Assemblée de territoire en Puisaye-Forterre
Jeudi 12 février, l'assemblée de territoire des Cuma de Puisaye-Forterre a porté sur l'agrivoltaïsme avec deux développeurs.
C'est à la mairie de Saint-Privé en Puisaye, que Mathilde Bonneau, animatrice Cuma de l'Yonne et Mathieu Babut, administrateur Cuma au niveau régional, ont accueilli une dizaine de présidents locaux au sein d'une assemblée générale de territoire. Après l'assemblée générale des Cuma en Région BFC, l'animatrice a rappelé quelques chiffres. « Nous avons recensé près de 755 Cuma cotisantes en région, ce qui représente deux tiers des agriculteurs sur la période 2025-2026 ». Par la suite, elle est revenue sur l'offre de service proposée par la Fédération, à savoir ce que la cotisation contient : « l'accompagnement et le développement de projets, les supports de communication, la gestion des assemblées générales et la défense professionnelle ». À cela s'ajoute une offre de service d'appui administratif et de gestion que les agriculteurs présents définissent comme pouvant « soulager les trésoriers des groupes d'agriculteurs ». En voyant le terme de « facturation électronique », de nombreux agriculteurs écarquillent les yeux. Mathilde Bonneau, les rassure en expliquant que « la réception des factures se fera cette année » mais que « l'émission des factures se fera à partir du 1er septembre 2027 ce qui vous laisse du temps ». Cependant, « pensez à créer des mails pour vos Cuma ». À son tour, Mathieu Babut revient sur le « karnott », un outil qui peut aider « à faire les factures, car l'outil sait à quel moment les factures ont été réalisées. Pour nous, on va se servir de karnott et My Cuma Planning pour avoir des appuis ». Le sourire aux lèvres, elle informe également qu'une « plateforme en lien avec la Fédération sera disponible pour les adhérents de la Cuma ». Perdus, les agriculteurs suivent la réunion et changent drastiquement de visage, lorsqu'elle aborde le « crédit d'impôt mécanisation partagée ». L'État rembourse directement 7,5 % du montant total des factures Cuma de l'année et cette évolution concerne exclusivement les agriculteurs adhérents. Nombre d'entre eux trouvent que « cela peut être très intéressant ». Avant de laisser la place aux intervenants, Mathilde Bonneau anonce les référents réélus à l'unanimité à savoir : Benoît Vanlauwe, Mathieu Babut et Nicolas Lambrecht. À long terme, « nous aimerions pouvoir renouveler les postes avec la nouvelle génération ».
Sensibiliser à l'agrivoltaïsme
Dans un second temps, Mathilde Bonneau a invité deux développeurs : EDF et SolHarvest. Eliott Guy, chef de projet, référent agrivoltaïque BFC et Nicolas Carbognani, éleveurs d'ovins, prennent place devant l'assemblée. En région, EDF Power Solutions France compte « dix-neuf parcs solaires, dont six en constructions qui produiront à terme 250 mégawatts ». La question principale que se pose le développeur : « Comment cohabiter avec cette activité ? ». L'objectif est donc de prendre en compte « les contraintes et de calculer la fiabilité sur le long terme (30 ans) et donc d'étudier pour qu'une transmission d'exploitation se passe bien ». Mais ce service, rappelle Eliott Guy, « a pour objectif d'améliorer le bien-être animal en créant de l'ombrage ». A contrario, en faisant des recherches, EDF affirme que sur des exploitations céréalières cela n'aurait pas forcément d'effets positifs. « Nous avons constaté un maintien voire une baisse de productivité sur les céréales et un bénéfice sur les prairies permanentes, car cela permet de protéger contre le gel et la sécheresse ». De son côté, l'éleveur confie qu'avec près de 145 hectares, « nous avons trois centrales en projet dont une terminée, en collaboration avec EDF ». Le constat principal est que « les bâtiments coûtent horriblement chers et l'agrivoltaïsme est une belle alternative pour améliorer le bien-être de mes brebis. Depuis la création de la première centrale, de nombreuses brebis réalisent leurs agnelages sous les panneaux ». Cette première centrale intègre « un bail rural à clause agrivoltaïque car je ne suis pas propriétaire des lieux », confie Nicolas Carbognani. À ce jour, le projet comprend « six panneaux horizontaux » avec des panneaux photovoltaïques fixes à « 1m20 de haut ». À l’avenir, il souhaite « passer de panneaux bi-pieux à des panneaux mono-pieux afin de faciliter le passage des engins agricoles ». À son tour, Julien Tolo, coassocié de SolHarvest, vient présenter un projet innovant : « des centrales mobiles raccordées à basse tension et donc moins invasives ». Le plus important pour ce genre de projet « est d'étudier la puissance du vent » car « il n'y a pas d'attache ». En y portant attention, la Cuma de Coopensil a pris contact avec ce développeur pour une prochaine réunion.