière sur la présence ou l'absence d' « auxiliaires de culture et de pollinisateurs ». Situé à Montacher-Villegardin, Chéroy, la Chapelle-sur-Oreuse, ce sont près de huit hectares et demi, financés par le Conseil Départemental et Régional qui ont été suivis. Le groupe « pilote », en partenariat avec le Conseil Départemental et Régional avait la possibilité de se faire financer « deux hectares par exploitation ». Au cours de cette rencontre, ce jeudi 15 janvier, les agriculteurs « ont donc eu la possibilité d'avoir un bilan écrit personnel en fonction de chaque situation », grâce à un relevé des fleurs dans les jachères et à une observation des insectes présents. Avant tout, « son rôle était de donner des recommandations pour que les agriculteurs continuent à attirer un maximum d'insectes au sein de leurs parcelles ». Oana Poisson souhaite ajouter que « certains agriculteurs ont des contrats avec la coopérative 110 Bourgogne et ont donc déjà des jachères au sein de leurs exploitations ». Dans sa globalité, Mélina Cointe constate que « moins d'insectes ont été observés au mois d'août, notamment à cause des grosses périodes de chaleur. Le nectar s'est donc fait rare et les fleurs se sont taries ». Elle a mis un point d'attention sur le fait que pour les planteurs de betteraves, « la phacélie était porteuse de jaunisse, mais qu'il n'était pas sûr qu'il y avait une transmission envisageable entre la phacélie et la betterave ». Afin de s'assurer du bon déroulement du projet, Mélina Cointe a « émis la possibilité de remplacer la phacélie par la luzerne ». Cependant, elle a une bonne nouvelle. « Les jachères sont bien fonctionnelles. J'ai observé des traces de lutte biologique, c'est-à-dire que j'ai constaté la présence de pucerons morts, ce qui prouve que les auxiliaires de culture sont présents et permettent d'éviter qu'aucun transfert ne soit fait entre la jachère et la culture », conclut-elle.