Pour l'union collective
Charles Baracco, éleveur de vaches charolaises à Avallon, a représenté le syndicat des Jeunes Agriculteurs pendant près de six ans. Rétrospective de son parcours.
Charles Baracco s'est installé en 2015, hors cadre familial, au sein d'un élevage de charolaises dans le sud du département. « Depuis tout petit, je suis entouré par des agriculteurs. J'ai eu tout de suite cet attrait pour ce secteur et mes proches savaient déjà que je souhaitais devenir éleveur », se souvient-il. Rapidement, Charles rejoint le syndicat JA et devient le coprésident de son canton avec Alexandre Châtelain. « L'idée de devenir président départemental ne m'avait pas traversée l'esprit. Je voulais agir en local et répondre aux besoins des adhérents de mon canton », témoigne-t-il. Ce n'est que cinq ans plus tard, qu'il franchit le cap et devient trésorier départemental, sous la mandature de Maxime Boucher. Ce nouveau bureau souhaite transmettre un questionnaire à tous les adhérents du syndicat, au cours de réunions cantonales, afin de « comprendre les motivations et le sens qu'ils trouvent à être syndiqués ». Le constat est clair : « les jeunes agriculteurs sont adhérents pour trois motifs précis : l'aspect syndical, l'aspect convivial et la communication envers le grand public ». En tenant compte de ces trois piliers, Charles, décide, lors de son investiture en tant que président départemental, d’instaurer au sein des conseils d'administration des instants de convivialité. « Les réunions sont souvent faites le soir. Nous avons décidé de prendre un moment tous ensemble où chacun ramène de quoi faire un repas, pour créer des moments de cohésion, décompresser et renforcer les liens au sein du réseau ».
Au cours du temps, Charles Baracco, se remémore, tous les moments forts qu'il a pu vivre, « comme deux rencontres avec des ministres de l'Agriculture, avec des porte-paroles du gouvernement ou encore différentes manifestations, que ce soit à Auxerre ou à Bruxelles ». Cet éleveur avallonnais a également vu passer « de nombreuses crises sanitaires » et s'est toujours demandé : « comment notre structure peut amoindrir ces dégâts en entamant des discussions avec les instances ? ».
Un trait d'union entre générations
Proche de ses membres, il confie avoir été « à la rencontre et à l'écoute d'agriculteurs en difficulté pour les accompagner au mieux dans des situations délicates ». Il souhaitait avant tout « défendre les intérêts avec des actions locales ». Cependant, il explique également avoir toujours gardé un regard positif. « C'est mon tempérament. Parler du fait que la situation s'améliore, quand des choses positives se produisent ». C'est d'ailleurs dans ce cadre que Charles a vu éclore deux nouveaux cantons au niveau du département, celui du Migennois et celui de Chablis. « Cela me fait du bien de voir de nouvelles têtes, de voir que les Jeunes agriculteurs sont motivés, sont prêts à se mobiliser pour une cause commune. Les nouveaux cantons permettent d'améliorer le maillage du réseau et d'amener de nouvelles idées », manifeste l'éleveur. Dans un troisième temps, le réseau des JA est connu pour « sa communication avec le grand public ». À travers des fêtes départementales, des participations à des forums ou encore à des rencontres, le réseau permet « de mettre en avant nos productions, faire découvrir tous les métiers du secteur agricole, casser certains préjugés et même peut-être parfois contribuer à créer des vocations », liste-t-il. Charles Baracco tient également à rappeler que ces engagements sont purement bénévoles. « Les membres prennent du temps sur leurs fermes, sur leur temps en famille pour porter la voix syndicale ». Il a aussi une pensée pour l'animatrice JA, Tania Pereira Oliveira, avec qui « j'ai apprécié travailler. Elle a toujours été rigoureuse, positive et elle a su apprendre à déceler les attentes des adhérents. Au sein de l'équipe, c'est vraiment un atout ».
En regardant son parcours avec du recul, il affirme « en ressortir grandi ». « Toutes ces rencontres sont enrichissantes, que ce soit au niveau du réseau des JA, avec la FDSEA ou encore avec la Chambre d'agriculture. C'est une activité bénévole, un engagement pour les autres, le gain est humain et non financier », précise-t-il. « Je remercie Alexandre, Jean-Christophe, Maxime, Julien de m'avoir conseillé et soutenus. Je pense également à Jean-Baptiste, Clément, Damien Brayotel, Arnaud Delestre, Thomas Lemée, qui ont été de belles rencontres », prend-il le temps de lister. Au cours de ses mandatures, « je faisais le trait d'union entre les générations. Je connaissais autant les anciennes générations que les plus jeunes. Aujourd'hui, je laisse ma place pour que les nouvelles générations prennent la succession », conclut-il.